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La Brune (Le Rouergue)

Editions rattachées aux éditions Le Rouergue

Baignade surveillée, Guillaume Guéraud

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 23 Janvier 2014. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Baignade surveillée, janvier 2014, 125 pages, 13,80 € . Ecrivain(s): Guillaume Guéraud Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

 

« La Brune du Rouergue » est – pour ainsi dire – toujours une assurance de grande qualité, dans le registre littérature française / côté vraie vie, même moche, et tous ses accessoires. Ce petit opus-là honore fièrement la collection.

Serré comme un excellent café – noir dense, pour réchauffer l’hiver. Une tranche de la vie qui ne va pas – banal, pour tant et tant. Encore faut-il savoir le décliner en pure littérature, comme ici !

Très petit livre, qu’il vous faut lire d’une traite – le réchauffé est à proscrire ; goût amer et tendre, ça et là ; parfums d’iode et de bois brûlé, saupoudré de tous les vents de l’Atlantique. Ce livre est probablement un nectar, un grand cru 2014…

Le bonheur pauvre rengaine, Sylvain Pattieu

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 22 Août 2013. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le bonheur pauvre rengaine, 21 août 2013, 290 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Sylvain Pattieu Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Un historien c’est déjà un sacré client pour nous raconter quelque chose. Un écrivain (sachant écrire, évidemment) c’est une autre entrée dans une histoire ; alors, si l’écrivain – qui sait écrire, c’est sûr – utilise aussi sa casquette d’historien de belle valeur, ça donne ce livre-là : on s’y croirait, on s’y plaît, et – comme on dit d’un beau produit – c’est du solide, monsieur ! du vrai bois dont on sent le fil de page en page – pas de la camelote de bazar…

On plonge avec notre imaginaire mais aussi notre appétit d’une « vraie histoire » dans un Marseille plus réaliste que la meilleure collection de cartes postales anciennes, juste sépia – ce qu’il faut ; on s’embarque et cela, jusqu’à la dernière page à regret avalée…

Rien que le titre chante comme une de ces chansons réalistes de l’entre-deux guerres : une « Goualante du pauvre Jean » – ici, de toutes ces Yvonne, Yves, l’égaré de Bretagne et ce Cyprien, « nègre du Dahomey » passé souteneur de petites femmes, comme d’autres deviennent maçons… « Le bonheur, pauvre rengaine » dans une France sortie tout fraîchement de la boue des tranchées, cul par-dessus tête – on dirait de nos jours, avec une mimique de psy, « pantelante du trauma de la Grande Guerre ».

Les noces clandestines, Claire-Lise Marguier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 26 Mars 2013. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les noces clandestines, mars 2013, 121 p. 13,80 € . Ecrivain(s): Claire Lise Marguier Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

C’est tout simple, l’histoire de ce livre. On dirait un bout de fait divers, au coin usé d’une feuille de chou de province. Un type en enlève un autre, et le séquestre ; un chapelet de comment… donc… s’ensuit. Le pourquoi tient sa place en fond, flouté.

Mais il s’agit d’un livre – et quel livre ! Il est question de littérature – haute et aboutie ; et d’un jeune auteur, qui signe là – à peine croyable, un premier roman.

« C’était juste avant l’automne, cette saison bancale, entre deux, dont la seule évocation nous jette dans le spleen des poètes. Bonne maman achevait sa vie à l’étage de la maison, allongée dans ses draps souillés qui empestaient l’urine et les chairs en décomposition… ».

On hésite déjà, dès l’entrée du roman, entre la confiture et l’horreur, la vie banale, et ses dessous terribles. On regarde d’emblée, de travers ce gars – prof d’histoire en collège – comme on se pencherait sur la margelle du puits, effrayé, attiré, aussi, par ce qu’il y a au fond.

Les riches heures, Claire Gallen

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Samedi, 09 Février 2013. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les riches heures, janvier 2013, 192 p. 18 € . Ecrivain(s): Claire Gallen Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Un jeune couple qui a connu et profité des riches heures de la spéculation immobilière, des placements juteux à défaut d’être parfaitement légaux, se retrouve, crise financière oblige, ruiné, menacé par la justice, contraint d’abandonner un train de vie dispendieux pour affronter des fins de mois précaires et de claquer leurs dernières économies dans des vacances au Lavandou.

Leur union peut-elle résister, quand les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre reposent, et ce, dès l’origine, sur des valeurs artificielles et des faux-semblants, quand leurs origines sociales, leurs goûts et centres d’intérêt profonds ont toujours été discordants, mais en apparence soudés par la fascination de l’argent facile ?

Passer de la frime à la réalité, du mensonge à la sincérité, peut coûter cher sur tous les plans. L’orgueil, l’image de soi – ils vont en faire la cruelle expérience – n’en sortent pas indemnes.

« Vider l’appartement n’a pas suffi. Il a fallu demander un geste aux parents d’Anna. J’en vomissais, mais c’était ça ou les huissiers […] ils nous ont remis une enveloppe pleine de billets […] Ils rachetaient leur fille. J’en crevais de honte ».

Amazones, Raphaëlle Riol

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 25 Janvier 2013. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Amazones, janvier 2013, 205 pages, 18,80 € . Ecrivain(s): Raphaëlle Riol Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

 

Si l’on en croit la légende, les Amazones, non seulement se coupaient un sein pour mieux chasser, mais tuaient toute descendance mâle et ne s’accouplaient qu’à des hommes estropiés et/ou diminués par des mutilations diverses qui les empêchaient d’être violents et d’exercer sur elles leur pouvoir. Un féminisme antique, radical et singulier.

Alice, 30 ans, et Joséphine, 89 ans, les deux héroïnes de ce second roman de Raphaëlle Riol, en seraient-elles les lointaines cousines ? L’auteure prend le parti de nous le laisser croire, tout en illustrant son propos de nombreuses métaphores cruelles, mais aussi irrésistiblement drôles et cocasses.

Au hasard d’une rencontre dans une maison de retraite, mouroir brossé avec un humour féroce, ces deux femmes qui n’avaient, a priori, aucune chance de mêler leurs destins, vont fuir ensemble et entreprendre l’« escape road » à la française qui les mènera du Havre, à Loupiac en Gironde, puis à Marseille, avant un retour à la case départ.