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La Brune (Le Rouergue)

Editions rattachées aux éditions Le Rouergue

Les riches heures, Claire Gallen

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Samedi, 09 Février 2013. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les riches heures, janvier 2013, 192 p. 18 € . Ecrivain(s): Claire Gallen Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Un jeune couple qui a connu et profité des riches heures de la spéculation immobilière, des placements juteux à défaut d’être parfaitement légaux, se retrouve, crise financière oblige, ruiné, menacé par la justice, contraint d’abandonner un train de vie dispendieux pour affronter des fins de mois précaires et de claquer leurs dernières économies dans des vacances au Lavandou.

Leur union peut-elle résister, quand les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre reposent, et ce, dès l’origine, sur des valeurs artificielles et des faux-semblants, quand leurs origines sociales, leurs goûts et centres d’intérêt profonds ont toujours été discordants, mais en apparence soudés par la fascination de l’argent facile ?

Passer de la frime à la réalité, du mensonge à la sincérité, peut coûter cher sur tous les plans. L’orgueil, l’image de soi – ils vont en faire la cruelle expérience – n’en sortent pas indemnes.

« Vider l’appartement n’a pas suffi. Il a fallu demander un geste aux parents d’Anna. J’en vomissais, mais c’était ça ou les huissiers […] ils nous ont remis une enveloppe pleine de billets […] Ils rachetaient leur fille. J’en crevais de honte ».

Amazones, Raphaëlle Riol

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 25 Janvier 2013. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Amazones, janvier 2013, 205 pages, 18,80 € . Ecrivain(s): Raphaëlle Riol Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

 

Si l’on en croit la légende, les Amazones, non seulement se coupaient un sein pour mieux chasser, mais tuaient toute descendance mâle et ne s’accouplaient qu’à des hommes estropiés et/ou diminués par des mutilations diverses qui les empêchaient d’être violents et d’exercer sur elles leur pouvoir. Un féminisme antique, radical et singulier.

Alice, 30 ans, et Joséphine, 89 ans, les deux héroïnes de ce second roman de Raphaëlle Riol, en seraient-elles les lointaines cousines ? L’auteure prend le parti de nous le laisser croire, tout en illustrant son propos de nombreuses métaphores cruelles, mais aussi irrésistiblement drôles et cocasses.

Au hasard d’une rencontre dans une maison de retraite, mouroir brossé avec un humour féroce, ces deux femmes qui n’avaient, a priori, aucune chance de mêler leurs destins, vont fuir ensemble et entreprendre l’« escape road » à la française qui les mènera du Havre, à Loupiac en Gironde, puis à Marseille, avant un retour à la case départ.

Comment trouver l'amour à cinquante ans quand on est parisienne (et autres questions capitales), Pascal Morin

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 15 Janvier 2013. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Comment trouver l’amour à cinquante ans quand on est Parisienne (et autres questions capitales), janvier 2013, 192 p. 18 € . Ecrivain(s): Pascal Morin Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Derrière un titre à rallonge (serait-ce un effet de mode ?), Pascal Morin offre aux lecteurs, dans ce cinquième ouvrage, un conte contemporain résolument optimiste. Inutile de chercher parmi les protagonistes, dont les vies vont s’entrecroiser au fil du récit, un véritable méchant. Tel n’est pas son propos.

Personnage pivot du roman, Catherine Tournant, professeur de français dans le neuf trois, exilée de sa province natale, Parisienne d’adoption, de cœur et de culture, est, sans le vouloir ni le préméditer, au centre d’un petit maelström qui va transformer radicalement la destinée d’une poignée de personnes, sans épargner la sienne.

Choisissant de bâtir son roman autour de clichés de société, Pascal Morin prenait des risques calculés. La façon dont il campe ses principaux personnages est, à ce titre, édifiant :

Natacha Jackowska, 18 ans, jeune lycéenne rebelle et paumée, anorexique parce que orpheline d’une mère émigrée polonaise morte « étouffée par son propre corps devenu difforme », est obsédée par son look.

A l'ombre du jasmin, Ahmed Kalouaz

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 30 Novembre 2012. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Maghreb

A l’ombre du jasmin, Octobre 2012, 13 € . Ecrivain(s): Ahmed Kalouaz Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Ahmed Kalouaz écrit, « parce qu’il ne reste que ça à faire… cette vie avance, et un jour, on se dit que l’on écrit ».

Ce livre est le troisième opus d’une triade ; chaque livre égrainant une vie d’émigré. Donc, un essentiel pour la vie de nous tous… le quotidien de l’Algérien en France, son ressenti, sa mémoire, et, plus précieux que tout, son écriture ; l’écriture… Livre qui s’adresse aux siens, à la mère, bien sûr, et à ce qu’elle dévoile, à la fratrie : « si vous aviez résisté à la fièvre », leur dit-il, « j’aurais comme vous marché pieds nus, au lieu d’aller à l’école assez longtemps pour sortir du nombre, et guidé, à l’âge de huit ou dix ans, un âne, un mulet pour les travaux des champs, sort réservé à beaucoup d’enfants de ce milieu de siècle ». Car, ici, le vecteur de l’arrivée en France est à part dans le florilège habituel de l’émigration. Il y est allé de maladies, de l’obligation de protéger les enfants, et de la mort d’une fillette, la sœur inconnue, le jasmin du titre. « Tu es partie trois mois avant ma naissance » dit Ahmed à l’ombre de la sœur, « nous nous sommes connus, l’espace de trois saisons, un peu de printemps, un été de feu, un brin d’automne. J’ai touché terre dans ce cataclysme ».

Les oubliés de la lande, Fabienne Juhel

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 20 Septembre 2012. , dans La Brune (Le Rouergue), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Les oubliés de la lande, Août 2012 283 p. 21 € . Ecrivain(s): Fabienne Juhel Edition: La Brune (Le Rouergue)

«  Il avait cherché en vain un début de sentier, un cairn édifié par un randonneur ou l'empreinte d'un pas de braconnier. Mais aucun chemin carrossable ne traversait ces arpents de bruyère... ».

D'où vient que les premières pages de ce livre, en dehors de tous les sentiers battus, nous amènent  au début de « L'homme qui rit » de Victor Hugo... quel parrainage prometteur !

Livre mosaïque, patchwork compliqué, millefeuille aux multiples niveaux de lecture, sous la surface en apparence si calme d'un étang aux couleurs du « Grand Meaulnes »...  étonnante ballade, prenante, déconcertante. Chemin sinueux, qu'on suit pourtant de bout en bout, sans rebrousser, sans regretter.

Le cadre est ce qui est le plus tangible : lande bretonne ou irlandaise, à tout le moins celto-gaëlique ; on croit même, parfois, en tendant l'oreille,  entendre  les binious. Mais le vert est d'ailleurs, la forêt d'émeraude, le marécage froid, «  même en plein cagnard ». Il y a du Brocéliande dans cet étrange livre, et de l'Alice et ses merveilles, dans ce livre étrange... des animaux comme autant de totems ; ragondin albinos, vieux chat antique qui «  adorait les pommes de terre cuites, le maïs trempé dans du lait ». De l'autre côté des portes, on a un village, où – voyez vous ça ! On ne meurt pas ! «  Une terre si improbable que même la mort ne s'aventurait pas jusque là ». Mais comment tournera l'histoire, si d'aventure, un homme y meurt ?