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Asphalte éditions

Asphalte est une jeune maison d'édition indépendante

 

Des vies débutantes, Sébastien Verne (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 09 Octobre 2019. , dans Asphalte éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Des vies débutantes, Sébastien Verne, août 2019, 196 pages, 16 € Edition: Asphalte éditions

 

 

Des vies débutantes, premier roman de Sébastien Verne, se déroule aux Etats-Unis au début des années 1990. C’est un roman d’aventures et d’apprentissage atypique ayant pour anti-héros une sorte de bois flotté emporté par le hasard des courants de la vie. C’est surtout une ode à la photographie argentique qui, dans l’obscurité de ses bains successifs, vient nous révéler l’intimité de l’Amérique au-delà de ses grands espaces ainsi que celle du trio de personnages animant le roman. Réunis par la photographie, se retrouvent en effet en son cœur trois jeunes gens en quête de cet argent donnant toute liberté de réaliser ses rêves et prêts à jouer leur destin. Une rencontre explosive qui entraînera le héros à se perdre mais aussi à renaître dans une fuite en avant incontrôlable…

Je m’enneige, Benoît Sourty (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 03 Juin 2019. , dans Asphalte éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Je m’enneige, janvier 2019, 158 pages, 16 € . Ecrivain(s): Benoît Sourty Edition: Asphalte éditions

 

Elle est plutôt sombre la neige, dans ce court roman où le sort de trois des protagonistes principaux semble scellé dès le départ. Deux frères jumeaux, âgés de 25 ans, une mère en clinique. Autrefois brillante et belle infirmière, maintenant malade en état végétatif, absente.

« Une femme, mains serrées l’une contre l’autre, ânonne presque à voix basse et sans arrêt : “Varsovie Varsovie“ ».

C’est une maladie génétique et ses deux fils en ont hérité, ils finiront très probablement comme elle. L’un d’eux est le narrateur. Il vit encore avec son père alors que l’autre est parti à 20 ans. Chacun gère à sa façon cette dégénérescence programmée dans leur corps. Celui qui parle préfère ne pas y penser, oublie d’aller chez le neurologue pour faire des examens, porte des dreadlocks, fume des joints, beaucoup de joints, travaille un peu et quand il ne file pas un coup de main à son copain Marc qui vit de petits trafics, il prend la vie comme elle vient : entre potes à la terrasse du Grand Café, à boire des bières, puis chez l’un ou chez l’autre, parfois il couche avec une copine, parfois il passe des nuits dans la forêt et il va voir sa mère à la clinique.

Microfilm, Emmanuel Villin

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 12 Février 2018. , dans Asphalte éditions, Critiques, La Une Livres, Roman

Microfilm, janvier 2018, 192 pages, 16 € . Ecrivain(s): Emmanuel Villin Edition: Asphalte éditions

 

L’atmosphère qui se dégage de microfilm n’est pas sans évoquer le film Brazil, mais la toile de fond c’est Paris, ses quartiers, ses musées, son métro. Centre névralgique du roman : la Place Vendôme, qui n’est clairement pas l’endroit préféré de l’auteur.

Il est évident aussi qu’Emmanuel Villin, en plus d’être amoureux de Paris, est aussi et surtout peut-être un grand cinéphile dont la passion imprègne continuellement le roman. D’ailleurs, microfilm n’est pas sans rapport, puisque le personnage central dont on ne connaîtra jamais le nom est Parisien et figurant de cinéma.

Un homme au « physique quelconque et visage commun ». Un profil neutre apparemment parfait pour être sélectionné par les ordinateurs de Pôle Emploi et embauché par la Fondation pour la Paix Continentale.

Jusqu’à la Bête, Timothée Demeillers

Ecrit par Zoe Tisset , le Vendredi, 08 Septembre 2017. , dans Asphalte éditions, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Jusqu’à la Bête, août 2017, 150 pages, 16 € . Ecrivain(s): Timothée Demeillers Edition: Asphalte éditions

 

C’est un livre qu’il faut lire pour ne pas oublier ceux et celles qui triment sans discontinuité dans des conditions innommables, dans des abattoirs inhumains. C’est un livre qui raconte le quotidien d’hommes et de femmes abrutis par l’odeur de sang frais mêlée aux détergents, entourés de carcasses à la chaîne, maniant cisailles et couteaux divers, ils en oublient d’être des hommes.

« C’est toujours l’odeur dont je me souviens d’abord. L’odeur qui imprègne tout. L’odeur qui vous prend sur le parking (…) Le roulement mécanique du convoyeur, le soufflement abrutissant de la clim, les chants des scies électriques de la découpe, les crochets qui s’entrechoquent, le rail de la 12, puis de la 25 qui s’ouvrent et se referment avec un clac, un clac sec, la tôle de l’usine qui répercute tout ça et l’écho qui se répand jusqu’au sas de la porte de service. Le bruit de la peur ».

Un homme raconte, on comprend vite qu’il est allé au bout du bout et qu’un évènement tragique est arrivé. « Vous deviez le connaitre, vous aussi ? Vous avez assisté à la scène ? Y avait-il des signes avant-coureurs ? ». Son récit est ponctué des clacs de l’usine. « Clac. Etourdie. Sur la chaîne. Clac. Clac. Clac. Sylvie qui accroche la bête ».

Buenos Aires noir, anthologie présentée par Ernesto Mallo

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 06 Juin 2017. , dans Asphalte éditions, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Amérique Latine, Anthologie

Buenos Aires noir, anthologie mai 2016, trad. espagnol Olivier Hamilton, Hélène Serano, 215 pages, 21 € . Ecrivain(s): Ernesto Mallo Edition: Asphalte éditions

 

 

Nouvelle escale des guides noirs des éditions Asphaltes, après Londres, Barcelone, Haïti, La Havane, Marseille… c’est à Buenos Aires que nous sommes invités à faire étape pour en découvrir les coulisses, accompagnés de quelques plumes portègnes parmi des plus expertes et incisives. La vie n’est ni rose ni bleue sur les rives du Río de la Plata, mais cela ne nous surprendra pas vraiment avec ces étranges « guides touristiques » que publie régulièrement Asphalte. Pas encore assez étrange semble-t-il puisque nous avons découvert une librairie qui classe vraiment cette série d’anthologie(s) au rayon des guides touristiques. Pas sûr que cela convainque les candidats au voyage de se rendre à Buenos Aires, du coup, même si Ernesto Mallo nous annonce dès les premiers mots de sa présentation que la capitale argentine est « un endroit tellement invraisemblable ».