Identification

Points

 

Collection de poche de la Martinière

Honorer la fureur, Rodolphe Barry (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 15 Février 2022. , dans Points, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Honorer la fureur, 304 pages, 7,40 € . Ecrivain(s): Rodolphe Barry Edition: Points

 

Barry bâtit un roman à partir d’une recherche biographique rigoureuse sur une partie essentielle de la vie du grand – et pourtant bien négligé – James Agee. Et c’est bien d’un roman qu’il s’agit car les jours et les heures de ces années fiévreuses d’Agee sont tissés dans une trame narrative en grande partie fictionnelle mais néanmoins fondée sur les éléments de la réalité. Agee, personnage bouillant, souvent emporté par ses élans passionnés, apparaît ici, page après page, dans ses recoins, ses complexités, ses excès, ses folies.

Agee est journaliste, grand lecteur de Thomas Wolfe et William Faulkner dont il rêve d’atteindre l’art. Il va même jusqu’à se promener dans le quartier de NYC où on lui a dit qu’habite Wolfe dans l’espoir de le croiser.

« La ville est aussi insomniaque que lui. Il cherche le visage des promeneurs, l’un d’eux pourrait être celui de Thomas Wolfe dont il a découpé le portrait dans un journal. Il a appris que l’auteur de L’Ange exilé vivait dans un modeste meublé dans le quartier assyrien du sud de Brooklyn, dont il ne sort qu’à la nuit tombée, la main gauche tachée d’encre ».

La Fin de l’amour, Enquête sur un désarroi contemporain, Eva Illouz (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 07 Février 2022. , dans Points, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

La Fin de l’amour, Enquête sur un désarroi contemporain, Eva Illouz, septembre 2021, trad. anglais, Sophie Renaut, 544 pages, 11,80 € Edition: Points

 

 

Durant des siècles, l’art n’a cessé de célébrer l’amour, sa naissance, ses tourments, ses joies, voire son éternité. D’innombrables œuvres incitent ainsi à croire en l’amour, à désirer le vivre et, surtout, le partager, comme faisant partie de notre humaine condition. À ceci près qu’elles semblent quelque peu déplacées à l’époque moderne, voire en totale et douloureuse contradiction avec elle : quiconque, et peut-être est-ce le cas d’Emma Bovary en premier, confronte ses rêves à la réalité sentimentale moderne essuie une déconvenue cuisante, douloureuse – et déjà en 1956, Erich Fromm, un psychanalyste, constatait que L’Art d’aimer semblait en contradiction avec la modernité.

L’Imposture & La Joie, Georges Bernanos, Points/Seuil (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 08 Décembre 2021. , dans Points, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Roman

L’Imposture & La Joie, Georges Bernanos, Points/Seuil, septembre 2021, 312 et 288 pages, 7,60 € chaque volume

 

 

On a parfois l’impression, tant l’œuvre romanesque de Georges Bernanos est majestueuse (même si elle semble moins lue aujourd’hui que son œuvre d’essayiste et de polémiste), qu’elle est pléthore – il n’en est rien, elle consiste en neuf romans publiés de son vivant, pas un de plus, le premier, Madame Dargent, étant un coup d’essai publié alors en revue et aujourd’hui disponible uniquement en la Pléiade, à juste titre. D’un autre côté, cette œuvre romanesque, dès Sous le soleil de Satan (1926), est marquée au coin d’une immense maturité réflexive, d’un regard à la fois profond et féroce porté sur la foi et sa place dans le monde moderne – il est vrai que Bernanos est alors âgé de trente-huit ans, ce n’est pas un jeune homme qui s’essaie à penser le monde le temps d’une fiction – c’est un homme mûr qui met en fiction la complexité de sa pensée.

Roland furieux, L’Arioste (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 20 Octobre 2021. , dans Points, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Italie

Roland furieux, L’Arioste, avril 2021, trad. italien, Michel Orcel, 720 pages (9,50 €), 816 pages (9,90 €) Edition: Points

 

« Ayant lu l’Arioste deux ou trois fois par an depuis l’âge de quinze ans, il s’est placé tout dans ma mémoire sans que je me donne la moindre peine, et pour ainsi dire malgré moi, ses généalogies exceptées, et ses tirades historiques, qui fatiguent l’esprit sans intéresser le cœur ». Ainsi Casanova parle-t-il du Roland furieux (1532, édition définitive par l’auteur) de L’Arioste (1474-1533) à Voltaire, chez qui il est en visite en 1760. Il ajoute, concernant le poète : « je ne peux pas dire que je l’aime plus que les autres ; car je n’aime que lui ». Et de se livrer à une récitation des « trente-six stances dernières du vingt-troisième chant, qui font la description mécanique dont Roland devint fou ». Casanova récite devant une assemblée qui, Voltaire mis à part, ne comprend pas l’italien, et parvient pourtant à émouvoir, par le choix de les réciter « comme si ç’avait été de la prose, les animant du ton, des yeux, et d’une variation de voix nécessaire à l’expression du sentiment ».

La première des stances en question, la voici dans la traduction de Francisque Reynard, datant de 1880, la plus abordable, publiée chez Folio en 2003 :

Julius Winsome, Gerard Donovan (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 05 Octobre 2021. , dans Points, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Julius Winsome, Gerard Donovan, trad. américain, Georges-Michel Sarotte, 247 pages, 6,50 € Edition: Points

 

Qui est Julius Winsome ?

Un grand lecteur de William Shakespeare ? Sans aucun doute, au milieu des trois mille trois cent quatre-vingt-deux livres que son père lui a légués.

Un solitaire absolu ? Assurément, dans sa cabane perdue dans une forêt du Maine du nord, à la frontière canadienne.

Le propriétaire d’un chien qu’il aime éperdument ? Bien sûr, son Hobbes adoré, mi-terrier mi-pitbull.

Un sniper exceptionnel ? Aussi, quelques-uns vont en faire la terrible expérience.

Ou bien un serial-killer ? Qui sait ?