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Monsieur Toussaint Louverture

Monsieur Toussaint Louverture est une petite structure éditoriale fondée en 2004.

Elle est entièrement consacrée aux marges de littérature, soit la recherche d'auteurs ou de livres oubliés, soit la recherche de nouveaux auteurs et de nouvelles écritures.

Monsieur Toussaint Louverture existe aussi, mais de façon distincte sur Internet : sorte de laboratoire sur ce qui peut être lu sur un écran, et dont les textes sont ouverts à la participation des internautes.

 

Wikipédia


Le linguiste était presque parfait, David Carkeet

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 02 Mai 2013. , dans Monsieur Toussaint Louverture, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Le linguiste était presque parfait (titre original : Double negative), traduit de l’anglais (USA) par Nicolas Richard, 3 mai 2013, 288 pages, 19 € . Ecrivain(s): David Carkeet Edition: Monsieur Toussaint Louverture

 

Qui a tué Arthur Stiph ? Ce serait là l’argument d’un classique whodunnit s’il ne se doublait pas d’autres questions, tout aussi obsédantes pour le personnage principal, le linguiste Jeremy Cook : qui donc a pu le qualifier de « parfait trou du cul » devant la ravissante Paula ? Et que signifie m’boui dans la bouche de Wally Woeps, seize mois ?

Le genre du roman policier adopté par David Carkeet pour son premier roman, paru en 1980, est manié avec aisance et distance, pour bâtir une intrigue qui, sans se réduire à un prétexte, est subordonnée à la fantaisie d’un auteur soucieux avant tout de nous faire rire.

L’institut Wabash, spécialisé dans l’étude de l’acquisition du langage, est le cadre pittoresque de ce mixte entre David Lodge et Agatha Christie. Perdu au fin fond de l’Indiana, le centre de linguistique réunit une poignée de linguistes plongés dans l’étude des babillages des bébés d’une crèche placée au milieu d’un espace circulaire évoquant irrésistiblement le panoptique de Jeremy Bentham.

Karoo, Steve Tesich

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mardi, 13 Mars 2012. , dans Monsieur Toussaint Louverture, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Karoo. Trad (USA) par Anne Wicke, février 2012. 608 p. 22 € . Ecrivain(s): Steve Tesich Edition: Monsieur Toussaint Louverture

C’est une drôle de maladie qui touche soudain Saul Karoo : alcoolique notoire, il devient incapable de se saouler. Pourtant, le « doc », expert en réécriture de scénarios, continue à boire, sans soif, de même qu’il continue à vivre : par habitude, pour ne pas décevoir. Parce que le mensonge, finalement, est tellement plus acceptable, cohérent, qu’une vérité qui n’a d’intérêt pour personne. Aussi malléable que les scénarios qu’il rafistole, il ne refuse qu’une seule chose : avoir une assurance maladie.

Étrange clown triste, Karoo fait soudain deux rencontres : une femme, un film. Et là, il cède à la tentation : réécrire sa vie, comme un scénario.

À travers la vie grotesque et tragique d’un scénariste américain, ce que nous propose Steve Tesich est une critique acerbe d’un entertainment qui ne sait que réduire le réel qu’à l’insignifiance et faire basculer la création dans le néant. L’humour, l’insurmontable distance avec lesquels le narrateur considère cet univers factice donne d’abord à ce dernier des allures faussement inoffensives : il s’agirait alors simplement de ne pas être dupe, et la passivité de Karoo peut être autant une complicité tacite qu’un efficace moyen de résistance.

Le dernier stade de la soif, Frederick Exley

Ecrit par Frédéric Saenen , le Dimanche, 15 Mai 2011. , dans Monsieur Toussaint Louverture, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Le Dernier stade de la soif, Préface de Nick Hornby, 446 p., 23,50 € . Ecrivain(s): Frederick Exley Edition: Monsieur Toussaint Louverture

Par le soin qu’ils apportent à leur travail, certains amoureux du livre ébranlent le préjugé si commun qui consiste à ne voir en l’éditeur qu’un illettré doublé d’un mercanti « vendeur de papier ». Monsieur Toussaint Louverture fait partie de cette noble coterie. Le dernier titre inscrit à son catalogue, déjà riche, offre à tous points de vue un incomparable bonheur de lecture.
Il y a l’objet d’abord, que l’on est surpris de dénicher dans une FNAC, isolé en marge des tables débordantes de jaquettes tapageuses et aguicheuses ; isolé, mais enfin, présent. C’est ce qui s’appelle une trouvaille. La couverture est d’un sobre carton gris foulé, dans lequel les caractères typographiques s’enfoncent de quelques microns, donnant à l’ensemble un troublant effet de relief. Et que dire de ce stupéfiant portrait, composé par la mosaïque des lettres d’un nom énigmatique, comme ressassé à l’envi par la figure contrariée que sa répétition maniaque dessine ?
En dernière page, un achevé d’imprimer, qu’on serait tenté de rebaptiser « colophon » au vu de sa sophistication déférente, nous apprend que « l’ouvrage ne mesure que 140 mm de largeur sur 195 mm de hauteur, et son dos, 23 mm ». « Néanmoins, il est immense » s’empresse d’ajouter son maître d’œuvre. Et il n’est que d’aborder la première page pour volontiers le croire sur parole…