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Les solitaires intempestifs

 

Créées en 1992 par Jean-Luc Lagarce et François Berreur au sein du Théâtre de la Roulotte, compagnie Jean-Luc Lagarce.

L'écrit étant le centre du travail de création de la compagnie et celle-ci ne disposant pas de lieu pour défendre des écritures qui semblaient novatrices, c'est devant le constat que l'écriture d'Olivier Py ne trouvait pas d'éditeur que la décision fut prise de passer à l'acte et de créer une maison d'édition : Les Solitaires Intempestifs.

Suite au décès de Jean-Luc Lagarce, en 1995, le Théâtre de la Roulotte a été mis en liquidation judiciaire. Une nouvelle association, la compagnie les Solitaires Intempestifs, a été créée en 1996 et a racheté le fonds éditorial.

En janvier 1999, pour favoriser son développement et son autonomie, les éditions deviennent une sarl.

Source : Editeur


Via Lucis, Angélica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 30 Novembre 2015. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Via Lucis, Continta Me Tienes, novembre 2015, trad. Christilla Vasserot, coédition bilingue, français-espagnol, 169 pages, 25 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Images pieuses »

Cette parution consacre à la fois l’écriture littéraire et photographique d’Angélica Liddell dans une version espagnole suivie d’une version française des textes, au centre de laquelle prend place une série d’autoportraits en couleurs (cinquante clichés). Les deux « matières » de la création fondent en quelque sorte l’esthétique de leur auteure en une série de fragments : en ouverture, comme dans un opéra, le thème, celui du lien intrinsèque entre amour et religion jusque dans l’acte sacrificiel : L’Espagne met dans la religion la férocité naturelle de l’amour (p.125).

Le texte Mes yeux blancs comme ton sperme prolonge cette entrée en matière et identifie justement l’univers iconographique de Liddell : revenir aux Saintes du grand peintre espagnol Zurbaran et d’abord au portrait du musée Fabre à Montpellier, Sainte Agathe, déjà célébré poétiquement par Paul Valéry en 1891, dans le recueil Sur quelques peintures. La peinture est d’ailleurs pour l’auteure action fondatrice de l’amour humain et de l’amour divin ; n’écrit-elle pas dans son poème La naissance de la peinture, ou ton image (p.137) :

Mes projets de mise en scène, Jean-Luc Lagarce

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 21 Janvier 2015. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Mes projets de mise en scène, coll. Du désavantage du vent, 2014, 97 pages, 13 € . Ecrivain(s): Jean-Luc Lagarce Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Retour au pays lointain »

Les Solitaires Intempestifs n’ont eu de cesse de rassembler les divers textes de Jean-Luc Lagarce : par delà la parution de ses pièces de théâtre, l’éditeur bisontin a publié son journal en 2 volumes, sa correspondance avec les Attoun, et son texte Théâtre et pouvoir en Occident. La récente édition de Mes projets de mises en scène constitue un nouvel élément de cette somme : l’œuvre théâtrale, comptant 14 pièces, en son centre mais toujours nourrie, irriguée par d’autres écritures, véritables prismes d’une pensée dans toute sa cohérence. Le présent volume réunit donc un entretien intégral de 1994 (sans les questions de J.M. Potiron), suivi d’une série de notes d’intention relatives à des mises en scène, classée chronologiquement entre 1982 et 1996 selon les dates des mises en scène réalisées ou simplement envisagées par Lagarce. Un « générique des spectacles » clôt l’ensemble, rappelant ainsi le parcours de metteur en scène (soit de ses propres textes, soit des œuvres d’autres auteurs), d’homme de troupe avec le théâtre de la Roulotte. La première de couverture illustre d’ailleurs le travail de Lagarce d’abord dans sa relation aux comédiens avec la photographie de Lin Delpierre, dont il parle p.27.

War and Breakfast (Shoot, Get Treasure, Repeat), vol 1, Mark Ravenhill

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 21 Août 2014. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Théâtre

War and Breakfast (Shoot, Get Treasure, Repeat), vol 1, traduit de l’anglais par M. Goldberg, C. Hargreaves, D. Hollier, G. Joly, S. Magois et B. Pélissier, juin 2014, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Mark Ravenhill Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Pourquoi vous nous faites sauter ? »

Ces premiers mots du volume 1 de War and breakfast sonnent comme un coup de tonnerre : il sera question de la violence de la guerre, du terrorisme et d’une société sûre de ses valeurs contre le monde des « enturbannés » dans la suite des neuf pièces courtes d’un ensemble qui en compte dix-sept, que Ravenhill publia en Angleterre en 2008, soit cinq ans après le début de la guerre en Irak menée aux côtés des Etats-Unis, sous le gouvernement Blair. Chacune d’entre elles est traduite par un traducteur jouant à la fois sur l’idée d’une suite dans laquelle chaque texte peut-être autonome mais aussi constitué comme un morceau d’un puzzle dramatique. En effet, d’une pièce à l’autre, l’auteur établit des ponts : retour de certains personnages (en premier lieu, les soldats), de certains dispositifs (chœurs et dialogues), expressions en leitmotive telles « liberté et démocratie » ou « alléluia ! ». La guerre du titre en est le fil conducteur et le breakfast, l’écho dérisoire des occidentaux même si la fresque a été montée à l’heure du petit-déjeuner, durant l’édition de 2007 à Edimbourg.

Koltès dramaturge, Anne-Françoise Benhamou

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 25 Mars 2014. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Théâtre

Koltès dramaturge, février 2014, 240 pages, 15 € . Ecrivain(s): Anne-Françoise Benhamou Edition: Les solitaires intempestifs

 

Retour à Koltès

Anne-Françoise Benhamou écrit, dans l’une de ses contributions réunies dans le volume Koltès dramaturge, que l’œuvre de ce dernier a connu une sorte de purgatoire après sa mort. Jean-Luc Lagarce, son cadet de dix ans, et la scène contemporaine d’une autre manière ont pour un temps oblitéré celui qui à partir de la fin des années soixante-dix et pendant les années quatre-vingt fut sans doute le plus important des dramaturges français, mis en scène par Patrice Chéreau, Peter Stein.

Il était donc temps de revenir à lui. La pièce Dans la solitude des champs de coton est-elle ainsi inscrite au programme d’admission du concours d’entrée à l’ENS, cette année. Diverses parutions viennent nourrir cette année éditoriale faste (Christophe Bident : Koltès, le sens du monde, ou François Bon : Pour Koltès, publiés aux Solitaires intempestifs). La disparition il y a quelques mois de Patrice Chéreau ajoute à la nécessité de comprendre le parcours de Koltès et de « son » metteur en scène, convoqué de manière émouvante dans le recueil d’Anne-Françoise Benhamou : elle reprend en effet un entretien qu’elle avait eu avec Chéreau et son assistant (de 1981 à 1988) Claude Stratz, mort en 2007, pendant les répétitions de Dans la solitude des champs de coton en 1995.

L’année de Richard suivi de Mais comme elle ne pourrissait pas… Blanche-Neige, Angelica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 13 Février 2014. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

L’année de Richard suivi de Mais comme elle ne pourrissait pas… Blanche-Neige, traduction de C. Vasserot , 94 p. 13 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

L’autre trilogie : Actes de résistance contre la mort

De Schneewittchen à Blancanieves

 

Y como no se pudriò… Blancanieves est une courte pièce composée de 8 scènes, publiée en Espagne en 2007, faisant partie de la trilogie d’A. Liddell avec l’année Richard et Et les poissons partirent combattre les hommes. Dans l’édition française des Solitaires Intempestifs, elle fait suite à la pièce dont le personnage central est un avatar de Richard III. Comme dans d’autres textes, l’auteure revient à l’enfance, point de fracture entre innocence et plongée dans le Mal. E comme enfant selon son abécédaire :

« Je n’ai pas connu un seul enfant qui soit devenu un bon adulte ».