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Métailié

 

Les Éditions Métailié ont été fondées en 1979, avec un capital permettant de financer la fabrication de trois livres. Les dix premières années ont été pour Anne Marie Métailié, sa fondatrice, des années de formation sur le tas et de construction des structures d'un catalogue qui, d'abord orienté vers les sciences sociales avec les collections Traversées, dirigée par Pascal Dibie, et Leçons de Choses, dirigée par Michael Pollak et Luc Boltanski, s'est tourné progressivement vers la littérature étrangère avec pour commencer le Brésil, Machado de Assis et Carlos Drummond de Andrade, et le Portugal avec Antonio Lobo Antunes, José Saramago et Lídia Jorge.

Au terme de ces années d'apprentissage, l'entrée de la maison dans le système de diffusion du Seuil et la publication d'un inconnu dont le bouche à oreille fera un best-seller - Luis Sepúlveda, Le Vieux qui lisait des romans d'amour - créent les conditions d'une meilleure présence en librairie et une stabilisation de la maison qui lui permet de s'ouvrir à de nouvelles découvertes et de nouveaux paris.

 

Betty, Arnaldur Indridason

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 23 Octobre 2011. , dans Métailié, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Pays nordiques, La rentrée littéraire

Betty. Trad. de l’islandais par Patrick Guelpa. 27 octobre 2011. 206 p. 18€ . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

Diamant d’un noir étincelant, Betty est un chef-d’œuvre du genre. Un chef-d’œuvre qui va compter dans la littérature noire. Donc dans la littérature tout court.

On a l’habitude avec Indridason de plonger dans un univers sombre, fatidique, marqué par la course tragique des êtres. Avec Betty, notre Islandais favori, qui abandonne pour ce livre son détective fétiche Erlendur Sveinsson, atteint des sommets, signant un polar digne de la plus belle époque, celle des Chandler, des Goodis. Et puis celle de James Cain ! Betty commence bien sûr par une épigraphe de lui :

« Ceci devrait être un meurtre tellement désolant que ça n’en serait même pas un, mais seulement un banal accident de voiture qui arrive quand des hommes sont soûls et qu’il y a de l’eau-de-vie dans la voiture et tout ce qui va avec . » (James M. Cain, Le Facteur sonne toujours deux fois)

Et la citation ne s’arrête pas là. En fait, elle ne s’arrête pas du tout ! Jusqu’à la fin du livre, Indridason nous offre une merveille de « remake » du Facteur. Ce n’est pas nouveau. Ce chef-d’œuvre de la littérature noire a inspiré des centaines de livres et de films.

Le Destin du touriste, Rui Zink (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Dimanche, 27 Mars 2011. , dans Métailié, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue portugaise

Le destin du touriste, traduit du portugais par Daniel Matias Métailié, 2011, 190p, 18 € . Ecrivain(s): Rui Zink Edition: Métailié

 

La liberté grandit-elle à s’immerger dans l’insécurité ? Greg prend son destin en main. Finies les grandes découvertes, finis les missionnaires, finis les ethnologues. Fini le voyage. Fini le paysage. Fini le touriste. L’heure est au passage de l’autre côté du miroir. L’instant est venu de plonger dans la zone. Jusqu’à la ceinture.
Tenter d’identifier la zone : gageure. Ce conte dépasse l’utopie et l’atopie même. C’est une plongée topique. Le lieu est la zone. La zone est le lieu. Ici et maintenant. Nous y sommes. Nous venons de passer du soi-disant réel au monde virtuel, notre réalité, pas seulement la réalité de Greg.
On nous avait pourtant prévenus. Mais on se rassurait : c’est de la science-fiction. Erewhon, 1984, Mondwest, Race with the Devil et mille autres produits de l’imagination. La science-fiction nous a rattrapés. Mais pas comme les esthètes intellos le pensaient. Monsieur MarketMondial a grossi, grossi, grossi. Et de régime pas question : Monsieur MaarketMondial est le Régime Général de l’Assurance de toutes vies.
Conte actuel. Que va-t-il se passer ici et maintenant ?