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Les solitaires intempestifs

 

Créées en 1992 par Jean-Luc Lagarce et François Berreur au sein du Théâtre de la Roulotte, compagnie Jean-Luc Lagarce.

L'écrit étant le centre du travail de création de la compagnie et celle-ci ne disposant pas de lieu pour défendre des écritures qui semblaient novatrices, c'est devant le constat que l'écriture d'Olivier Py ne trouvait pas d'éditeur que la décision fut prise de passer à l'acte et de créer une maison d'édition : Les Solitaires Intempestifs.

Suite au décès de Jean-Luc Lagarce, en 1995, le Théâtre de la Roulotte a été mis en liquidation judiciaire. Une nouvelle association, la compagnie les Solitaires Intempestifs, a été créée en 1996 et a racheté le fonds éditorial.

En janvier 1999, pour favoriser son développement et son autonomie, les éditions deviennent une sarl.

Source : Editeur


Médée, poème enragé, Jean-René Lemoine

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 26 Mai 2016. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Médée, poème enragé, 80 pages, 10 € . Ecrivain(s): Jean-René Lemoine Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Médée(S) »

Il y a Iphigénie, la Sacrifiée (cf. le texte de JR Lemoine), Phèdre la Fatale, il y a Médée, l’infanticide, la fratricide, l’incestueuse, l’assassine, l’exilée. La SACRILEGE.

Médée, littérature depuis Homère et Euripide, Médée peinture, Médée cinéma, Médée musique. Médée pluriel de JR Lemoine, à la fois réécriture tragique, citation de l’auteur grec (récit du messager sur la mort de Créüse (p.40-41) mais aussi Médée d’opéra. Elle chante la partition de Tosca de Puccini, ses grands airs, « la notte è dolcissima » p.24, « o dolci baci o languide carezze » (p.31) ou « or gli perdono ! » (p.46) ou « svani per sempre il sogno moi d’amore » (p.36). Médée est héroïne wagnérienne : Iseult (p.19, p.45) ; Bruhild (p.45). Penthésilée d’un opéra de Dusapin. Mais sa voix se fond avec les paroles d’une célèbre chanson des Moody Blues, Night in white satin, qui est ici un leitmotiv au sens musical du terme, dès l’ouverture de la pièce, dans le prologue, et plus loin (p.23, p.40-1). Médée aussi souvenir shakespearien de Desdémone ou d’Ophélie (p.19).

Koltès, le sens du monde, Christophe Bident

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 17 Mars 2016. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Théâtre

Koltès, le sens du monde, 110 pages 13,50 € . Ecrivain(s): Christophe Bident Edition: Les solitaires intempestifs

 

La grâce de Koltès

Comme Christophe Bident l’affirme dans l’avant-propos de son texte, l’œuvre de Koltès ne détermine pas un sens qu’il faudrait appliquer au monde comme une espèce d’idéologie. Il met en avant d’ailleurs le livre de JL Nancy qui porte ce titre et lui sert de référence. Le sens est plutôt affaire de « flair ». Avoir le sens des affaires ou celui du rythme expliciterait davantage les perspectives que C. Bident veut mettre en lumière avec l’expression « le sens du monde ». Koltès n’a-t-il pas lui-même récusé, mis à sac les ordres du monde investis par ses parents : du côté paternel celui de l’armée, et du côté maternel celui du catholicisme (cf. p.25) ? Koltès dans son œuvre théâtrale cherchera à articuler les restes de sens du monde. Il fait face « à des bouts du sens du monde, avec lesquels il va lui falloir jongler, jouer, chercher, composer » (cf. p.25). Ainsi l’entreprise suivie par C. Bident est-elle de repartir de l’un de ses textes antérieurs, Généalogies, qui traverse l’écriture de Koltès par le biais du temps, en direction cette fois-ci de l’espace. Il y est bien question de l’intériorité subjective du monde. Pour C. Bident, Koltès écrit le mystère, celui qui s’inscrit tout aussi bien entre les scènes, les répliques, les mots eux-mêmes. Rien ne se donne et c’est cela qui explique sans doute la faillite d’un certain nombre de mises en scène des pièces de Koltès.

ENSATT L’Ecole Théâtre, ouvrage collectif dirigé par Thierry Pariente

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 26 Janvier 2016. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

ENSATT L’Ecole Théâtre, ouvrage collectif dirigé par Thierry Pariente, 206 pages, 19 € Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Tout le théâtre »

Il suffit de prendre la Montée de Choulans, grimper jusqu’à Irénée : Lyon s’étale aux pieds de la colline. La campagne n’est pas si loin dans ce quartier à l’écart de la ville : on apprend ici, rue Sœur Bouvier, les métiers du théâtre depuis 1997, année de la délocalisation provinciale de l’ENSATT que tout le monde appelait L’école de la rue Blanche, installée à Paris et ouverte en 1941 par Raymond Rognoni, d’abord rue Flachat, rue Gervex et rue Cardinal Lemoine.

Les éditions des Solitaires Intempestifs, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, en 2011, ont publié un album retraçant à la fois l’histoire de cette institution et son renouveau, à travers des témoignages « d’Anciens » comme Dominique Besnehard ou Claude Quémy, mais aussi à partir de points de vue variés sur l’école.

Via Lucis, Angélica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 30 Novembre 2015. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Via Lucis, Continta Me Tienes, novembre 2015, trad. Christilla Vasserot, coédition bilingue, français-espagnol, 169 pages, 25 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Images pieuses »

Cette parution consacre à la fois l’écriture littéraire et photographique d’Angélica Liddell dans une version espagnole suivie d’une version française des textes, au centre de laquelle prend place une série d’autoportraits en couleurs (cinquante clichés). Les deux « matières » de la création fondent en quelque sorte l’esthétique de leur auteure en une série de fragments : en ouverture, comme dans un opéra, le thème, celui du lien intrinsèque entre amour et religion jusque dans l’acte sacrificiel : L’Espagne met dans la religion la férocité naturelle de l’amour (p.125).

Le texte Mes yeux blancs comme ton sperme prolonge cette entrée en matière et identifie justement l’univers iconographique de Liddell : revenir aux Saintes du grand peintre espagnol Zurbaran et d’abord au portrait du musée Fabre à Montpellier, Sainte Agathe, déjà célébré poétiquement par Paul Valéry en 1891, dans le recueil Sur quelques peintures. La peinture est d’ailleurs pour l’auteure action fondatrice de l’amour humain et de l’amour divin ; n’écrit-elle pas dans son poème La naissance de la peinture, ou ton image (p.137) :

Mes projets de mise en scène, Jean-Luc Lagarce

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 21 Janvier 2015. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Mes projets de mise en scène, coll. Du désavantage du vent, 2014, 97 pages, 13 € . Ecrivain(s): Jean-Luc Lagarce Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Retour au pays lointain »

Les Solitaires Intempestifs n’ont eu de cesse de rassembler les divers textes de Jean-Luc Lagarce : par delà la parution de ses pièces de théâtre, l’éditeur bisontin a publié son journal en 2 volumes, sa correspondance avec les Attoun, et son texte Théâtre et pouvoir en Occident. La récente édition de Mes projets de mises en scène constitue un nouvel élément de cette somme : l’œuvre théâtrale, comptant 14 pièces, en son centre mais toujours nourrie, irriguée par d’autres écritures, véritables prismes d’une pensée dans toute sa cohérence. Le présent volume réunit donc un entretien intégral de 1994 (sans les questions de J.M. Potiron), suivi d’une série de notes d’intention relatives à des mises en scène, classée chronologiquement entre 1982 et 1996 selon les dates des mises en scène réalisées ou simplement envisagées par Lagarce. Un « générique des spectacles » clôt l’ensemble, rappelant ainsi le parcours de metteur en scène (soit de ses propres textes, soit des œuvres d’autres auteurs), d’homme de troupe avec le théâtre de la Roulotte. La première de couverture illustre d’ailleurs le travail de Lagarce d’abord dans sa relation aux comédiens avec la photographie de Lin Delpierre, dont il parle p.27.