Identification

Les solitaires intempestifs

 

Créées en 1992 par Jean-Luc Lagarce et François Berreur au sein du Théâtre de la Roulotte, compagnie Jean-Luc Lagarce.

L'écrit étant le centre du travail de création de la compagnie et celle-ci ne disposant pas de lieu pour défendre des écritures qui semblaient novatrices, c'est devant le constat que l'écriture d'Olivier Py ne trouvait pas d'éditeur que la décision fut prise de passer à l'acte et de créer une maison d'édition : Les Solitaires Intempestifs.

Suite au décès de Jean-Luc Lagarce, en 1995, le Théâtre de la Roulotte a été mis en liquidation judiciaire. Une nouvelle association, la compagnie les Solitaires Intempestifs, a été créée en 1996 et a racheté le fonds éditorial.

En janvier 1999, pour favoriser son développement et son autonomie, les éditions deviennent une sarl.

Source : Editeur


Ping Pang Qiu 乒乓球, Angélica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 18 Juin 2013. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Ping Pang Qiu 乒乓球, traduit de l’espagnol par Christilla Vasserot, 45 pages, 2013, 10 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

Née en 1966 en Espagne, Angélica Liddell, depuis son enfance, est habitée par des personnages, des dialogues. Plutôt que de s’engager dans un apprentissage conventionnel du théâtre, elle se construit dans les rencontres. La vie et le théâtre ne font qu’un. Elle écrit, elle met en scène, elle est sur le plateau : elle se mutile, boit de l’alcool, elle dit toutes les horreurs des êtres et du monde. Elle fonde la compagnie Atra Bilis en 1993 et ne cesse d’écrire (une vingtaine de pièces à son actif). En France, le public découvre la puissance de son théâtre lors du festival d’Avignon en 2010 avec la pièce La maison de la force, spectacle de quatre heures.

Ses œuvres parlent de la douleur des clandestins africains qui s’échouent sur les côtes espagnoles, des monstres comme Richard III, des femmes mexicaines… Angélica Liddell est sans aucun doute comme Rodrigo Garcia un phare du théâtre contemporain ibérique.

Pour entrer dans l’univers d’Angélina Liddell, il faut visiter son site organisé en deux parties : la vida et el trabajo. Il réunit des collages, des dessins, des détournements. Les corps des femmes y sont suppliciés, érotisés : www.angelicaliddell.com

Rabah Robert touche ailleurs que là où tu es né, Lazare

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 21 Mai 2013. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Rabah Robert touche ailleurs que là où tu es né, mai 2013, 126 pages, 15 € . Ecrivain(s): Lazare Edition: Les solitaires intempestifs

 

Vaudeville tragique et poétique

 

Rabah Robert est le dernier opus d’une trilogie théâtrale, forme qui traverse l’histoire du théâtre depuis l’Orestie d’Eschyle jusqu’à l’œuvre de Claudel, Les Coûfontaine. Ici la trilogie fonctionne d’abord et avant tout à partir d’une « saga familiale » au centre de laquelle domine le personnage de Libellule, qui grandit et devient homme. Dans Passé – je ne sais où qui revient, Lazare fait allusion aux évènements de Guelma en 1947 ; dans la pièce suivante, il est question des cités et de la vie des jeunes gens, des adolescents, et dans cette ultime pièce, nous ne cessons de parcourir des territoires réels et invisibles entre l’Algérie et la France en quête d’un homme. Le titre d’ailleurs est là pour témoigner de ce va-et-vient historique, politique et intime. Lazare ne dit-il pas que ce nom, Rabah Robert, est « un nom qui se partage en là-bas et ici ». Libellule, son fils, s’exprimera ainsi, p.62 :

Mourir tendre, Guy Régis Jr

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 16 Mai 2013. , dans Les solitaires intempestifs, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Théâtre

Mourir tendre, 2013, 96 pages, 13 € . Ecrivain(s): Guy Régis Jr Edition: Les solitaires intempestifs

 

 

« Le théâtre est mon rêve d’homme »

 

Le titre d’une œuvre est comme une clef d’or qui nous ouvre les portes d’un lieu mystérieux. Guy Régis Jr plus que tout autre auteur nous invite à une lecture où l’incertitude syntaxique dit déjà le monde autrement. Il ne s’agit pas d’exotisme haïtien, créole, mais d’une vision poétique nouvelle. Mourir va généralement avec jeune, vieux ; mourir ici s’associe à un mot doux. Nous le comprendrons totalement à la fin du texte (p.90) quand l’un d’entre eux dira « je voudrais mourir tendre » comme un oiseau. Tendre de mourir en plein vol. Et d’ajouter « De mourir de la vie ».

Tout le texte de la pièce tendra vers ce point de délivrance, vers son mot ultime « finissement ».