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Les Belles Lettres


Les Belles Lettres proposent la plus importante bibliothèque au monde de textes classiques.

Depuis 1919, les civilisations anciennes voient leur patrimoine littéraire rendu accessible au lecteur, par un méticuleux travail d'édition et de traduction de textes souvent encore inédits éclairés par des introductions et un appareil de notes.

À ce jour, notre catalogue, unique en son genre, comprend plus de mille textes grecs, latins, chinois, sanskrits, donnés dans des éditions bilingues de référence et issus de disciplines diverses qui ont marqué le progrès de notre connaissance : la philosophie, les religions, la philologie, les sciences, la médecine, l'histoire, la poésie et le théâtre.

Pour respecter les rigoureux principes d'édition de sources anciennes, les Belles Lettres coopèrent avec les meilleurs spécialistes, en France comme à l'étranger. De ce patient travail dans la tradition des Humanistes de la Renaissance, nait un linéaire de sources qui va de l'Antiquité à la Renaissance, de l'Occident à l'Orient.

Lui répondent les travaux de penseurs et d'historiens contemporains aux livres de tous domaines (histoire, science, philosophie, art), et dont les connaissances et idées méritent une transmission.

Notre catalogue est un pari sur la force de l'écho entre notre monde et celui des anciens. Pour ne pas perdre le futur. Ainsi va le monde, et nos livres.

Un désir d’humain « Les love doll au Japon », Agnès Giard

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 16 Janvier 2017. , dans Les Belles Lettres, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Un désir d’humain « Les love doll au Japon », août 2016 (Prix Sade 2016), 376 pages, 25,90 € . Ecrivain(s): Agnès Giard Edition: Les Belles Lettres

 

Agnès Giard est une jeune chercheuse qui explore le monde le l’éros et plus particulièrement son développement dans certaines marges (parfois très larges) de la culture nippone. Dans son dernier livre, elle s’intéresse aux « love doll » japonaises, présentées par leurs fabricants et selon une « belle » tartufferie non comme objets (de luxe) sexuels mais en tant que « filles à marier ». De fait elles deviennent, et si l’on peut dire, le cache-sexe de la misère sexuelle et de la solitude. Visage absent, corps édulcoré cette poupée-ustensile de grandeur nature fluidifie le manque par approximation.

Souvent ces poupées sont façonnées avec les yeux à demi-fermés. C’est la cas de celle nommée « Madoromi » et que l’auteure définit ainsi : « une jeune fille au bord de la narcose, commercialisée par la firme Level sur le modèle de la Pieta ». Agnès Giard a d’ailleurs interviewé son créateur, Sugawara. Il se dit inspiré par les Vierges de la Renaissance italienne et leur pureté. Le créateur précise : « les hommes veulent préserver l’innocence de la poupée. Elle possède quelque chose qu’il faut protéger : une histoire d’amour inavouée, un secret lourd à porter, un cœur brisé… (…) Au client d’imaginer ce qui rend la poupée si mélancolique ».