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Les Belles Lettres


Les Belles Lettres proposent la plus importante bibliothèque au monde de textes classiques.

Depuis 1919, les civilisations anciennes voient leur patrimoine littéraire rendu accessible au lecteur, par un méticuleux travail d'édition et de traduction de textes souvent encore inédits éclairés par des introductions et un appareil de notes.

À ce jour, notre catalogue, unique en son genre, comprend plus de mille textes grecs, latins, chinois, sanskrits, donnés dans des éditions bilingues de référence et issus de disciplines diverses qui ont marqué le progrès de notre connaissance : la philosophie, les religions, la philologie, les sciences, la médecine, l'histoire, la poésie et le théâtre.

Pour respecter les rigoureux principes d'édition de sources anciennes, les Belles Lettres coopèrent avec les meilleurs spécialistes, en France comme à l'étranger. De ce patient travail dans la tradition des Humanistes de la Renaissance, nait un linéaire de sources qui va de l'Antiquité à la Renaissance, de l'Occident à l'Orient.

Lui répondent les travaux de penseurs et d'historiens contemporains aux livres de tous domaines (histoire, science, philosophie, art), et dont les connaissances et idées méritent une transmission.

Notre catalogue est un pari sur la force de l'écho entre notre monde et celui des anciens. Pour ne pas perdre le futur. Ainsi va le monde, et nos livres.

Esquisse de la Kabbale chrétienne, texte traduit, présenté et annoté par Jérôme Rousse-Lacordaire

Ecrit par Gilles Banderier , le Jeudi, 15 Mars 2018. , dans Les Belles Lettres, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Esquisse de la Kabbale chrétienne, texte traduit, présenté et annoté par Jérôme Rousse-Lacordaire, janvier 2018, 266 pages, 35 € Edition: Les Belles Lettres

 

La Kabbale est une construction intellectuelle extrêmement subtile et complexe, élaborée sur près de deux millénaires, mais qui ne fut formalisée qu’à partir du XIIIe siècle. Les maîtres kabbalistes chassés de la péninsule ibérique en 1492 s’établirent à Safed – une des plus belles villes israéliennes – où ils développèrent leur pensée. Ce moment coïncide avec la période féconde et brouillonne que fut la Renaissance européenne, au cours de laquelle des esprits ouverts et inquiets, comme Pic de la Mirandole ou Reuchlin (l’anti-Luther) éprouvèrent de l’attrait pour cette vision ésotérique du monde et de la création. Leurs études les conduisirent à dégager une interface entre judaïsme et christianisme, un terrain d’entente. Pour la première fois depuis très longtemps, on était attentif à ce qui réunissait les Juifs et les chrétiens, non à ce qui les distinguait. Ce mouvement de la Kabbale chrétienne, magistralement étudié par François Secret, allait se prolonger très avant dans le XVIIe siècle, surtout dans le monde anglo-saxon et germanique.

Un désir d’humain « Les love doll au Japon », Agnès Giard

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 16 Janvier 2017. , dans Les Belles Lettres, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Un désir d’humain « Les love doll au Japon », août 2016 (Prix Sade 2016), 376 pages, 25,90 € . Ecrivain(s): Agnès Giard Edition: Les Belles Lettres

 

Agnès Giard est une jeune chercheuse qui explore le monde le l’éros et plus particulièrement son développement dans certaines marges (parfois très larges) de la culture nippone. Dans son dernier livre, elle s’intéresse aux « love doll » japonaises, présentées par leurs fabricants et selon une « belle » tartufferie non comme objets (de luxe) sexuels mais en tant que « filles à marier ». De fait elles deviennent, et si l’on peut dire, le cache-sexe de la misère sexuelle et de la solitude. Visage absent, corps édulcoré cette poupée-ustensile de grandeur nature fluidifie le manque par approximation.

Souvent ces poupées sont façonnées avec les yeux à demi-fermés. C’est la cas de celle nommée « Madoromi » et que l’auteure définit ainsi : « une jeune fille au bord de la narcose, commercialisée par la firme Level sur le modèle de la Pieta ». Agnès Giard a d’ailleurs interviewé son créateur, Sugawara. Il se dit inspiré par les Vierges de la Renaissance italienne et leur pureté. Le créateur précise : « les hommes veulent préserver l’innocence de la poupée. Elle possède quelque chose qu’il faut protéger : une histoire d’amour inavouée, un secret lourd à porter, un cœur brisé… (…) Au client d’imaginer ce qui rend la poupée si mélancolique ».