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Le Tripode

 

Le Tripode est une maison d'édition de littératures au service d'auteurs dont elle admire la seule liberté possible : privilégier la sensibilité aux doctrines, le cheminement de l’imaginaire à l'immédiateté du discours. Le lyrisme de Jacques Abeille, l'exigence de Robert Alexis, l’irrévérence d’Edgar Hilsenrath, l’iconoclasme d’Andrus Kivirähk, l'espièglerie de Jacques Roubaud, la virtuosité de Juan José Saer, le désir sans limite de Goliarda Sapienza, la rigueur de Jonathan Wable, la lucidité de Louis Wolfson ou encore la fantaisie de Fabienne Yvert ?... voilà quelques-uns des regards rassemblés ici qui, de façon salutaire, nous sortent de la marche ordinaire du monde.

 

L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

Ecrit par Benjamin Dias Pereira , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans Le Tripode, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

L’homme qui savait la langue des serpents, traduit de l’estonien par Jean-Pierre Minaudier, 440 p. 23,00 € . Ecrivain(s): Andrus Kivirähk Edition: Le Tripode

 

À travers fables et légendes, Andrus Kivirähk nous propose avec ce roman de revenir sur tout un pan de l’histoire et du folklore estoniens, d’une culture qui s’efface peu à peu et subit au XIIIe siècle les apports et les assauts des Germains venus christianiser les contrées sauvages de la Baltique.

Au moment où notre intrigue commence, la forêt se dépeuple, les habitants préférant rejoindre le village et la prétendue civilisation. La solitude gagne ainsi les arbres et le jeune Leemet devient l’un des seuls représentants de ce peuple sylvestre qui vit en harmonie avec la faune et la flore. Il est alors entouré de son oncle, dont le dernier héritage fut justement l’apprentissage de cette langue des serpents – langage universel qui permet de communiquer avec les animaux –, de sa mère et de sa sœur, qui à défaut d’homme s’est éprise d’un ours – autre plantigrade de la forêt –, d’un vieux fou gardien des anciens cultes et enfin de Tambet qui déteste notre héros, de sa femme et leur fille qui est plutôt insipide aux yeux de l’adolescent. Et que serait Leemet sans Ints, son ami, un serpent avec qui il s’aventure à l’orée du monde moderne, espionner ces villageois qui l’intriguent et leurs coutumes qu’il méprise autant qu’elles le fascinent.