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Editions Tarabuste

 

Créées en 1986 et animée par Djamel Meskache et Claudine Martin, les éditions Tarabuste se distinguent par la qualité des textes édités (avec un certain faible pour Calaferte) mais surtout par la qualité de leur travail d'édition.
Ils travaillent en autodiffusion. et participent à de nombreux salons.
Ils sont à l'initiative des rencontres Arts et Poésie de Saint-Benoît, (14ème édition en septembre 2000).
A leur actif, plusieurs collections : Doute B.a.t. / Enième / Folio /Alluviales / Linguales /Point de vue et, plus récemment, la collection "Au revoir les enfants" destinée aux jeunes lecteurs, ainsi que la revue Triages (Juin 2000 20*21,5, 500 ex., 150 p., 150F).

Une collection prestigieuse qui fait honneur à la commune.

Éditions Tarabuste, rue du Fort, 36170 Saint-Benoît-du-Sault téléphone : +33 (0)2 54 47 66 60 / fax : +33 (0)2 54 47 67 65

 

Et amarres invisibles, Bruno Grégoire (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Jeudi, 28 Mai 2026. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Et amarres invisibles, Bruno Grégoire, Tarabuste, 2025, 118 p., 15 euros. Edition: Editions Tarabuste


Le dixième recueil de l'auteur (depuis 1990) happe nombre de réalités du quotidien par le biais de brefs poèmes énigmatiques, entre constats, aphorismes déguisés, brèves pulsations de sens, blasons philosophiques, traces de passages ou de voyages, conversations à soi même.

D'invisibles amarres retiennent donc ce regard étrange au fil de textes qui ne délivrent pas d'emblée de sens ni d'accroche, encore que les éléments du poème ne sont pas tous tissés d'obscurité. Certaines images - raccourcis de la réalité - nous parlent certes comme des signes : "de l'autre côté de la pluie" ou "la fissure dans la laque noire". Le poète délivre une matière elle-même distante par laquelle il faut "ressaisir la vie entière" à l'image du papillon souvent convoqué - vibratile, fuyant, insaisissable.

Le Scribe et son Théâtre, Brève rétrospective, Marie Etienne (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mardi, 30 Avril 2024. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Les Chroniques, Critiques, La Une CED

Le Scribe et son Théâtre, Brève rétrospective, Marie Etienne, éd. Tarabuste, décembre 2023, 120 pages, 13 €

 

« Dans le titre, le masculin du mot scribe est un neutre. La langue française n’ayant pas d’autre moyen de désigner le troisième genre, ou son absence, je me contente de celui-là, sans toutefois en être contrariée. À l’impossible nulle et nul n’est tenu » (Note, p.111).

Un(e) scribe a bonne allure, et mauvaise presse. Bonne allure comme vif secrétaire, qui consigne et atteste ; mauvaise presse, comme « commis » aux écritures, sorte de parasite de l’expressivité, bon qu’à gratter notre paperasse. Mais que compile ou fixe ordinairement un scribe ? Une réalité publique d’informations. Il ne devrait donc pas (sauf ironie, ou contre-emploi) exister de « scribe » en « son théâtre », car que viendrait faire le rédacteur d’actes institués, la petite main de textes officiels, dans le monde d’abord confidentiel, fantasmatique et ostentatoire d’un « théâtre » personnel ? Et d’ailleurs – sauf dans la stricte et limitée fonction de script (bénévole ou non) des improvisations scéniques d’autrui – qu’est-ce donc qu’un scribe de théâtre ?

Travers du temps, Gérard Titus-Carmel (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 11 Juillet 2022. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Poésie

Travers du temps, Gérard Titus-Carmel, éd. Tarabuste, avril 2022, 148 pages, 16 €

 

Valeurs

Je n’ai pas pu me détacher, à la lecture du dernier recueil de Gérard Titus-Carmel, de l’idée que le poète est aussi peintre. De ce fait j’ai analysé son écriture selon une grille plastique. Cela m’a été rendu possible par l’utilisation des couleurs par exemple. Ici, l’écrivain se concentre sur des cercles chromatiques schématiques (ce qui pousse cette poésie vers un temps à la fois nouveau, universel et archétypal) : le blanc, le noir, le gris, l’argenté, un peu de vert, du rouge et du mauve. L’auteur n’hésite pas à créer son poème grâce à des impressions lactescentes, du nacré, décrivant l’effet moutonnant des nuages, des lumières bleues et cotonneuses sur le métier du texte.

Deuxième entrée dans le recueil où encore l’on suppute que la relation peinture/langage est relation langage/peinture, une fusion. Cette ligne forte se retrouve çà et là. Donc, des images construites selon des points de fuite, des perspectives cavalières, des biseaux, des lignes, des angles, des parallèles, de la lumière et de l’ombre, du gras et du maigre, des arrêts sur image.

Comme si c’était hier, Ariane Dreyfus (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mercredi, 01 Juin 2022. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Comme si c’était hier, avril 2022, 292 pages, 15 € . Ecrivain(s): Ariane Dreyfus Edition: Editions Tarabuste

 

« La pelouse épanouie

“Venez courir ! Venez courir !”

La petite, l’éclat-fille,

Bondit hors du repas

Rapide comme une balle intacte

Puis roule dans le sommeil,

Carrosse jusqu’au jour,

Ce portail invisible.

Nous restons dans nos chaises

Où s’appuient nos entrailles.

Chutes, Yves Charnet (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 08 Janvier 2021. , dans Editions Tarabuste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Chutes, septembre 2020, 284 pages, 18 € . Ecrivain(s): Yves Charnet Edition: Editions Tarabuste

 

« Tu n’en finis pas de la remanier. La matière de tes carnets. C’est comme un peu de terre. Les mots entre tes mains. C’est toujours à repétrir. Le sale pétrin des humains ».

« Qu’est-ce que c’est que cette énergie cinglée qui me pousse encore à pondre, l’un après l’autre, des bouquins. Comme autant de chapitres d’une AUTOFICTION SANS FIN. J’écris dans les cordes. Boxeur lyrique hors de lui ».

Chutes est cette autofiction sans fin, que l’écrivain ne cesse de pétrir. Une pâte à livre qui va lever, pour donner vie à un journal des instants de vie où Yves Charnet se bat et se débat avec les effritements et les échecs qui le menacent. Il y a la secousse tellurique du refus de son éditeur de publier son dernier livre, le troisième refus en trois ans – Personne n’a compris que tu perdais ta dernière amarre. Ton dernier ancrage –, la chute de sa mère, qu’il ressent comme un tremblement de terre, le tremblement d’un fils.