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Editions de Fallois

L’Heure d’or, William Nicholson

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 14 Avril 2016. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

L’Heure d’or (The Golden Hour), mars 2016, trad. anglais Anne Hervouët, 411 pages, 22 € . Ecrivain(s): William Nicholson Edition: Editions de Fallois

 

William Nicholson continue brillamment sa toile sur sa petite société de la province anglaise. Et notre addiction y trouve son compte, comme dans une série dont on attend avec avidité la suite et le destin des personnages. On l’a déjà dit ici, l’art de Nicholson est de transformer la petite vie de ses humains en aventures passionnantes. Nulle généralité. Le regard de l’auteur se démultiplie pour nous faire saisir au plus près les chemins individuels. Dans la fourmilière, il ne regarde pas la fourmilière mais quelques fourmis, dans leur particularité.

Cet été anglais est torride. Laura, Henry, Maggie, Andrew, Mrs Dickinson et les autres sont dans leurs jardins, leurs maisons, leurs soucis, leurs joies. C’est le tableau d’une certaine société anglaise qui se peint devant nous : une société moyenne bourgeoise, provinciale, tenaillée par les doutes, l’inquiétude pour certains – sociale, affective – par l’ennui pour d’autres qui ont vieilli, ou qui ne travaillent pas, ou plus. Dans tous les cas, il s’agit de l’incapacité des êtres à vivre heureux, même s’ils en ont la possibilité. Cette hypothèse fascine Nicholson : les personnages sont comme des papillons de nuit devant la lumière, hypnotisés par l’échec à tout prix ! Et cela en espérant le bonheur !

Les chemins d’Escampette, Laurent Guillemot

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 07 Mars 2016. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Les chemins d’Escampette, janvier 2016, 220 p, 18 € . Ecrivain(s): Laurent Guillemot Edition: Editions de Fallois

 

Chemins d’escampette, voies de traverse qui permettent d’obliquer, volontairement ou non.

Les histoires commencent comme souvent dans les campagnes par un arrêt au café – cœur du village – d’où rayonnent souvenirs, on-dit et où des liens invisibles, indétectables se tissent, se filent, s’inventent, s’imaginent… et finissent par se faire vrais, à prendre épaisseur, consistance, à muer en contes de bonne femme. On doute, un petit verre, plusieurs petits verres aidant, on y adhère quand on ne finit pas par y croire, et même à s’y donner une place, à s’y trouver mêlé.

Histoires fabuleuses, débouchant souvent sur le merveilleux ou le fantastique, où l’on est pris pour un autre que – de – soi, où l’on passe pour un autre.

Tours de passe-passe, échanges malencontreux de corps, identités floues, parentés multiples, consanguinité :

« De toute façon, n’importe où, c’était mieux qu’ici.

Chez Zola, Valentine Del Moral

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 04 Décembre 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Récits

Chez Zola, septembre 2015, 219 pages, 18 € . Ecrivain(s): Valentine Del Moral Edition: Editions de Fallois

 

« A Emile… qui n’(est peut-être) pas mécontent des avancées de ma fantasque entreprise », écrit Valentine Del Moral,  en excipit de son livre. On peut en effet le supposer, en refermant ce livre réjouissant, roboratif et, mine de mine, informatif et utile à plus d’un titre. C’est un travail sérieux, qui, pour autant ne ruisselle pas de cette prétention littéraire, si abondante, hélas, du type : tout ce qui va révolutionner les connaissances sur l’œuvre de Zola. Ce n’est pas l’objectif. Diplômée de muséologie, l’auteur « ouvre  un » Zola ; celui de sa quotidienneté, les deux pieds dans la terre et les bâtiments (car c’est un homme de lieux), donc, en partie de ce Médan, « le train, la seine, une île, un bateau, le plein air, la gourmandise, l’amitié », qui joue un rôle premier, dans l’œuvre et sa genèse. Très haut lieu littéraire et intellectuel du coup (peut-être plus, toutefois, « stigmates littéraires » que réalité), en même temps que lieu banal et chaleureux de l’humain de tous les jours. C’est cette double entrée – si précieuse – que réussit pleinement à nous donner ce livre.

Le Japon en guerre, 1931-1945, Haruko Taya Cook & F. Cook

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 09 Octobre 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Histoire

Le Japon en guerre, 1931-1945, 2015, 556 pages, 22 € . Ecrivain(s): Haruko Taya Cook & F. Cook Edition: Editions de Fallois

En 1992, deux universitaires américains, Haruko Taya et Theodore F. Cook publiaient en langue anglaise leur livre co-écrit et intitulé : Japan at War. On Oral History. Grâce aux éditions de Fallois, une récente et limpide version de cet ouvrage traduit dans notre langue par Danièle Mazingarbe nous ouvre cette fois son contenu. Le Japon en guerre/1931-1945 retient le titre français de ce volumineux rapport. Il déroule une remarquable et complémentaire revue de témoignages inédits, récoltés séparément auprès de rescapés du Japon impérialiste brisé à Hiroshima et Nagasaki. Ceux dont la parole est ici consignée avaient été acteurs ou témoins avisés de situations différemment rencontrées durant la guerre menée par leur pays pendant le second quart du XXe siècle, initialement en Chine, par la suite à travers un vaste secteur géographique, notamment celui de l’océan Pacifique face aux Etats-Unis.

L’originalité de cette compilation de déclarations rapportant des situations connues sur des lieux dispersés, tant depuis le début de la période que parmi le réseau bientôt très étiré de ce théâtre d’agitation internationale, réside avant tout dans le regard rétrospectif des interviewés sur ce qu’ils auront vu ou vécu, cinquante ans après. Ils sont des hommes ou femmes qui livrent ainsi généralement pour la première fois (avant 1992) leurs émotions conservées de ces épisodes auxquels ils avaient participé ou dont ils eurent au plus près connaissance.

Le fil, Sophie Lemp

, le Jeudi, 18 Juin 2015. , dans Editions de Fallois, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le fil, mai 2015, 96 pages, 15 € . Ecrivain(s): Sophie Lemp Edition: Editions de Fallois

 

Le parfum du tilleul

Dans la mythologie romaine, les Parques tissent le fil de la destinée. Dans la première scène du Crépuscule des dieux, les Nornes tressent ce même fil mais il se rompt, sinistre présage de ce qu’il va advenir. Chez Sophie Lemp, le fil c’est ce qui la relie à sa grand-mère dont la mort, deux ans auparavant, est la source d’inspiration de son court récit. Une de ces grands-mères idéales qui a l’amour pudique. Sophie l’a très bien connue. Très bien et très mal à la fois, comme elle va le découvrir. Sa grand-mère a laissé trois carnets qu’elle a commencé à noircir après la naissance de sa petite-fille.

« Je me souviens de ce 9 mai 1979 ; le coup de téléphone de la maternité. Le matin, l’après-midi qui n’en finissait plus puis ton papa qui m’appelait vers 16 heures : C’est une belle petite fille ! Écoutez-là ! Et je t’ai entendue pleurer ».

Le fil alterne ainsi entre le présent et le passé : Sophie voit toute son enfance défiler. A chacune des pages noircies par sa grand-mère, elle découvre à quel point elle la chérissait. « Je t’aime ma petite fille et je te souhaite l’espoir, l’équilibre, le courage, l’amour des autres ».