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Espaces 34

 

Les Éditions Espaces 34 : théâtre contemporain, théâtre du XVIIIe, traductions et théâtre jeunesse.

 

Girafes (dernier volet de la trilogie « animale »), Pau Miró

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 04 Mars 2015. , dans Espaces 34, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Théâtre

Girafes (dernier volet de la trilogie « animale »), traduit du catalan par Clarice Plasteig Dit Cassou, 104 p. 14,60 € . Ecrivain(s): Pau Mirò Edition: Espaces 34

 

Retour à Barcelone

Girafes est donc le dernier volet de la trilogie de Pau Miró, pièce écrite en 2009, à la suite de Buffles et Lions. Elle constitue en vérité une fin paradoxale puisqu’elle marque un retour, un point originel : son action se déroule dans les années cinquante alors que l’œuvre précédente se situait à « l’époque actuelle » et que la première s’inscrivait dans une chronologie indéfinie. Il s’agit peut-être même d’une matrice, celle qui augure de la naissance de Max, l’enfant disparu des deux précédentes pièces. La femme s’entretient avec l’homme de cette naissance, p.69 :

FEMME – J’ai pensé à un nom pour notre enfant.

HOMME – Quel enfant ?

FEMME – Celui qui doit venir, celui qui viendra. Tu verras.

HOMME – A quel nom tu as pensé ?

FEMME – Max.

Un jour nous serons humains, David Léon

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 01 Juillet 2014. , dans Espaces 34, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Théâtre

Un jour nous serons humains, 22 pages, 2014 . Ecrivain(s): David Léon Edition: Espaces 34

 

 

« Le parti pris des animaux, le parti pris des hommes ».

 

L’œuvre de David Léon se tisse avec les voix. Un jour nous serons humains (opus 4) fait entendre sous la forme d’un poème dramatique un dire et un cri en humanité ou plutôt une parole du vivant : celle de « nos Bêtes » et la nôtre. Comme la citation-épigraphe de Deleuze ou les textes de Bailly l’affirment, nous sommes fraternellement liés aux animaux. L’ouverture du texte d’ailleurs est un envol annoncé par des points de suspension, qui en quelque sorte font passage entre le silence qui les précède et les premiers mots que les italiques enluminent.

Sauver la peau, David Léon

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 21 Mai 2014. , dans Espaces 34, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Sauver la peau, 2014, 52 pages, 12 € . Ecrivain(s): David Léon Edition: Espaces 34

 

Le frère de Matthieu

Sauver la peau est la troisième pièce de David Léon, elle est plus précisément un nouvel élan de l’œuvre qui re/commence. Elle est un retour à l’œuvre matrice, Un batman dans ta tête, mais surtout une amplification de la parole, au-delà de la seule voix Matthieu, l’adolescent suicidé de l’opus 1.

Diptyque : notre regard, notre lecture vont de l’une à l’autre pièce. Ainsi Sauver la peau « élargit »-elle Un Batman dans ta tête en multipliant les voix : il s’agit d’une polyphonie comme l’indique D. Léon et plus d’un soliloque faisant entendre la parole éclatée de Matthieu. Les voix, tour à tour, disent ou parfois répondent, demandent, parlent : le « je » du grand frère de Matthieu, éducateur démissionnaire (p.14), ou celles notamment du directeur d’un centre pour adolescents en difficulté, de l’amie, de la psychiatre, d’autres encore et celle de l’auteur, plus exactement du personnage-auteur qui n’est autre que le frère éducateur, toutes se succèdent.

Lions, Pau Mirò

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 18 Février 2014. , dans Espaces 34, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Lions, traduit du catalan par Clarice Plasteig dit Cassou, 2013, 127 pages . Ecrivain(s): Pau Mirò Edition: Espaces 34

Le revenant


Lions est une pièce « d’après ». Elle succède à Buffles et précède le dernier volet de la trilogie animale, Girafes, édité en 2014. Le texte renvoie aux évènements évoqués dans la pièce précédente ; p.51, la mère dit dans une réplique :

Il y a quelques années on a gagné au loto. Pas énormément d’argent, mais quand même une belle somme.

Trois semaines plus tard mon… mon fils, mon petit… est mort.

L’action se déroule « dix ans plus tard » (p.86). Cinq personnages dont trois figuraient déjà dans Buffles (la mère, le père et la fille) se retrouvent dans cette ville sans nom, dans le décor de la blanchisserie, de l’atelier du père. Et Mirò de mettre en avant par une didascalie inaugurale la structure temporelle de cet opus 2 de sa trilogie (p.8) :

Que moi, Rémi Checchetto

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 27 Janvier 2014. , dans Espaces 34, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Que moi, 2013, 34 pages, 10 € . Ecrivain(s): Rémi Checchetto Edition: Espaces 34

 

« L’homme d’entre les noirs cyprès »

Rémi Checchetto rapporte qu’il a écrit Que moi pour le metteur en scène et comédien Jean-Marc Bourg ou plutôt qu’ils ont donné naissance ensemble au texte, jusqu’à sa mise en voix et en lumière dans une coproduction en 2012, du théâtre de la Mauvaise tête de Marjevols. Comme le veut la réalisation éditoriale d’Espaces 34, la petite photo de la première de couverture constitue une ouverture, au sens lyrique du terme, de l’œuvre à venir. Ici il s’agit justement d’une photo de Jean-Marc Bourg : un arbre dépouillé dans un décor minéral se fait métaphore de celui qui va prendre la parole, qui « s’effeuille » pour se reconnaître : le moi, le « que moi » mis à nu. Le premier titre du texte était Moi ; le titre définitif s’affirme de façon radicale. L’éviction de tout le reste, de tous les autres, que la forme restrictive impose avec une sorte de violence syntaxique, est instaurée.

Ce dont il sera question, c’est l’atteinte inévitable du soi que dit l’épigraphe inaugurale du poète Antoine Emaz. C’est l’homme de la mort qui vient à lui (le personnage unique de que moi) dans le tout premier paragraphe du texte p.9) et vers lequel il reviendra à l’excipit (p.34). L’homme d’entre les noirs cyprès.