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Editions Jacqueline Chambon

Éditrice spécialisée dans la littérature étrangère de qualité, en particulier de langue allemande (Jacqueline Chambon a traduit elle-même tout Keyseling), roumaine, espagnole, russe, catalane (Quim Monzo, Seri Pamiès)… La maison possède aussi des collections de livres d'art (Rayon art), de photographie (Rayon photo), de philosophie, de critique d'art et d'histoire.

Fondée en 1987, à Nîmes, par une ancienne collaboratrice d'Actes Sud, la maison a délégué récemment ses activités financières à l'éditeur d'Arles, tout en conservant son indépendance éditoriale. Son premier succès : La Pianiste d'Elfriede Jelinek (10 000 ex.), qui fut adapté au cinéma par Michael Haneke et le film primé à Cannes.

« Docteur en philosophie et spécialiste d'Adorno, cette Nîmoise est fonciérement européenne et polyglotte. Dès 1987, l'année de la création de sa maison, elle parie sur Elfriede Jelinek, sulfureuse Autrichienne de la Pianiste. La balance est subtile entre classiques (Döblin, Fontane, von Keyserling) et modernes, son flirt avec la jeune garde en rupture de romantisme et de culpabilité, en prise sur son époque privée de rêves, insistant. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2001)

En 2000, la maison est rapprochée des éditions du Rouergue pour la création d'une collection commune : Nouvelle du monde proposant des textes courts du monde entier. Les éditions Jacqueline Chambon sont aujourd'hui contrôlées à hauteur de 60 % par Actes Sud.

(Source Bibliomonde)

Siam, Lily Tuck

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 25 Mars 2012. , dans Editions Jacqueline Chambon, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Siam. Février 2012. Trad. USA Frédéric Joly. 222 p. 21 € . Ecrivain(s): Lily Tuck Edition: Editions Jacqueline Chambon

 

Voyage littéraire inhabituel mais assurément « Siam » est un voyage.

Lointain. Exotique. Dans une Asie du Sud-Est à peine post-coloniale, encore pleine des parfums des bungalows chics des occidentaux, des thés parfumés et des domestiques indigènes obséquieux. C’est Bangkok, en 1967, vrombissant déjà des envols lourds de menaces des bombardiers américains en mission vers le Vietnam du nord.

Comme un présage de la période noire qui s ‘ouvre, le livre commence par le départ de Claire vers la Thaïlande :

« Claire et James s’envolèrent de Boston pour Bangkok le jour de leur mariage. Vol de nuit qui dura presque vingt-quatre heures ; l’avion volant vers l’ouest ne rattrapa jamais le soleil. Il fit nuit tout le temps du voyage. »

Et pourtant, ce qui attend Claire, jeune femme fragile et émotive, c’est un vrai voyage : la découverte fascinante, obsédante, d’un pays qui la submerge de son étrangeté, de ses règles de comportement, de cette langue Thaïe qui s’apparente à des exercices de vocalises :

« Mai, mai, mai, mai – non, nouveau, brûle, bois »

Les Griffes du Passé, Walter Mosley

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 11 Décembre 2011. , dans Editions Jacqueline Chambon, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA

Les Griffes du passé (Known to evil). Nov. 2011. Trad. De l’anglais (USA) Oristelle Bonis. 355 p. 23 € . Ecrivain(s): Walter Mosley Edition: Editions Jacqueline Chambon

Walter Mosley est l’un des derniers dinosaures du roman noir américain. Il est tout droit sorti de l’univers irremplacé de l’âge d’or, celui de Raymond Chandler, de Davis Goodis, de Chester Himes. Son monde est pétri de la même pâte : la Ville, partout dévorante, létale, asphyxiée et pourtant d’une beauté écrasante. Les personnages de Mosley, depuis 20 ans et près de 20 livres, sont happés par la Ville comme des papillons par la lumière : ils s’y grillent les ailes mais n’en partiraient pour rien au monde. Le monde de Mosley est noir (dans tous les sens du terme, Walter Mosley, comme Chester Himes, est Afro-Américain) et mégapolitain.

Avec Les Griffes du Passé, on lit la deuxième enquête du nouveau héros de Mosley, Leonid McGill. Détective privé bien sûr (je vous l’ai dit, grand classique !), noir, désabusé, mais qui ne pourra jamais se défaire d’une croyance originelle en l’humanité. Malgré. Malgré tout. Et le « Tout » ce n’est pas rien !

A la recherche d’une jeune femme introuvable, Leonid va nous emmener dans un voyage improbable à travers un New York –évidemment – fascinant. Et pourtant tout a commencé par un coup de fil qui semblait annoncer une affaire des plus simples :