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Thierry Magnier

Les éditions Thierry Magnier sont une maison d'édition française nées en 1998 et aujourd'hui installées dans le 6e arrondissement de Paris. Elles comptent une dizaine de salariés et ont plus de 200 titres à leur actif, toutes collections confondues.

 


Revolver, Marcus Sedgwick

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 18 Février 2012. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Revolver, trad. de l'anglais (R.U.) par Valérie Dayre, janvier 2012, 204 p. 11,20 € . Ecrivain(s): Marcus Sedgwick Edition: Thierry Magnier

Ce court roman nous projette au début du XXème siècle aux confins du cercle arctique. Référence à Jack London assumée : en ces terres reculées, on trime, avec juste ce peu d’espoir dans le cœur nécessaire à la survie et une arme à portée de main, au cas où. Dans une cabane perdue, Sig veille le corps de son père, Einar Andersson, mort de froid aux abords du lac gelé. Il attend de l’aide. Sa sœur et sa jeune belle-mère sont parties pour cela à la ville. Les rudes conditions du voyage n’explique pas le décès aux yeux de Sig : « pourquoi Einar était-il revenu par le chemin le plus court et le plus dangereux », lui qui connaissait le terrain par cœur ?


La question restera en suspens en raison d’un événement inattendu. Un inconnu survient, s’installe, « telle une menace, lourde, sinistre et non identifiable ». Cet homme à l’allure d’ours, réclame l’argent que lui devait le père de Sig. Or, cet argent, Sig n’en jamais entendu parler ni vu la couleur. Sa famille survit dans un dénuement extrême. Mais Gunther Wolff ne veut rien savoir : il prétend qu’Einar lui a dérobé sa légitime part d’un magot, de l’or subtilement dérobé. Car Einar était essayeur en Alaska, chargé de tester l’or amené par les prospecteurs.

Saltimbanques, Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 18 Décembre 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Saltimbanques, 2011, 51 p. 27,50×37cm, 21,50€. . Ecrivain(s): Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart Edition: Thierry Magnier

Venez, Mesdames et Messieurs, petits et grands… Entrez dans le cirque le plus époustouflant ! Venez découvrir une galerie de personnages hors-du-commun ! L’Homme Tronc et le Colosse, la Femme à barbe et les Sœurs siamoises, le Musicien sans bras ni jambes et la Sirène… Mais venez surtout découvrir la fragile humanité de ces artistes, de cette galerie de freaks dont la monstruosité devient une sublime parure.

« J’ai toujours aimé les fleurs. Elles ont la légèreté qui me manque. Elles cachent aussi, au creux de leurs corolles, mille petites monstruosités qui me plaisent. Jolies sans doute, elles sont surtout étrangement vivantes. »

Les dessins d’Emmanuelle Houdart transportent le lecteur dans un univers de rêve à la fois étrange et attirant où les couleurs d’enluminure rivalisent avec des détails pleins de poésie et d’humour. Sous les courbes et volutes, sous les difformités délicates et les savants tatouages, on sent l’affection de l’artiste pour ses saltimbanques, ses bateleurs inouïs. Marie Desplechin a tissé des liens entre eux, inventé ou plutôt révélé leurs secrets et les trames de leurs destins. Elle a même instauré une forme de suspens quant à l’identité du mystérieux narrateur et à la façon dont il relie les différentes histoires et délivre les portraits des autres personnages.

Candor, Pam Bachorz

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 18 Novembre 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Jeunesse

Candor, traduit de l’anglais (USA) par Valérie Dayre, 2011, 383 p. 17 € . Ecrivain(s): Pam Bachorz Edition: Thierry Magnier

 

Candor est une cité de rêve. Tout s’y passe à merveille : pas de crime, pas de débordement, du luxe et de l’ordre. On y vit entre soi, entre personnes partageant les mêmes valeurs et les mêmes désirs. Les jeunes, en particulier, s’avèrent exemplaires : élèves parfaits, futurs citoyens modèles, investis dans toutes les tâches de la communauté, satisfaisant toutes les demandes de leurs parents.

Dans cette ville trop calme où jamais rien ne vient étonner, brusquer, choquer les habitants, résonne en permanence une douce musique. Elle joue dans les rues, dans les bâtiments. Elle est tellement familière qu’on ne la remarque plus. Or, la musique constitue le secret de cette cité magique. Emplie de messages subliminaux, elle formate les enfants des citoyens, à la demande de ces derniers, puisque l’entrée dans ce paradis entièrement sous surveillance leur a coûté fort cher. « Gardons toujours une distance respectueuse ». « La politesse avant toute chose ». « Candor est notre havre de paix ».


Les invités, Charlotte Moundlic

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 28 Octobre 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les invités, Ed. Thierry Magnier, Petite Poche, 2011, 48 p. 5 € . Ecrivain(s): Charlotte Moundlic Edition: Thierry Magnier

Une écriture sobre, proche du conte, le merveilleux en moins, pour un roman fulgurant, acerbe. Une petite histoire pour aborder la grande, l’air de ne pas y toucher et pourtant, visant juste. Juste là où ça fait mal. Là, c’est le colonialisme, c’est une nébuleuse, en marge de l’histoire que l’on ne souhaite pas faire émerger.


« Avec des gestes, on arrivait

à peu près à se comprendre.

Puis le petit a pris la parole pour

demander s’ils pouvaient rester ici.

Comme ils étaient vraiment gentils, on a accepté.

Chez nous, l’hospitalité est une valeur très importante,

on ne refuse jamais

de recevoir quelqu’un ».

Le mécanicien des roses, Hamid Ziarati

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 19 Juillet 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Editions

Le Mécanicien des roses, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli, 2011, 366 p. 22 €. . Ecrivain(s): Hamid Ziarati Edition: Thierry Magnier


Une fois n’est pas coutume, taisons-nous et ouvrons le livre à la première page. Savourons.

« Le village était éclairé par une lune bossue de printemps, affaissée sur un nuage solitaire.

Les tziganes, appuyés à la charrette, jouaient de leurs instruments. Un chant résonnait, tantôt triste pour célébrer un amour douloureux, tantôt joyeux pour fêter un amour éclos et réciproque.

Zoleikha virevoltait autour des feux de joie, insouciante à la présence des fidèles, telle une phalène amoureuse de sa mortelle bougie ».

Dès les premiers mots, ce roman agit tel un envoûtement, offrant l’une après l’autre ses circonvolutions poétiques. Sa force est d’employer les ressorts du conte, gracieux mais emplis de force et de sagacité, pour dire les réalités d’un pays blessé. D’une époque à l’autre, on y a sabré les droits des hommes et nié les femmes, bafoué la beauté et gâché la douceur de vivre. Hamid Ziarati expose, avec justesse et pudeur, le destin de cinq personnages, liés, tels les surgeons des roses à la racine mère, dans une fresque où l’Iran se dérobe et se démasque à chaque page.