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Thierry Magnier

Les éditions Thierry Magnier sont une maison d'édition française nées en 1998 et aujourd'hui installées dans le 6e arrondissement de Paris. Elles comptent une dizaine de salariés et ont plus de 200 titres à leur actif, toutes collections confondues.

 


Saltimbanques, Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 18 Décembre 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Saltimbanques, 2011, 51 p. 27,50×37cm, 21,50€. . Ecrivain(s): Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart Edition: Thierry Magnier

Venez, Mesdames et Messieurs, petits et grands… Entrez dans le cirque le plus époustouflant ! Venez découvrir une galerie de personnages hors-du-commun ! L’Homme Tronc et le Colosse, la Femme à barbe et les Sœurs siamoises, le Musicien sans bras ni jambes et la Sirène… Mais venez surtout découvrir la fragile humanité de ces artistes, de cette galerie de freaks dont la monstruosité devient une sublime parure.

« J’ai toujours aimé les fleurs. Elles ont la légèreté qui me manque. Elles cachent aussi, au creux de leurs corolles, mille petites monstruosités qui me plaisent. Jolies sans doute, elles sont surtout étrangement vivantes. »

Les dessins d’Emmanuelle Houdart transportent le lecteur dans un univers de rêve à la fois étrange et attirant où les couleurs d’enluminure rivalisent avec des détails pleins de poésie et d’humour. Sous les courbes et volutes, sous les difformités délicates et les savants tatouages, on sent l’affection de l’artiste pour ses saltimbanques, ses bateleurs inouïs. Marie Desplechin a tissé des liens entre eux, inventé ou plutôt révélé leurs secrets et les trames de leurs destins. Elle a même instauré une forme de suspens quant à l’identité du mystérieux narrateur et à la façon dont il relie les différentes histoires et délivre les portraits des autres personnages.

Candor, Pam Bachorz

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 18 Novembre 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Jeunesse

Candor, traduit de l’anglais (USA) par Valérie Dayre, 2011, 383 p. 17 € . Ecrivain(s): Pam Bachorz Edition: Thierry Magnier

 

Candor est une cité de rêve. Tout s’y passe à merveille : pas de crime, pas de débordement, du luxe et de l’ordre. On y vit entre soi, entre personnes partageant les mêmes valeurs et les mêmes désirs. Les jeunes, en particulier, s’avèrent exemplaires : élèves parfaits, futurs citoyens modèles, investis dans toutes les tâches de la communauté, satisfaisant toutes les demandes de leurs parents.

Dans cette ville trop calme où jamais rien ne vient étonner, brusquer, choquer les habitants, résonne en permanence une douce musique. Elle joue dans les rues, dans les bâtiments. Elle est tellement familière qu’on ne la remarque plus. Or, la musique constitue le secret de cette cité magique. Emplie de messages subliminaux, elle formate les enfants des citoyens, à la demande de ces derniers, puisque l’entrée dans ce paradis entièrement sous surveillance leur a coûté fort cher. « Gardons toujours une distance respectueuse ». « La politesse avant toute chose ». « Candor est notre havre de paix ».


Les invités, Charlotte Moundlic

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 28 Octobre 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les invités, Ed. Thierry Magnier, Petite Poche, 2011, 48 p. 5 € . Ecrivain(s): Charlotte Moundlic Edition: Thierry Magnier

Une écriture sobre, proche du conte, le merveilleux en moins, pour un roman fulgurant, acerbe. Une petite histoire pour aborder la grande, l’air de ne pas y toucher et pourtant, visant juste. Juste là où ça fait mal. Là, c’est le colonialisme, c’est une nébuleuse, en marge de l’histoire que l’on ne souhaite pas faire émerger.


« Avec des gestes, on arrivait

à peu près à se comprendre.

Puis le petit a pris la parole pour

demander s’ils pouvaient rester ici.

Comme ils étaient vraiment gentils, on a accepté.

Chez nous, l’hospitalité est une valeur très importante,

on ne refuse jamais

de recevoir quelqu’un ».

Le mécanicien des roses, Hamid Ziarati

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 19 Juillet 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Editions

Le Mécanicien des roses, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli, 2011, 366 p. 22 €. . Ecrivain(s): Hamid Ziarati Edition: Thierry Magnier


Une fois n’est pas coutume, taisons-nous et ouvrons le livre à la première page. Savourons.

« Le village était éclairé par une lune bossue de printemps, affaissée sur un nuage solitaire.

Les tziganes, appuyés à la charrette, jouaient de leurs instruments. Un chant résonnait, tantôt triste pour célébrer un amour douloureux, tantôt joyeux pour fêter un amour éclos et réciproque.

Zoleikha virevoltait autour des feux de joie, insouciante à la présence des fidèles, telle une phalène amoureuse de sa mortelle bougie ».

Dès les premiers mots, ce roman agit tel un envoûtement, offrant l’une après l’autre ses circonvolutions poétiques. Sa force est d’employer les ressorts du conte, gracieux mais emplis de force et de sagacité, pour dire les réalités d’un pays blessé. D’une époque à l’autre, on y a sabré les droits des hommes et nié les femmes, bafoué la beauté et gâché la douceur de vivre. Hamid Ziarati expose, avec justesse et pudeur, le destin de cinq personnages, liés, tels les surgeons des roses à la racine mère, dans une fresque où l’Iran se dérobe et se démasque à chaque page.

Comme chiens et chats. Histoires de frères et soeurs

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 08 Juillet 2011. , dans Thierry Magnier, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Comme chiens et chats. Histoires de frères et sœurs, collectif, 2011, 159 p. 9 € Edition: Thierry Magnier

Neuf nouvelles autour des relations fraternelles, neuf approches différentes et sensibles qui toucheront, questionneront et amuseront les adolescents et, comme tout bon ouvrage de littérature jeunesse, leurs parents.

« La randonnée du quinze août » de Véronique M. Le Normand réunit une fratrie devenue adulte pour un rituel estival imposé par les parents. Le cadet des quatre enfants y rejoue le scénario sans cesse répété du vilain petit canard, mais trouve cette fois sa place, sans « la douloureuse sensation de nager à contre-courant ». Un fils cesse d’être unique, adoptant son grand frère sans retenue, à la différence des adultes rétifs et méfiants face à une paternité mise en doute. Une adolescente parvient à faire disparaître par magie son horrible petite sœur et n’aura de cesse de la retrouver. Florence Thinard souligne que le lien qui se tisse entre sœurs n’est pas seulement le fait d’une relation de famille mais le fruit de rencontres et de coups de cœur. « Mes parents m’ont donné un frère et la vie m’a offert des sœurs ». Avec un frère ou une sœur, on se perd de vue car l’un des deux a déjà mis un pied dans le monde adulte, parce qu’il souffre ou a sombré dans une addiction. Mais ce lien ineffable et complexe n’a de cesse de se recréer, de se refondre à chaque étape de la vie.