Identification

publie.net

publie.net est une maison d'édition consacrée au numérique créee par François Bon


Du toucher, essai sur Guyotat, Antoine Boute

Ecrit par Sophie Galabru , le Mercredi, 05 Septembre 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Du toucher, essai sur Guyotat, 3,49 € . Ecrivain(s): Antoine Boute Edition: publie.net

 

Si Antoine Boute est un écrivain et poète dont la pratique repose sur l’exploration des formes de langage, de ses détournements, de sa sonorité et ses rythmes, il n’est pas étonnant alors qu’il se soit consacré à faire parler la langue de Pierre Guyotat. Langue parlée-écrite, expérimentant ses limites, refusant sa simple fonction de représentation du réel ou de communication d’un sens ; chez Guyotat on peut bien dire que la langue ne parle pas de quelque chose, mais que quelque chose parle en elle. Cette écriture au lieu de figurer défigure, ne livrant aucun un sens, car en réalité elle se préoccupe des sens, et essentiellement de celui du tact. D’ailleurs, dans cet essai, Antoine Boute ne veut s’intéresser à l’écriture de Guyotat que sous la perspective d’une écriture qui refuse toute forme ou tout esprit pour être pure matière, pur toucher.

Si vous n’avez pas lu Guyotat, l’ouvrage en offre une introduction qui sait mêler évènements biographiques et conséquences littéraires. Hanté par la présence de la guerre, de l’esclavage prostitutionnel et du viol durant la guerre d’Algérie à laquelle il fut appelé, Pierre Guyotat ne cessa d’élaborer un langage nouveau en rupture avec les traditions, détourné de sa faculté représentative, bref un langage prostitutionnel et corporel.

Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway (trad. François Bon)

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 16 Mai 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Aventures

Indisponible. Trad USA François Bon. 2012 . Ecrivain(s): Ernest Hemingway Edition: publie.net

 

Évoquer un ouvrage indisponible (sauf pour quelques petits futés, geeks espiègles, militants du libre, partageurs insouciants ou farouches partisans, gentils, disposés à défendre et à illustrer, justement, la cause littéraire) ne relève pas de la gageure mais d’un engagement bien concret à transmettre quelques informations à celles et ceux qui voudront bien se prêter à un jeu dont la légalité rivalise avec la moralité.

La morale rejoint ici le droit en cet appel à la lecture quasi-impossible de la nouvelle traduction de François Bon. Traduire est moins trahir que lire et relire, de près, égrainer pour rassembler, planter pour faire pousser.

« Traduire c’est reprendre un texte comme du gravier, lentement. Par rapport aux autres textes d’Hemingway, presque un travail de statuaire : si peu de mots, et le tournoiement de leurs répétitions, des didascalies qui détourent les phrases comme un vitrail. Le jeu précis de miroitements entre les paroles que le vieil homme dit à haute voix pour le ciel, le poisson ou lui-même, et son monologue intérieur. Le travail comme sur du marbre entre homme et animal, et l’égalité terrible devant mort et destin ».

Questions d'importance, Claude Ponti

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 11 Mai 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Questions d'importance. Publie.net, Collection Temps Réel, 2 mai 2012, 2,99 € . Ecrivain(s): Claude Ponti Edition: publie.net

Mai 2012. L’anaphore est à la mode. De ce livre des questions, entre Jabès et Jabberwocky, pousse un intermède au milieu, coupant comme l’herbe les deux plans d’immanence interrogative de l’ouvrage :

Qui pour la première fois a nommé le ventre ?

Qui pour la première fois a nommé le dos ?

Qui pour la première fois a nommé le pubis ?

Qui pour la première fois a nommé le pénis ?

Qui pour la première fois a nommé la vulve ?

Qui pour la première fois a nommé le front ?

Qui pour la première fois a nommé la bouche ?

Bartleby, Herman Melville

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 17 Avril 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Nouvelles

Bartleby, François Bon (Traducteur), Collection Nos Classiques, 22/12/2011, 89 p. 0,99 € . Ecrivain(s): Herman Melville Edition: publie.net

« L’âme de l’homme est un vide immense et terrifiant ».

Melville. Pierre ou les ambiguïtés.

« Voilà… on se tait un tout petit peu parce que c’est [?] d’être sensible à la beauté d’un pareil texte ».

Deleuze, Cours du 29 octobre 1985.


Commencer par la fin et ouvrir l’appétit :

« Concevez un homme par nature et infortune enclin au désespoir blafard, est-ce qu’aucun poste ne serait plus apte à le rehausser que celui de continuellement manipuler ces lettres perdues, et de les livrer aux flammes ? Parce qu’on les brûle annuellement par pleines charretées. Parfois, du tas de papier, le terne commis trouve une alliance : le doigt auquel elle était destinée, peut-être, est devenu cendres ; un billet de banque offert par élémentaire charité : et celui à qui il était destiné ni ne mange ni même n’aura plus jamais faim ; de l’espoir pour ceux qui meurent sans espoir ; de bonnes nouvelles pour ceux qui meurent suffoqués par de constantes calamités. Aux courses de la vie, ces lettres conduisent à la mort.

A la colonie pénitentiaire, Franz Kafka

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 27 Mars 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

A la colonie pénitentiaire. Nelle trad. de Laurent Margantin. Mars 2012. 58 p. 1,99 € . Ecrivain(s): Franz Kafka Edition: publie.net

La loi est écrite sur un livre pornographique.

Deleuze et Guattari

Kafka

Pour une littérature mineure

Minuit,  1975.


Laurent Margantin récidive avec panache. Nous avons tous en tête La Colonie Pénitentiaire. LA Colonie est trop identitaire: elle paralyse les devenirs. Laurent Margantin précise : A la colonie pénitentiaire. Et le A, ablation passée, retrouve ses sens multiples et ouverts, offre ses devenirs en partage.

In der Strafcolonie. Dans la colonie aurait fixé davantage l'identité. Or Dans la Colonie, rien n'est figé. Tout bouge et tout semble déterminé. A la Colonie, le voyageur va, visite une île, voit et tente de comprendre ce qui s'y passe, ce que se passe, ce qui devient, ce qui est en train de devenir. De façon certaine en apparence, l'appareil à trois étages intrigue :