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Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


Il était une rivière, Bonnie Jo Campbell

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 07 Février 2013. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Il était une rivière (Once upon a river), Trad (USA) Elisabeth Peellaert, janvier 2013. 394 p. 22 € . Ecrivain(s): Bonnie Jo Campbell Edition: Jean-Claude Lattès

 

Si Margo ne parsemait pas sa route d’aventures érotico-sentimentales, on pourrait dire de ce livre qu’il nous replonge dans un style, un univers, un genre littéraire que beaucoup d’entre nous ont dû connaître et aimer dans leur adolescence. On regarde du côté de « Jody et le faon » de Marjorie Kinnan Rawlings, ou encore de Tom Sawyer de Mark Twain. Tous les ingrédients y sont. A commencer par le titre du livre qui emprunte la fameuse formule des contes pour enfants : Once upon … Il était une fois.

La rivière bien sûr et d’abord. Il s’agit de la Stark, affluent de la Kalamazoo qui se jette dans le lac Michigan. La géographie déjà nous mène dans les contrées célèbres de la littérature (Hi Jim Harrison !). Elle est présente tout au long de ce roman, lieu pullulant de vie au rythme des saisons. Margo, l’héroïne, va la parcourir sans cesse, chassant, pêchant, cherchant sa mère qui l’a quittée quelques années plus tôt, la laissant seule avec son père qui vient d’être tué lors d’une altercation entre voisins. La rivière, comme chemin initiatique et lieu de toutes les magies naturelles.

D’emblée, le décor est planté, fascinant, écrin qui a porté tant d’œuvres et d’auteurs en Amérique :

Les 1001 conditions de l'amour, Farahad Zama

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 08 Novembre 2012. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Les 1001 conditions de l’amour, The many conditions of love, trad. de l’anglais Perrine Chambon, 2012, 428 p. 19 € . Ecrivain(s): Farahad Zama Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les rapports amoureux et les relations au sein du couple ne sont jamais chose simple en ce monde complexe qu’est l’Inde d’aujourd’hui.

Rehman et Usha d’une part, Aruna et Ramanujam d’autre part, en font la douloureuse expérience dans ce deuxième roman de Farahad Zama.

Rehman est musulman, Usha est hindoue. Cette appartenance à deux communautés qui ne se supportent pas constitue, d’entrée de livre, une source inéluctable, prévisible, d’obstacles et de tracas, dont on retrouve le schéma dans une bonne partie des films de Bollywood.

Aruna appartient à une famille pauvre. Ramanujam, médecin, de milieu bourgeois, subit volontiers l’influence de sa sœur, une personne acariâtre qui méprise Aruna. Ce triangle, tout aussi récurrent dans la cinématographie indienne, laisse espérer, dès que ces personnages prennent vie narrative, de désastreuses scènes de ménage…

Orchidée fixe, Serge Bramly

Ecrit par Etienne Orsini , le Mercredi, 17 Octobre 2012. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Orchidée fixe, août 2012, 286 p. 18 € . Ecrivain(s): Serge Bramly Edition: Jean-Claude Lattès

 

En 1942, fuyant la France occupée pour gagner l’Amérique, Marcel Duchamp fait escale trois semaines à Casablanca. Cherchant à tuer le temps qui le sépare de l’arrivée du transatlantique, il se met en quête d’un bar où il pourrait jouer aux échecs. On lui signale l’Eden. Il en franchit le rideau de perles et découvre rien moins qu’un petit tripot rassemblant chaque jour la même douzaine d’habitués. Regardé d’abord de travers puis ignoré par le microcosme des joueurs de cartes, il est finalement pris en sympathie par le patron de l’estaminet, René Zafrani, alias le Baron de la Cale.

C’est avec une intrigue « infra mince » que Serge Bramly s’engouffre dans une brèche de la biographie de l’artiste. Il parvient pourtant, à partir de là, à bâtir un roman alerte, déroulant sa trame dans l’espace (entre Tel-Aviv, Paris et les Etats-Unis) et dans le temps (entre l’époque de la guerre et la nôtre). Les différentes atmosphères sont parfaitement restituées et en particulier les aspects de la vie des Européens dans le Protectorat marocain (tracasseries administratives au débarquement ; entassement dans les camps d’hébergement ; liens avec la France de Vichy et sa tutelle nazie). Les personnages sont tous plausibles, allant essentiellement par paires : la narratrice – arrière-petite-fille de René Zafrani – et l’historien d’art ; Duchamp et Zafrani.

Discordance, Anna Jörgensdotter

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Lundi, 17 Septembre 2012. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, La rentrée littéraire

Discordance, août 2012. Trad suédois Martine Desbureaux. 535 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Anna Jörgensdotter Edition: Jean-Claude Lattès

 

Discordance est un roman de femme. Allons bon, c’est bien la peine d’écrire un article pour dire ça, tout le monde l’a bien vu. C’est pourtant un roman de femme. Un roman qui dit d’une femme et sur les femmes ce qu’aucun homme ne pourrait ni dire ni sentir ni vivre.

On est en Suède, sur deux décennies. 1938-1958. On commence fort : la maison de Melle Filipsson brûle. Avec Melle Filipsson dedans !

« C’est Edwin qui a sorti le cadavre, il le sait. Svarten le lui a dit quand il est arrivé. Le corps était carbonisé, et lui, Edwin, avait posé son blouson de cuir sur son visage à elle, Malva Filipsson. Ca a dû être horrible. »

Cet incendie peut être entendu comme une métaphore du livre qui suit : des femmes vouées aux flammes. Ce n’est plus le bûcher des sorcières mais celui de la vie qui leur est promise. Cent fois damnées sur terre : Enfance de servantes familiales, adolescence de proies sexuelles, mariages plus ou moins voulus, vie de domestique, vieillesse (rare) de solitude. Et les enfantements terribles, douloureux et souvent mortels :

La quatrième partie du monde, Toby Lester

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 20 Juin 2012. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Iles britanniques, Récits

La quatrième partie du monde, traduction Bernard Sigaud, 2012, 550 p. 25 € . Ecrivain(s): Toby Lester Edition: Jean-Claude Lattès

 

Qui a découvert l’Amérique ? Colomb ou Vespucci ? Qui a découvert le Nouveau Monde ? Cabral ou Erick le Rouge ? Ou encore les navigateurs Maori du Pacifique Sud ? Qui a fait le premier Tour du Monde ? Magellan ou Del Cano, ou tout autant, Enrique, l’esclave de Magellan ?

Ces questions demeureront longtemps ouvertes, et les réponses si incertaines rationnellement que les légendes et les mythes poursuivront leurs courses folles, ferments imaginaires aux frontières floues.

A l’heure de Gogol Earth, de Big B, du règne de la silice et des nanosciences, à l’heure, tôt dépassée, des contrôles ultra précis et des nouvelles transcendances technophiles, l’esprit de l’honnête homme doit faire un choix, stopper son point de vue : c’est le pari, parti pris, de Toby Lester.

Sans carte, le voyage est vagabondage. Alors que nous apprennent les cartes, les portulans, les dessins et les graphes, les schémas et les esquisses, les plans approximatifs et les peintures alambiquées, GPS d’hier et tant de signes palimpsestes ambigus, mystérieux, prophétiques, trompeurs et déterminants ?

Ainsi la fameuse carte de Waldseemüller, ce moine Lorrain, achevée en 1507, achetée, en 2003, 10 millions de $ par la bibliothèque américaine du Congrès… La voici :