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Gallimard Jeunesse

Collection jeunesse de Gallimard

Noé Nectar et son étrange voyage, John Boyne

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 02 Janvier 2013. , dans Gallimard Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Jeunesse

Noé Nectar et son étrange voyage, novembre 2012, illustrations Oliver Jeffers, traduit de l’anglais (Irlande) par Catherine Gibert, 255 pages, 13 € . Ecrivain(s): John Boyne Edition: Gallimard Jeunesse

 

 

Voilà un roman original et atypique qui aborde, avec grâce et imagination, un sujet aussi grave que la mort d’un parent. À contre-courant des mangas et des histoires truffées de gadgets high-tech. L’étrange voyage de Noé Nectar est doté de ce qu’on pourrait appeler un charme d’antan, renforcé par les illustrations en noir et blanc qui semblent sortir tout droit d’un vieux manuel scolaire. Un récit à tiroirs, renfermant bon nombre de surprises, qui, tout en épinglant quelques travers, porte à l’honneur des valeurs humaines comme le courage, la persévérance, l’amour du travail bien fait, l’entraide, l’engagement et l’importance de la relation humaine qui est bien plus essentielle que la réussite dans le monde extérieur. En effet, rien ne sert de courir vite, si nous n’arrivons pas à temps là où nous sommes réellement attendus par ceux qui nous aiment vraiment. C’est aussi un très bel hommage au travail des mains, à l’artisanat dans ce qu’il a de plus noble.

Catfish, Maurice Pommier

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 23 Juin 2012. , dans Gallimard Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Catfish, mars 2012, 86 p. 20 € . Ecrivain(s): Maurice Pommier Edition: Gallimard Jeunesse

 

Récit à la mémoire de César Chelor, esclave affranchi et l’un des premiers fabricants d’outils américains, Catfish apporte un regard profondément humain sur l’histoire de l’esclavage : « une histoire de combats, de liberté et de courage ». Le lecteur suit au fil de son parcours Scipio Catfish, depuis son arrivée sur la propriété de la famille Purlin jusqu’à son affranchissement bien des années plus tard. Le riche dessin de Maurice Pommier alterne pages illustrées avec précision voire réalisme et enluminures revisitées encadrant le texte, accentuant l’impression d’un va-et-vient entre conte et récit historique. Les cartes du destin côtoient les images documentaires, on frôle la bande-dessinée pour découvrir une planche symbolique et poétique. Le lecteur se fait surprendre page après page. L’ensemble est sensible, précieux et savant.

L’histoire du garçon se déroule entre étapes prévisibles et coups de théâtre. Le seul bémol réside dans un ton parfois trop didactique comme si l’émotion palpable risquait de déferler et d’emporter le conte. Pris sous l’aile de Vieux George, puis du maître tonnelier, Scipio grandit, évolue, trace les premières pistes de son chemin vers la liberté. Il ne parle pas, ne se dévoile pas. Il a appris comment s’adapter et éviter les brimades. Car les tortionnaires ne manquent pas et l’absurde règne.

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness, Siobhan Dowd, Jim Kay

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans Gallimard Jeunesse, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Jeunesse

Quelques minutes après minuit, illustré par Jim Kay, traduit de l’anglais par Bruno Krebs, mars 2012, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness, Siobhan Dowd Edition: Gallimard Jeunesse

Voici un bel ouvrage : de sa sublime couverture à rabats au grain du papier, du texte haletant et profond de Patrick Ness aux illustrations crépusculaires de Jim Kay, tout est travaillé avec art et talent, préparé avec minutie et mesure. Et il n’en fallait pas moins pour accompagner cette histoire de deuil initiée par la disparue Siobhan Dowd. « Les histoires chassent et griffent et mordent ». « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ? »

Conor a treize ans, aucun ami, un père parti pour une nouvelle vie aux Etats-Unis, une grand-mère acariâtre, mais surtout une mère qui lutte contre un cancer tenace. Au début du traitement correspond le surgissement d’un cauchemar récurrent qui le hante sans répit. Puis, une nuit, à minuit sept, surgit un monstre qui veut lui parler. L’arbre revient, nuit après nuit, fidèle au rendez-vous. Cet if gigantesque au sourire diabolique laisse des traces de son passage : un tapis de baies ou d’aiguilles, un surgeon en plein milieu d’un parquet… La noirceur et la précision des illustrations, les effets variés obtenus par le lavis, les fourches et les ramifications qui se confondent avec le texte, font de cet ouvrage une variation de roman graphique quasi gothique où cauchemar et réalité s’interpénètrent et échangent leurs attributs.