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Éditions Rhubarbe

 

Plutôt que de grandir, Rhubarbe, établie à Auxerre, cherche à garder l’insouciance et l’irrévérence de ses débuts fortuits en 2004. Avec ses 120 ouvrages publiés, essentiellement dans les domaines de la nouvelle et de la poésie, Rhubarbe explore avec lenteur et gourmandise les frontières : de l’intime et du monde, du rire et des larmes, des mots et de l’émotion, en quête de l’improbable livre total qui lui permettrait d’en rester là et de se reposer. Espérant bien ne jamais le trouver, Rhubarbe continue.

 

 

Le Corps noir du soleil, Amina Saïd

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 20 Juin 2015. , dans Éditions Rhubarbe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le Corps noir du soleil, décembre 2014, (calligraphie Hassan Massoudy), 90 pages, 11 € . Ecrivain(s): Amina Saïd Edition: Éditions Rhubarbe

 

La vie d’Alexandre Le Grand a été si exceptionnelle qu’elle fait partie des mythes de l’Antiquité. Convaincu très jeune par sa mère qu’il était descendant des Dieux, il accomplira un parcours de conquérant unique, allant de conquêtes en conquêtes de la Grèce aux Indes. Dans ce très beau recueil, intitulé Le Corps noir du soleil, Amina Saïd nous fait revivre l’épopée d’Alexandre Le Grand, alors que celui-ci s’apprête à partir pour l’autre monde (étroite sera la tombe quand j’y serai enseveli), se rejoue alors sous nos yeux le voyage de sa vie, son parcours semé d’épreuves. La poète s’exprimant en je nous entraîne dans l’aventure et nous arpentons avec ce cavalier les innombrables paysages aux couleurs sublimées par la variété d’une nature luxuriante propre à ces pays de sable et d’ocre. Récit d’un passage de l’ombre à la lumière, mais aussi récit onirique, récit de la naissance, récit sans fin, comme le désir, le silence ou la mort, mais surtout quête initiatique afin d’aller à la rencontre de soi ou de l’autre en soi, comme pour donner un sens à l’absurde du monde, nous dit-il, en quête d’absolu donc. Cette épopée historique aux intonations lyriques de l’aventure humaine nous rappelle que la vie est brève comme une manière de rêve. Dans l’ignorance du parcours pour accéder à la lumière, le conquérant avance toujours sans peur.

Revue Carré N°2, éditions Rhubarbe

, le Mercredi, 30 Janvier 2013. , dans Éditions Rhubarbe, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Revues

Revue Carré n°2, ROUGE, hiver 2012/2013, 128 pages, 12 € Edition: Éditions Rhubarbe

 

 

Le rouge au cœur de l’hiver. Entre le blanc de la neige et la nuit qui tombe trop vite. La revue Carré nous revient, écarlate, plus étoffée qu’à sa première livraison qui nous poussait vers le noir. Le rouge, ça inspire. C’est le vin et le sang, le crime et la corrida, la viande, la passion. Le rouge. Celui qui monte au front, qui fleurit aux joues, qui aveugle et enflamme. On ne s’en lasse pas. Le rouge, c’est la couleur par excellence, une sorte d’évidence. D’ailleurs, en espagnol, l’adjectif colorado signifie tout simplement rouge.

Dans cette revue de mélanges, on trouve de la fiction, des notules, de la poésie et des considérations, des réflexions sur l’art et des illustrations. Entre autres. Le parti pris est celui de la couleur des mots et des idées, de l’alacrité, de la diversion et l’érudition. Une jolie livraison, vraiment, dont le centre est réservé au… petit chaperon rouge (bien sûr !) dans une section intitulée « cartons à desseins ».

Revue Carré N°1, éditeur Rhubarbe

, le Lundi, 26 Mars 2012. , dans Éditions Rhubarbe, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Revues

Revue Carré n°1 (le noir), mars 2012, 80 pages, 15 € Edition: Éditions Rhubarbe


La revue Carré, comme son nom l’indique, propose une première livraison de 80 pages de 17 cm x 17 cm. Un beau papier glacé, de belles photographies en noir et blanc. Le sous-titre, « revue intéressante », donne le ton d’ensemble : ce que l’on y trouve est effectivement intéressant, tout en ne se prenant que moyennement au sérieux, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. La contrainte imposée aux rédacteurs dans chaque livraison sera celle de la couleur, sous forme de nouvelles ou de récits, de poèmes, de maximes… Pour le noir, les déclinaisons s’inspirent de la petite robe noire, de la peur du noir, de la Mer Noire, de la Série Noire… La nouvelle d’Edgar Poe, Le Chat noir, y est en bonne place, dans sa traduction par Baudelaire, lequel Baudelaire nous incite, dans la page suivante, à nous enivrer, autant dire à « être noir ».

Quelques apophtegmes, proverbes, sentences, poussent allègrement à la réflexion : « le savon noir est une imposture ! », « humour noir ou clown blanc, à vous de choisir ! » tandis que dans d’autres pages on revient sur l’étymologie de « blackbouler » ou de « nigelle ».