Identification

Articles taggés avec: Bendhif-Syllas Myriam

Dark Lord collé pour l’éternité, Jamie Thomson

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 19 Janvier 2017. , dans La Une Livres, Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, Jeunesse

Dark Lord collé pour l’éternité, octobre 2016, trad. anglais Yves Sarda, ill. Freya Hartas, 271 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jamie Thomson Edition: Seuil Jeunesse

 

En 2014, nous découvrions Dark Lord, Seigneur des Terres Obscures, condamné à vivre sur Terre suite à un maléfice lancé par son pire ennemi, Hasdruban, le Magicien Blanc. Après de premières et désopilantes aventures, le Dark Lord et ses amis se retrouvaient séparés : Dirk et Christopher dans notre monde, Suze dans les Terres Obscures où elle devint une redoutable et généreuse Reine des Ténèbres. A nouveau réunis au seuil de ce troisième volet, nos trois héros se retrouvent nez à nez avec un nouveau directeur du collège : Hasdruban en personne, venu sur Terre se débarrasser une fois pour toutes du Dark Lord !

Le roman garde le ton loufoque et ironique des débuts. Le Dark Lord est toujours aussi narcissique et sûr de sa supériorité – quoique des moments de pure bonté semblent le gagner de plus en plus souvent… Car à force de passer d’un monde à l’autre et de constater que ses fidèles vassaux apprécient aussi la douceur, le voilà qui hésite parfois à redevenir le Terrifiant et Sanguinaire Dark Lord.

La forêt des renards pendus, Nicolas Dumontheuil

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 12 Janvier 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Bandes Dessinées, Pays nordiques, Futuropolis

La forêt des renards pendus, août 2016, d’après le roman d’Arto Paasilinna, trad. finnois Anne Colin du Terrail, 144 pages, 21 € . Ecrivain(s): Nicolas Dumontheuil Edition: Futuropolis

 

Lire un roman d’Arto Paasilinna constitue l’une des expériences les plus réjouissantes d’une vie de lecteur. Lorsqu’on le découvre, on plonge dans un univers doux amer, où une folie étrange baigne tout naturellement la vie quotidienne dans le Grand Nord. Lorsque l’on dévore les suivants, on se délecte de retrouver une humanité hors normes, un style, une ambiance, uniques et toujours surprenants. Alors, lorsque l’on ouvre une BD, adaptant l’un de ses romans, et pas des moindres, il faut avouer que l’on a un a priori positif, mais en même temps, on se demande comment l’artiste a pu réaliser un tel challenge en confrontant notre imaginaire à sa vision.

Tout commence par le retour dans la ferme familiale de Rafael Juntunen. Pas de retour à la terre ici mais la récupération d’un butin planqué sous le fumier. Voici Juntunen riche à millions mais encore lui faut-il trouver une planque pour se faire oublier et éviter un ancien comparse très remonté. L’homme se rend dans la bourgade de Pujlu, perdue au fond de la Laponie, et s’enfonce, à pied, au beau milieu de la forêt des renards pendus, pour cacher son or.

Un ours, des ours, François David

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 14 Décembre 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Sarbacane

Un ours, des ours, octobre 2016, collectif de 32 illustrateurs, 72 pages, 25 €. . Ecrivain(s): François David Edition: Sarbacane

Laissez-vous surprendre. Vous pensez bien le connaître, peut-être même ne connaître que lui. Mais cette figure traditionnelle, cet incontournable de la littérature pour la jeunesse, nous réserve encore bien des surprises. Venez (re)découvrir l’ours.

Dans un album au grand format réjouissant, des ours petits et grands, des ours bruns et des ours polaires, des ours sauvages ou en peluche, nous révèlent toutes les facettes de ce personnage qui accompagne les enfants et continue à vivre dans l’imaginaire de bien des adultes. 32 illustrateurs de tous les horizons proposent chacun un ours particulier, à travers un regard, une intention, des techniques variées. François David s’empare de ces créations et les met en vie par des textes drôles ou touchants, souvent inattendus.

Chacun trouvera son ours. Ours coup de cœur, oursitude. Chacun sera touché ou amusé. Tantôt certains de ces ours s’imposent de toute leur impressionnante stature, sur une pleine page, hibernant en boule, rêvassant au bord d’une rivière ou se dressant sur son territoire. Tantôt ils sont montrés comme une petite parcelle d’un univers géant. Ainsi la famille d’ours dodus de Sébastien Mourrain, ou l’ours debout de Matthias Aregui observant un ciel étoilé depuis un promontoire en pleine montagne.

L’Éveil stade 1, Jean-Baptiste de Panafieu

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 16 Novembre 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Roman, Gulf Stream Editeur

L’Éveil stade 1, septembre 2016, 268 pages, 16,50 €. . Ecrivain(s): Jean-Baptiste de Panafieu Edition: Gulf Stream Editeur

Que se passera-t-il le jour où les animaux se mettront à parler et à penser avec une pleine conscience de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font ? Bonheur d’une communication toujours rêvée et partenariat accru, anarchie complète ou nouvelle domination dans un univers inversé, La Planète des animaux ?

C’est ce que nous propose de découvrir la trilogie L’Éveil, imaginée par un spécialiste du monde animal et auteur pour la jeunesse tout aussi réputé. Roman d’anticipation ? Voire dystopie ? Pas vraiment. L’Éveil se déroule à une époque qui peut être la nôtre et qui donne une féroce acuité aux débats qui animent nos sociétés quant au statut des êtres que nous nommons animaux.

Laura travaille sur la maladie d’Alzheimer dans un laboratoire de recherche et cherche à en endiguer les progrès. Les manipulations génétiques sont testées sur des souris. L’une d’elles réussit un jour à échapper à l’attention des chercheurs et s’enfuit. Traquée par un chat, elle finit en différents morceaux consommés par le félin, mais aussi du fait des interactions propres à la nature et aux comportements de chaque espèce, par un perroquet, une chienne, une corneille et un rat. Le festin provoque au bout de trois jours une curieuse réaction, l’éveil. Voici celui du chat, Chou-K, qui vit auprès de Laura et de son frère :

Le monde est mon langage, Alain Mabanckou

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 31 Octobre 2016. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, Essais, Grasset

Le monde est mon langage, août 2016, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Alain Mabanckou Edition: Grasset

 

Après un retour au pays relaté dans Lumières de Pointe-Noire et le récit Petit Piment creusant l’histoire congolaise, Alain Mabanckou nous revient avec un essai foisonnant où il dresse avec maestria les portraits de citoyens du monde francophone et où se lit le sien, reflété par ces nombreux et chaleureux miroirs.

Qu’il s’agisse d’écrivains reconnus, d’un philosophe de la rue ou du seigneur parisien de la Sape, d’un ami d’enfance ou des anciens de la famille, chacune de ces personnes, rencontrées aux quatre coins du monde, apporte son regard sur le langage, la littérature, pense et vit ses mots. L’ouvrage passionne. L’auteur prête « l’oreille à la rumeur du monde » : il recueille les paroles, les émotions et les retransmet en autant de courts chapitres ; permettant ainsi à la lecture d’aller à son rythme, au gré de l’envie du moment ; donnant à chacun la place centrale le temps de quelques pages tout en reliant, de façon habile, les différents protagonistes de cette pièce jouée partout dans le monde.