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Articles taggés avec: Bendhif-Syllas Myriam

Sauvages, Nathalie Bernard (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 30 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Roman, Thierry Magnier

Sauvages, août 2018, 288 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Nathalie Bernard Edition: Thierry Magnier

 

Jonas a 16 ans. Dans quelques semaines, il quittera enfin le Pensionnat du Bois Vert où il réside depuis ses 10 ans. Séparé brutalement de sa mère, ce garçon algonquin a été placé dans une institution vouée à éduquer les « Sauvages ». Comme bon nombre d’enfants et d’adolescents il connaît en ces lieux une vie de maltraitance et d’humiliations.

Le pensionnat a tout d’un bagne pour enfants où les gardiens portent robes et cornettes, sous la houlette du terrifiant Père Séguin, où les pensionnaires sont appelés par des numéros, totalement déshumanisés, privés de tout contact avec leurs familles, privés de parler leurs langues maternelles. Pour survivre, Jonas a choisi le silence et la solitude. Il s’occupe de ses affaires, fait le travail demandé et attend son heure pour retrouver enfin sa liberté. Seule la petite Lucie le tire de son isolement par sa gentillesse et sa joie de vivre contagieuse. Alors lorsqu’elle arrive un jour au réfectoire, tout à fait défaite, comme vidée de son âme, Jonas ne peut pas ne pas réagir.

Kiwi Grizzly, Gauthier David, Claire de Gastold (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 16 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Thierry Magnier

Kiwi Grizzly, septembre 2018, 40 pages, 17 € . Ecrivain(s): Gauthier David, Claire de Gastold Edition: Thierry Magnier

 

 

Une invitation à un anniversaire déguisé donne lieu à une rencontre aussi improbable que formidable : des enfants déguisés en animaux sont rejoints par des enfants au comportement pour le moins sauvage… Que ressortira-t-il de ce face-à-face ?

Kiwi se concocte un costume d’ours avec ingéniosité : « du dodu » avec un édredon sur le ventre, des coussins pour des pattes solides, un masque dessiné sur une assiette et une couverture en moumoute pour une fourrure épaisse. Un petit cadeau pour Zach et il ne lui reste plus qu’à se rendre chez lui. Choisissant le chemin de la forêt, elle se retrouve truffe à nez avec un curieux garçon qui la renifle, lui lèche le museau, se faufile entre ses pattes !

Bonjour Monsieur Froid, Contes de la vallée, Carles Porta (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 10 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, Jeunesse

Bonjour Monsieur Froid, Contes de la vallée, novembre 2018, trad. anglais Elsa Whyte, 48 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Carles Porta Edition: Seuil Jeunesse

Après Les Feuilles volantes, album loufoque et poétique, découvert en septembre et ouvrant Les Contes de la vallée, Carles Porta nous offre une nouvelle intrigue rocambolesque et magique. Un personnage inédit y rejoint la petite troupe des habitants de la vallée cachée : Monsieur Froid.

Avec sa drôle de bouille, sans traits, sans yeux, sa dégaine tout en longueur et ses jambes interminables, Monsieur Froid, Maximilien de son prénom, fait un curieux échalas. Depuis son enfance, il se passionne pour la musique et se fait rapidement rejeter par ses proches et les gens de son milieu. En réalité peu de personnes, aucune au final, ne semblent apprécier le style fort singulier du trompettiste à base de « TINC BLIN TUT » et de « TUT FANN BOO ».

Monsieur Froid s’en va, et suite à diverses mésaventures, atterrit en plein hiver au cœur de la vallée secrète. Pris en charge par la petite ballerine à tête d’oignon – qui définit à elle seule le monde de Porta –, il trouve refuge dans un arbre mort, à la forme étrange, et il finit recouvert de multiples couches de vêtements pour ne pas mourir de froid. Ainsi costumé, le nez dans une chaussette, il effraye Yula, la petite louve et se sauve lorsque les autres habitants se mettent en tête de faire déguerpir ce monstre, en se déguisant eux-mêmes en un ver de terre gigantesque.

Les Filles de Salem Comment nous avons condamné nos enfants, Thomas Gilbert (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 12 Décembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Bandes Dessinées

Les Filles de Salem Comment nous avons condamné nos enfants, éd. Dargaud, septembre 2018, 198 pages, 22 € . Ecrivain(s): Thomas Gilbert

Coup de cœur BD de cette rentrée, l’impressionnant roman graphique de Thomas Gilbert vient apporter une vision nouvelle de la devenue légendaire et sinistre affaire des sorcières de Salem. Après la pièce d’Arthur Miller et le beau film de Raymond Rouleau (1957), scénarisé par Sartre, tout à fait passionnants, le lumineux Tituba de Maryse Condé, cet ouvrage donne le point de vue de ces prétendues sorcières, dépassant largement la portée de tous les apports historiques et documentaires concernant le sujet. Ici il est question de cœur et de tripes, pas de preuves qui resteront introuvables, restées cachées dans les esprits des protagonistes de ce sombre épisode.

Scénariste et dessinateur sur ce projet, Thomas Gilbert se concentre sur le personnage d’Abigail Hobbes qui fut l’une des accusées du procès organisé en 1692, à Salem, bourgade puritaine du Massachusetts, où 25 personnes furent pendues pour sorcellerie. Il montre comment de l’enfance, une jeune fille sombre subitement dans un monde adulte où sa féminité n’est plus qu’une tare épouvantable, un prétexte à tentation et à péchés innombrables, comment un monde asphyxié par une religion détournée au profit de ceux qui la servent, mais aussi par les pires superstitions et une grande cruauté, en vient à sacrifier ses propres enfants sur l’autel de la purification collective.

La Maison de brique, Paula Scher, Stan Mack (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 03 Décembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, La Joie de lire

La Maison de brique, septembre 2018, trad. américain Francine Bouchet, 40 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Paula Scher, Stan Mack Edition: La Joie de lire

 

 

La couverture de cet album retient d’emblée son lecteur : un petit immeuble de trois étages dont l’on aperçoit les différents habitants à travers les fenêtres. Une chatte au piano, une maman ours mettant au lit son petit, un trio de souris confrontées à un manque de fromage, une famille cochon attablée autour d’une soupe, un hibou bouquinant dans son fauteuil, deux kangourous s’apprêtant pour danser. À l’entrée, monsieur ours rentrant de sa journée.

Les dessins sont réjouissants, à la fois très colorés et hachurés à l’encre, ce qui leur donne un petit côté brouillon et rétro des plus sympathiques. On se prend tout de suite d’amitié pour ces personnages et l’on a qu’une hâte : commencer le livre pour découvrir ce qui se passe à l’intérieur de ces appartements et quelles sont les relations que tissent entre eux ces animaux.