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Voies de traverse (2) : Chéribibi N°007

le 04.03.12 dans Chroniques régulières, La Une CED

Voies de traverse (2) : Chéribibi N°007

 

A l’image de son saint patron, le ChériBibi a une trogne qui ne revient pas aux honnêtes gens, il parle depuis la rue, hante les lieux malfamés, s’écrit sans soutien, sans compromis, le bagout aux lèvres, la plume persuasive et le trait acéré. Rappelons son hymne scandé depuis les tréfonds des bagnes : « Qui qui fait sauter tout l’fourbi ? C’est Chéri-Bibi ! C’est Chéri-Bibi ! ».


Pour cet « Automne érotique », la revue réaffirme avec force sa formule 100 % culture populaire en un format conséquent et dense, fête ses quarante… enfin vingt ans révolus et enjoint ses lecteurs à créer leur propre presse. Musique, littérature, cinéma, bd, illustrations, nouvelles et critiques détonantes de tout poil se pressent dans ce numéro féroce et tentateur où l’on annonce de la « fiction pulpeuse », de la « culture copulaire », « du sexe ! du sang ! de la dialectique ! ».


Ames sensibles s’abstenir, le ChériBibi ne mâche pas ses mots et affiche ses coups de cœur et coups de gueule… sans fausse pudeur. S’avèrent particulièrement savoureuses les chroniques sur Musidora/Irma Vep, l’œuvre de Clovis Trouille, la chanson paillarde en Jamaïque, les films de Lina Wertmüller ou l’analyse des « rape and revenge films ».

Quelques trouvailles pour les amateurs de littérature :Fuckwoman de Warwick Collins ou les récits trash de l’Anglais Stewart Home et toute la sélection duChériBibli. Le numéro se clôt sur le récit plein d’humour des origines de la revue. Un autoportrait direct de celui qui ne se raconte pas à l’ordinaire, mais qui se dévoile au fil de ses chroniques et de ses choix, DPC, M. le Fondateur lui-même. Un temps de bilan et un appel pour aller de l’avant.


ChériBibi présente et défend ce(ux) qu’il aime. Il s’adresse aux mordus. Pour les autres, il offre une ouverture sur un espace culturel méconnu, délaissé ou méprisé, un vaste champ de découvertes et de possibles, une plongée dans les marges de l’art et de la pensée, là où le plus novateur souvent s’enracine et bouscule les idées et les icônes en place.


L’édito du ChériBibi number ouane (avril 2007) définissait avec clarté ce qu’est et surtout ce que n’est pas, la culture populaire. Est populaire ce qui appartient au peuple, qui concerne le peuple, est issu du peuple, dixit ChériBibi reprenant M. Larousse. La culture de masse, servie à la chaîne par les médias, soutenue par un commerce luxuriant de produits aseptisés et consensuels, n’a rien à voir avec la culture populaire qui est aux mains de chacun, chacune et qui s’exprime de multiples façons dans l’expérience et les souvenirs de tous. Un roman de gare ou un polar dévoré dans le métro, un groupe de punk ou de reggae, un tag découvert au hasard, un film de série Z, un tatouage sur les murs ou une peau...ChériBibi le dit tellement mieux, allez-le lire : http://www.cheribibi.net/revue-cheribibi/.


ChériBibi : de la rage, de l’humour, du talent et une conviction à toute épreuve.


Myriam Bendhif-Syllas


http://www.cheribibi.net/

http://www.lacauselitteraire.fr/les-cages-flottantes-et-cheri-bibi-et-cecily-gaston-leroux.html


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