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Articles taggés avec: Stéphane Vinckel

Le sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari (2 recensions)

Ecrit par Yann Suty, Stéphane Vinckel , le Mercredi, 07 Novembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, Actes Sud

Le sermon sur la chute de Rome, 22 août 2012, 208 p. 19 € . Ecrivain(s): Jérôme Ferrari Edition: Actes Sud

 

Recension 1

 

Dans un petit village corse perché loin de la côte, il est de tradition que les hommes, à la fin de la journée, se retrouvent dans le petit bar local, l’épicentre de leur univers. Parmi ces hommes, nombreux sont ceux qui ont quitté le village et leur île, mais qui ont fini par revenir pour y ruminer leurs échecs, leur existence dépourvue de gloire, leurs rêves brisés, à l’instar de Marcel Antonetti, né à la fin de la première guerre mondiale. La « malédiction » se transmet d’une génération à l’autre. Des décennies plus tard, le petit-fils de Marcel, Matthieu connaîtra une expérience similaire.

A la mort de sa femme, Marcel ne veut pas s’occuper de son fils nouveau-né, Jacques, et il le confie à sa sœur. Quelques années plus tard, Jacques tombe amoureux de sa cousine, Claudie, avec laquelle il a grandi. Ils se marient (« Pour beaucoup, ce mariage n’est pas celui de l’amour mais du vice et de la consanguinité ») et ont un fils, Matthieu, et une fille, Aurélie.

Dans le jardin de la bête, Erik Larson

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Vendredi, 05 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, USA, Essais, Le Cherche-Midi

Dans le Jardin de la bête (In the Garden of beasts), lu par Stephen Hoye, traduit de l’anglais par Edith Ochs, août 2012, 641 p. 21 € . Ecrivain(s): Erik Larson Edition: Le Cherche-Midi

Deux ans après le remarquable Le Diable dans la ville blanche (1), Erik Larson (l’autre Larson donc, avec 1 seul S) revient avec Dans le jardin de la bête. On quitte les Etats-Unis, on quitte le dix-neuvième siècle, on quitte l’exposition universelle : Berlin 1933-1938, le vingtième dans ce qu’il a de pire, juste avant l’explosion universelle.

Dans le Jardin de la bête raconte, par le menu, la vie quotidienne de l’ambassadeur américain en poste à Berlin de 1933 à 1937 : William E. Dodd, et sa famille (ses deux enfants, Martha et Bill, et son épouse).

Le roman s’ouvre sur plusieurs débuts (bonne technique) :

– une citation de Dante, en exergue, tiré de l’ouverture de La Divine Comédie (Enfer) :

« Au milieu du chemin de notre vie

Je me retrouvai dans une forêt obscure

Car la voie droite était perdue »

Sex Toy, Jean-Marie Gourio

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Lundi, 01 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, Julliard

Sex Toy, Août 2012, 209 p. 17 € . Ecrivain(s): Jean-Marie Gourio Edition: Julliard

Avez-vous déjà suffoqué en lisant un livre ? Avez-vous déjà été obligé de lever le nez pour souffler, inspirer, souffler ?

Sex Toy a été une lecture très, très éprouvante. Peut-être même la pire dont j’ai fait l’expérience (avec, sans doute, American Psycho ou Last Exit).

Je dis souvent qu’on lit avec ce qu’on est, ce qu’on a. Aurais-je été si ébranlé si je n’avais pas trois enfants, dont une aînée de 11 ans qui rentre au collège ? Non, bien sûr que non.

Pour tout dire, je l’ai commencé sans trop savoir (j’avais fait une demande en juin sur une description rapide). Je n’ai pas lu le courrier des éditions Julliard qui accompagnait le livre. Jean-Marie Gourio, c’était suffisant, non ? Merde, ce type nous a fait pleurer de rire avec ses Brèves de comptoir. J’ai ouvert le livre, sans même lire la quatrième de couv’. Voilà ce que j’ai lu :

En exergue, une comptine :

« Promenons-nous dans les bois

Pendant que le loup n’y est pas »

Les apparences, Gillian Flynn

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Samedi, 15 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, USA, Sonatine

Les Apparences (Gone Girl), trad. USA Héloïse Esquié, août 2012, 22 € . Ecrivain(s): Gillian Flynn Edition: Sonatine

 

Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy Elliott Dune disparaît et tout laisse à croire qu’elle n’est pas partie volontairement.

Jusqu’à leur arrivée dans la ville natale de Nick, dans le Missouri, terre de Mark Twain (près d’Hannibal) où Nick jouait à Huck, Nick Dune et Amy formaient un couple parfait. Nick était journaliste et Amy écrivait des tests psychologiques de personnalité pour la presse féminine.

Amy est une légende de l’ombre : ses parents, tous deux psys, l’ont prise pour modèle (et l’ont modelée) pour une série de livres éducatifs, L’Epatante Amy. Avec le temps, cette belle et intelligente jeune femme  est devenue la personnification du cliché « les hommes la veulent, et les femmes veulent être elle ». Mais Amy est aussi victime de la crise qui frappe le monde à la fin des années 2000 et perd son travail, doit aider financièrement ses parents (le livre Amy n’est plus aussi épatant), et lorsque la mère de Nick tombe gravement malade, ils quittent leur appartement huppé de Manhattan et descendent l’échelle sociale, direction le Missouri. « Nous faisions littéralement l’expérience de la fin d’un mode de vie… »

Triple Crossing, Sebastian Rotella

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Mercredi, 23 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Polars, USA, Editions Liana Levi

Triple Crossing, traduit de l’anglais par Anne Guitton, Avril 2012, 22,50 € . Ecrivain(s): Sebastian Rotella Edition: Editions Liana Levi

 

Succès salué aux Etats-Unis, où le roman a été sélectionné, par le New York Times, dans les catégories meilleur roman policier et meilleur premier roman, Triple Crossing est brillant et palpitant. Journaliste d’investigation spécialiste des questions d’immigration illégale et des problèmes liés aux trafics, Rotella livre un western noir très documenté, où, dit-il, tout est vrai : situations, détails, comportements, langages, violence, corruption.

Valentin Pescatore est un jeune agent de la Frontalière chargé d’arrêter les clandestins qui tentent massivement de passer la ligne et d’entrer aux Etats-Unis. Et quand ce n’est pas des familles entières habillées comme pour le bal, son job est d’empêcher les trafics divers : humains, marchandises, drogues. Il doit composer également avec certains agents patrouilleurs qui n’hésitent pas à recourir à la violence (on lui explique qu’elle est même attendue des illégaux), au racket et à des jeux avilissants. Valentin, lui, reste humain et donne souvent argent ou conseil aux immigrants.

Ça débute comme ça :