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Ecarlates, Alexandre Blin

Ecrit par Samuel Dudouit , le Jeudi, 21 Janvier 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Ecarlates, éditions Eclats d’encre, 2013, 88 pages (format 12x18,5 cm), 12 € (imprimé), 6,99 € (numérique) . Ecrivain(s): Alexandre Blin

 

Ecarlates est un recueil de poèmes en vers libres qui cachent parfois des alexandrins de la plus belle espèce. Ce subterfuge (des alexandrins coupés en d’apparents vers libres assez courts), qui n’a d’ailleurs rien de systématique, me paraît à l’image du livre dans son ensemble. Sous des airs modernes (vers courts des poèmes qui alternent avec des brèves proses) et une formulation volontairement objective, les poèmes d’Ecarlates me semblent tenir de la plus classique poésie amoureuse. La douleur d’aimer, le renoncement (« Du mal d’aimer, enfin, je crois être guéri. Il se tait à présent. Alors mes maux se nimbent d’un linceul de silence », p.22) et l’amour revenu, le désir et la cendre, le temps qui passe et efface tout (« Que restera-t-il donc / de ceux-là / qui s’aimèrent // de leurs peaux neuves / et chaudes // et des langueurs / que leur / dictèrent / leurs sens // tout incendie / ne finit-il pas cendres // de ce qui dure / hormis le Temps / il n’est rien / semble-t-il / qui n’échappe / à la mort », p.41), autant de « thèmes » romantiques qui remplissent ce recueil à la tenue irréprochable et qui, sous un costume contemporain, promène la passion mélancolique d’un gilet rouge perdu dans un autre temps à qui les mots, toujours, ouvrent un autre silence :

J’aurais dû prendre des photos, Yves Artufel

Ecrit par Samuel Dudouit , le Mardi, 25 Mars 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Gros Textes

J’aurais dû prendre des photos, 2012, 70 pages, 6 € . Ecrivain(s): Yves Artufel Edition: Gros Textes

 

Yves Artufel est un grand mélancolique et comme tout grand mélancolique, il cache cela sous un humour un peu désabusé et beaucoup de dérision. Mais il ne faut pas s’y fier, ce qui est en jeu dans son écriture n’est en rien dérisoire et s’il évite l’esprit de sérieux, ce n’est jamais pour tomber dans le n’importe quoi.

La mélancolie est la musique que font le temps et la présence quand, décidément, ils se loupent. Pour la présence, citons simplement :

« Je n’ai jamais été pleinement

là où je suis

Je me rends compte de ça ce soir

Je vois bien que

personne n’en a rien à foutre

En fait ce n’est con que pour moi » (p.7).

Un paralogue futural, Matthieu Messagier et Malek Abbou

Ecrit par Samuel Dudouit , le Mercredi, 13 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

Un paralogue futural, (avec les entrées en jeu de Michel Bulteau et Jacques Ferry), Editions Impeccables, janvier 2013, 152 pages, 20 € . Ecrivain(s): Matthieu Messagier et Malek Abbou

 

 

Ce livre écrit à deux (et deux quatre) est unique. C’est la rencontre, sur la pelouse blanche des pages, du football et de la poésie, du football passé au tamis du rêve et de la nostalgie et de la poésie la moins morte. Il s’agit donc du récit d’une des rencontres de la onzième journée du championnat de la Fédération Internationale du Football sans jeu et sans sueur (où voisinent par ailleurs L’Olympique J’étais Cigare, L’Express Inutile En Retard, Le No Nothing Sporting Club, L’Entente Thélémite de Myrelingue, L’International des Sans Fonction, L’Etoile Rouge du Silence, le Dynamo Nemo, pour n’en citer que quelques-uns). Ce livre narre donc un match inénarrable, la rencontre du Sporting Club de Trêlles et du Football Club des Ailleurs, arbitrée, nécessairement, par M. Buster Keaton.