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Le Cimetière marin au boléro, un commentaire du poème de Paul Valéry, Michel Guérin

Ecrit par Pierre Windecker , le Jeudi, 16 Mars 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais

Le Cimetière marin au boléro, un commentaire du poème de Paul Valéry, éd. Encre marine, janvier 2017, 160 pages, 19 € . Ecrivain(s): Michel Guérin

 

Le titre doit être entendu simplement « dans la langue des peintres » : « comme Vermeer a peint La Jeune fille à la perle ou Matisse un Intérieur au violon ». Aucune superposition à chercher, donc, entre le ballet de Ravel et le poème de Valéry, aucun échange sémantique, aucun commerce de contenus. Mais seulement l’essai, par le commentaire, de « les faire entendre ensemble », de « les mettre en situation de se faire écho en nous » (p.37-38). Cet écho tout simple susurre à l’oreille que le sens, dans le poème, advient par la musique et la danse, le rythme et le mouvement.

Mais ne nous y trompons pas : la modestie du rapprochement place en réalité la barre très haut. De quoi s’agit-il en effet ?

Certes, il s’agit de suivre de sizain en sizain Le Cimetière marin comme une véritable expérience poétique. C’est-à-dire comme une expérience de vivre, mais qui ne se traverse et ne s’accomplit que dans la fabrique (la « composition » dirait Valéry) d’un dire poétique.

A propos de "La Croyance de A à Z" de Michel Guérin, par Pierre Windecker

Ecrit par Pierre Windecker , le Mercredi, 20 Mai 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

(Savoir croire et savoir vivre)

La croyance ? « Un des plus grands mystères de la philosophie » disait Hume. Et pour nous, en ce début de siècle ? Nous pouvons répondre aussitôt : un des plus grands problèmes qui se posent à la politique, à la civilisation, à la vie. Pas un problème scolaire, une urgence existentielle, où se joue le destin humain, au plan d’un monde qui a fait le plein comme dans l’intimité de chacun. Partout fleurissent des pathologies de la croyance (et de l’incroyance) : complotisme, négationnisme historique ou scientifique, manifestations fantasques de crédulité. Au fond de toute cela, nous entrevoyons la menace la plus grave : la croyance semble emportée par deux vertiges extrêmes et de sens opposé : par la déprime mélancolique de qui « ne croit plus à rien » et par la fureur maniaque du fanatique meurtrier.

Comment prendre ce problème à bras le corps ? L’essentiel est d’écarter les obstacles. Avant tout, ne pas opposer la croyance au savoir, comme si celui-ci avait à faire table rase de celle-là. Croire n’est pas la conséquence d’un manque de savoir, ni d’un manquement au savoir, c’est simplement la réponse immanente que l’on donne au mouvement de vivre : c’est toujours un acte de croyance, gestuel et charnel, différent selon chacun, que de se lever le matin.