Du baroque, Agualusa semble retenir au moins le « maniérisme », c’est à dire l’usage exacerbé d’artifices. Barroco tropical est un vrai feu d’artifices. On ne sait plus où donner de la tête et des yeux tant la désorientation (organisée) fait littéralement imploser le lecteur.
Serait-ce une des singularités des Tropiques ? L’auteur nous la fait partager en tout cas. Et ce Tropique, baroque, n’est pas triste.
Imaginez, une femme tombe du ciel (ça n’arrive pas tous les jours), votre maitresse vous quitte (ça arrive plus souvent, surtout quand il s’agit d’une maitresse), et, du coup (tropisme du pli et du dépli ?) le narrateur décide (ou ne décide pas, c’est sans doute un destin) de chercher, quêter, enquêter…
Dès lors les phénomènes deviennent phénoménaux – sans blague.
Et les personnages, bien campés et concrets, défilent et déferlent dans des tableaux d’une exposition littéralement explosive.