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Le ménage de toute la maison

Ecrit par Patrick Chavardès , le Mercredi, 20 Novembre 2013. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Ce matin-là, il faisait un temps splendide. Réveillé par un passereau particulièrement bavard, je m’étais levé avant Mathieu. En fonction de la météo, j’avais prévu de faire du ménage mais, une fois dehors, je n’avais pas résisté à la terrasse, à la chaise longue et aux lunettes de soleil. Après tout, j’étais en vacances et le ménage pouvait attendre…

J’étais en train d’admirer le paysage quand Mathieu fit son apparition sur le théâtre de verdure. Je dus me lever afin de sacrifier au rituel du petit-déjeuner. Comme de coutume, Mathieu était en verve. Je donnais la réplique, dénombrant et nommant chacun des aliments, chacun des ustensiles qui composaient ce repas matinal.

Puis vint le moment de décider du programme de la journée. De toute façon, il fallait passer à l’action. Déjà, Mathieu prenait les devants, rappelant qu’aujourd’hui nous devions tenir les promesses de la veille :

Une chance noire

Ecrit par Patrick Chavardès , le Jeudi, 10 Janvier 2013. , dans La Une CED, Ecriture

 

Comme une chance noire, à un moment donné dans ma vie, n’étant plus aimé, je n’aimais plus celle que j’avais aimée huit ans durant. L’amour (puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, faute de mieux), avait été l’un des rares évènements qui comptent dans mon existence.

Pour moi, il n’était pas question d’affronter cette chute, mais plutôt de m’abandonner à elle, de lâcher prise, je comprenais que l’on ne maîtrise rien du début à la fin et qu’aimer c’est surtout perdre en se perdant, en jouissant de l’ivresse de la perte. Sans doute, ne plus aimer, ne plus être aimé c’est être perdu, inconsolable.

Ainsi, conscient que rien n’allait plus et n’irait plus comme avant, j’anticipais le deuil de cet amour par la pensée, le couchant sur le papier et tentant une nouvelle fois de m’accommoder au mieux du silence et de la solitude. A la cadence de tout ce qui s’en allait, tout en me revenant en mémoire, je faisais chaque jour le même parcours le long du fleuve. Le rythme de la marche tempérait la violence des émotions liées au souvenir toujours vivace.