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Articles taggés avec: Mustapha Saha

Regard sémiotique sur la peinture intemporelle d’Ahmed Cherkaoui, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Vendredi, 20 Avril 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

 

 

_____________________________________En 1967, le peintre Ahmed Cherkaoui est terrassé par une maudite infection à l’âge de trente-deux ans. Foudroyé par le feu de la création comme s’il n’est passé sur terre que pour imprimer son message. L’Ange bleu s’exécute en présage. Un demi-siècle plus tard, sa peinture trace toujours son sillage.

Où sont les philosophes ?, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Mardi, 27 Mars 2018. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Où sont libres parleurs au forum des torcols

Où sont merles moqueurs des belles tragédies

Où sont magots railleurs aux barbes des blancs cols

Où sont génies farceurs des saintes parodies

 

Où sont veilleurs d’esprit dépurés de pétrole

Où sont déconstructeurs d’imprenables bastilles

Où sont maîtres-penseurs délivrés du contrôle

Où sont débroussailleurs d’impossibles tortilles

L’Arpenteur d’infini, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Vendredi, 23 Mars 2018. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Mille trois cent cinquante au creux du siècle sombre

Je n’eus que l’abaque pour tromper mon angoisse

Et les chiffres romains pour supputer les nombres

Quand la grande peste dépeuplait les paroisses

 

J’acquis l’art des échecs pour braver la Camarde

Elle misait du temps je jouais mon destin

Vainqueur je repartis sous mon manteau de barde

Vers d’autres royaumes sans macabres festins

Mohammed Khaïr-Eddine, le poète médusé, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Vendredi, 09 Mars 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Mohammed Khaïr-Eddine, foudroyé par la camarde en pleine force de l’âge, traverse la littérature comme une étoile filante, emportant, dans son auto-consumation flamboyante, ses révoltes épidermiques, ses transgressions pathologiques, ses arborescences stylistiques. L’éternel adolescent atrabilaire taille très tôt, à coups de néologismes ravageurs, sa statue d’enfant terrible, cuirassé dans la carapace d’arthropode, cerné d’indomptables antipodes, halluciné de tragiques apodes. De métamorphose en métempsychose, l’ombre de Kafka veille sur son écritoire. La nausée s’éclabousse en échappatoire. Entre verve accusatoire et sentence abrogatoire, la stance, infusée d’oralité prosaïque, multiplie semonces et réquisitoires. Les rafales de mots, dissociés de leur structure sémique, médusent la critique. Le sens s’engloutit dans la bétoire anaphorique. La plume injecte sa glaire polychrome dans l’incandescente blessure butinée par des abeilles sauvages. La cruauté se constelle dans l’entrechoc des syntagmes. Les paradoxes s’étouffent dans le diaphragme. L’indéfinissable souffrance se dénaturalise dans la vocalise. Les sinuosités significatives s’entremêlent jusqu’à l’électrocution libératrice. Une écriture parodique, taraudée par l’oubli, allergique aux prérogatives établies, destructrice des paradigmes prosodiques. L’insubordination systématique s’idéalise.

Yasmina Chellali, Etoile du Sud de la haute couture, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Lundi, 29 Janvier 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Il est des astres de l’art comme l’étoile du berger, luminosités imperturbables dans les nuées évanescentes, qui traversent les remous de l’histoire sans jamais quitter leur orbite. Ainsi en-est-il de Yasmina Chellali. Le regard de velours de la doyenne du stylisme cache un caractère de fer, rescapé de tous les enfers. L’élégante silhouette dissimule, sous savante modicité, les magnificences du passé et les secrètes meurtrissures. Qu’importent les souvenances inaltérables, les célébrations mémorables, les blessures incurables, son âme et son esprit n’ont d’autre confidente que la muse inséparable. L’art est son indissociable berceau, l’œuvre en gestation son thaumaturgique sceau.

Les conversations avec Yasmina, curiosité vive à l’affût de l’actualité brûlante, se focalisent invariablement sur les thématiques artistiques. L’art pour toujours est sa raison totale et sa respiration vitale. Cette sensibilité toujours en éveil éclaire, comme une torche immuable, son vécu d’une étonnante cohérence. Elle vit la créativité comme une énergie intérieure, indéfinissable, imparable, indomptable, une grâce donnée à la naissance comme un impératif d’existence. Sa maîtrise technique s’improvise des inventivités imprévisibles quand Phébus indique des chemins insoupçonnables, quand l’imaginaire en branle déborde les territoires. L’artiste, explorateur émotif de l’invisible, guetteur intuitif de l’impondérable, sans d’autre sémaphore que ses illuminations pulsatives, n’est-il pas un véhicule de visions qui le dépassent ?