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Déserts, par Monika Madrigali

Ecrit par Monika Madrigali , le Mercredi, 04 Novembre 2015. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Elle ne peut se défaire, dans ses rêves, de la vision du désert ; quelque chose en elle est toujours présent : une indicible émotion ainsi que des images, un souvenir, une clarté ou un mot, quelque fortuite allusion à cet espace infini, déjà lointain au point qu’elle a envie de pleurer quand la grisaille de l’Europe la fait succomber à la nostalgie.

Un ami a observé qu’elle était revenue de ce voyage, purifiée. C’est sans doute vrai et évident puisqu’elle sent dans son être profond une légèreté qu’elle ne lui connaissait pas, une sensation délicieuse qui ne manque jamais de la réconforter quand le froid et la pluie lui emprisonnent l’esprit.

Envoûtée par les dunes mouvantes, par la lumière et l’absence d’odeurs – ce qui devient en cela même « le parfum du désert » par l’évanouissement progressif de l’acidité des villes, des senteurs de menthe, des relents de fritures ou des effluves humaines : haleine, sueurs, crasse, haine ou amour. Dans le désert, rien de tout cela et la perception de cette absence, la lente atténuation d’un contexte olfactif connu devient obsédante.

La Nuit du Dauphin bleu, par Monika Madrigali

Ecrit par Monika Madrigali , le Lundi, 05 Octobre 2015. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Les caractères grecs se détachent sur le blanc émaillé de son flanc : Le Dauphin bleu, le nom du voilier comme un heureux présage ; peints en bleu, ils semblent indiquer la parfaite union du bateau avec la mer et des affinités tout à fait secrètes avec la Méditerranée. Un univers millénaire est ainsi évoqué dans sa simplicité essentielle. Comment ne pas subir la magie d’une telle intuition ? Le hasard n’est jamais assez vaste pour accueillir un être amoureux de la mer et nourri de sa culture.

La mer qui déroule ses vagues le long de la coque, sème des embruns salés sur leurs peaux, les enrichissant de gouttelettes brillantes dans lesquelles le soleil se reflète, on pourrait penser aux épidermes pailletés des sirènes. Rien d’autre ne sait donner aux corps cette senteur magique car, à chaque instant, le mystère s’intensifie par la volonté de Dieux antiques. Il suffirait de fermer les yeux pour entendre le chant de ces êtres mythiques mi-femme, mi-poisson, ou encore apercevoir le mirage aquatique d’un Neptune gigantesque qui ouvrirait la route au petit voilier blanc.