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Articles taggés avec: Mohammed Yefsah

Entretien avec Saïd Oussad - Les Chemins inutiles

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Jeudi, 15 Janvier 2015. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

 

Les Chemins inutiles, publié aux éditions L’Harmattan en France, est le premier roman de Saïd Oussad. Grand reporter au quotidien Liberté, il est le premier journaliste à avoir interviewé un chef terroriste lors de la décennie noire algérienne. Son roman, aux accents noirs, s’inspire de cet épisode. Cette œuvre est riche d’une écriture captivante et de la rétrospection du personnage principal, pris dans la spirale de la violence.

 

Entretien :

Vous venez de publier votre premier roman en France, « Les Chemins inutiles ». Commençons par le titre. Quel sens lui donnez-vous ?

Pablo Neruda, Poète du siècle, poète de toujours

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Vendredi, 25 Octobre 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

 

Pablo Neruda, grand poète du siècle dernier, poète de toujours, a marqué à jamais de son empreinte la littérature mondiale. Le poète chilien, né à Parral le 12 juillet 1904, meurt à Santiago le 23 septembre 1973. Quarante ans après sa disparition, les éditions Gallimard rééditent plusieurs de ses œuvres. Il est l’un des rares poètes ayant obtenu le prix Nobel de la littérature, quasiment toujours attribué à des romanciers. Son vrai nom est Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto. Il choisit un nom de plume en hommage au poète tchèque Jan Neruda (1834-1891), après avoir lu Contes de la Malá Strana. Les titres de son célèbre recueil Chant général et Chants cérémoniels sont probablement un clin d’œil aux recueils Les Chants cosmiques (1878) et Chants du vendredi saint (1896) de Jan Neruda.

Liquidations à la grecque, Petros Markaris

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Mercredi, 06 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Roman, Polars, Seuil

Liquidation à la grecque, 2012, trad. du grec Michel Volkovitch, 327 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Petros Markaris Edition: Seuil

 

Grandeurs et limites de Robin des Bois

 

C’est à la Grèce de la tourmente, de l’angoisse et du lendemain incertain, retentissement de la crise économique, que s’intéresse Liquidations à la grecque, dernier roman de Pétros Márkaris, et bien sûr au crime, au sens large, puisqu’il s’agit d’un roman policier.

En suivant l’enquête du commissaire Charitos, meurtre après meurtre, le narrateur nous plonge dans la Grèce actuelle et dans le système financier. Le commissaire mène son investigation dans une Athènes rythmée par les embouteillages, causés par les grèves et l’agitation sociale. La tension des masses se faufile, de passage en passage, au cours des déplacements de Charitos. Une poignée d’hommes, riches et puissants, demande à la majorité de se serrer la ceinture, de trimer plus. Dans l’angoisse, parfois le désespoir, cette majorité dans un premier temps calcule ses centimes, recourt à la débrouille, réinvente la solidarité pour ne pas sombrer. Sauver l’immeuble en feu, dans le brouillard de la fumée, c’est ce qu’exige le pyromane. A la violence souterraine, silencieuse, aux allures légales, répond la violence lisible, sur soi ou pour contester par la lutte.

La langue française sous la loupe d'un traducteur

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Lundi, 17 Septembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

Coups de langue, Michel Volkovitch, Editions Maurice Nadeau, 2006, 18 €

Coups de langue de Michel Volkovitch, chroniques publiées durant six ans dans le bimensuel la Quinzaine Littéraire, est une succulente immersion dans la langue française. Enseignant d’anglais et de français à la retraite, traducteur de grec, l’auteur livre un regard ingénieux, amoureux de la langue française, et il n’hésite pas des comparaisons avec d’autres langues. La beauté n’a pas de frontières. Ces Coups de langue, comme la langue qui goûte fugacement le dosage des épices d’un plat qui mijote, langue qui lèche une matière, sont de véritables cours de langue.

Michel Volkovitch s’est fait le plaisir d’explorer le rythme, le sens, l’endurance, la faiblesse, le poids, la texture des mots. Au détour et autour de mots, la musicalité, la cacophonie, l’harmonie, le silence des syllabes n’échappent pas à l’oreille du traducteur. Il livre à cœur ouvert ses amours et ses déceptions de la tournure d’une phase, de l’emplacement d’une virgule ou de la mesure d’un mot – au sens vocal – en évoquant des romans, des poèmes ou simplement des paroles entendues. Sur une soixantaine de papiers, l’auteur donne à regarder et à (re)lire autrement des œuvres, à sentir, à saisir des extraits, poétiques ou romanesques, notamment de la littérature française. Balzac, Flaubert, Sartre, Michaux, Camus, Modiano, Pierre Ahnne, Valérie Rouzeau, et autres noms, connus et peu connus, des siècles passés ou contemporains, sont passés à la loupe.

L'imposture algérienne d'Onfray

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Mardi, 04 Septembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers

L’entreprise néocoloniale de Michel Onfray a démarré sa machine en Algérie. Dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien El Watan du 10 août 2012, il récidive par la mauvaise foi, le mensonger et une connaissance approximative de l’Histoire de l’Algérie. Sa haine de Jean-Paul Sartre est à la taille de sa fascination pour les puissants. Onfray est libertaire (1) seulement dans sa proclamation. Il est l’expression du moult du néolibéralisme, pour lequel l’émancipation des peuples anciennement colonisés est une défaite à surmonter. La coqueluche des médias force la lecture des œuvres d’Albert Camus pour en faire un homme qui ne fut pas pour la colonisation. Onfray fait d’ailleurs dans l’esprit camusien par sa posture d’apparence ni pour la colonisation, ni contre la colonisation.

Outre ses attaques répétées contre Sartre et les intellectuels français qui défendirent l’émancipation du peuple algérien, notamment dans son dernier livre, L’ordre libertaire : la vie philosophique d’Albert Camus, Onfray arrive au summum de la bêtise en accusant Edouard Saïd d’une « lecture raciale et raciste » des œuvres d’Albert Camus. Attaque-t-il par ricochet la cause palestinienne ? Il n’y a aucun doute. D’une pierre deux coups. En tout cas, il n’a jamais caché son sionisme. Onfray n’hésite aucunement à défendre le journaliste Éric Zemmour, pourtant condamné par la justice française pour propos racistes, en lui témoignant respect lors d’une émission télé (On n’est pas couché du 17 mars 2012, de Laurent Ruquier).