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À la recherche de la bénédiction, par Mbarek Housni

Ecrit par Mbarek Housni , le Vendredi, 01 Avril 2016. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

L’endroit baignait dans un calme de désert. On aurait dit que rien d’humain ni de vital n’y bougeait. Il y a des années, on entendait à longueur de journée, dans l’enclos extérieur, les bêlements des brebis et des chèvres. Les écuries et les étables réunies dans une même enceinte à l’intérieur regorgeaient du mugissement incessant des vaches, des braiments des mulets et des ânes. Et il y avait toujours des personnes tout près, occupées d’une quelconque besogne de fermiers, et une marmaille aux pieds nus chahutant, courant parmi les cactus et les figuiers ou sautant par-dessus les courts murets de pierres. Sans oublier le chien qui somnolait à l’ombre ou aboyait si une odeur d’un passant ne lui disait rien.

Maintenant, un vide ensoleillé tout en blancheur lui faisait face, où dominait le crissement des cigales. Et des granules de poussières s’y mouvaient et il eut l’impression en y arrivant de les avoir soulevés, rien qu’en contemplant toute cette scène de désolation. Sa seule présence faisait secouer cette nature morte et délaissée.

La chasse à l’insolite

Ecrit par Mbarek Housni , le Vendredi, 17 Avril 2015. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

 

Je suis photographe et je vadrouille tout le temps à la recherche de scènes susceptibles d’être insolites. Lorsqu’elles se présentent, une forte excitation m’envahit et je fais tout pour ne pas les rater. Mes yeux, mes doigts et tout mon corps ne font alors qu’un. Je me transforme en une machine qui capte des photos avec la frénésie d’un possédé pris dans une bulle qui se dissipe par la suite. En général, je me sens délivré, comme après avoir pris un bain.

Un jour, une de ces situations inopinées se manifesta devant moi à la suite d’un concours de circonstances, dans l’allée d’un petit square. Un coin paisible et accueillant, niché entre deux ruelles, juste après le quai de Béthune. On était au mois de novembre et il faisait froid. Le ciel était bas jetant sur le monde les ombres doucereuses d’un automne paisible. Seuls de légers remous de feuilles qui jonchaient la terre brisaient cette quiétude.

Deux nouvelles en une : Saisons à l’avenue de Saint-Ouen

Ecrit par Mbarek Housni , le Samedi, 23 Août 2014. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

 

Il y avait un air de saison hivernale en ce mois d’aout.

La matinée était pluvieuse et froide, et je n’avais pas de parapluie en sortant de l’hôtel Etap1. Je ne croyais pas en avoir besoin, ce qui ne me dérangeait en aucune façon. Au contraire, pour moi, la journée paraissait merveilleuse et belle ! J’étais heureux comme un papillon voletant gracieusement de fleur en fleur. J’ai longé l’avenue de Saint-Ouen, enchanté par cette pluie et emporté par cette joie. Je saluais les façades des vieux immeubles, les fenêtres aux rideaux blancs froufroutant qui couvaient le secret, les pots de fleurs qu’on arrosait en silence. J’admirais les vieilles portes aux poignées en cuivre ancien, ces témoins des siècles révolus qui ont confectionné les vies de ses habitants. J’avais l’impression de danser et me demandais si j’étais réellement dans ce quartier, vraiment dans le 18ème arrondissement.