Identification

Articles taggés avec: Marie Elora Bernard

Anatomie d'un instant, Javier Cercas

Ecrit par Marie Elora Bernard , le Mardi, 04 Juin 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Histoire, Espagne, Récits, Essais, Actes Sud

Anatomie d’un instant, Trad. Esp. par Aleksandar Grujicic et Elisabeth Beyer mars 2013, 480 pages, 10,50 € . Ecrivain(s): Javier Cercas Edition: Actes Sud

 

 

Le 23 Février 1981, Javier Cercas a 19 ans et n’est pas encore un auteur reconnu. Ce jour-là, son pays connaît une tentative de coup d’Etat… Une habitude pour ce pays qui en a vécu une cinquantaine en deux siècles.

Cela l’aura marqué puisqu’en 2006, l’auteur reconnu – notamment pour Les soldats de Salamine – qu’il est devenu, décidera de faire de cet événement historique un roman. Il échouera et l’avouera :

« Incapable d’inventer ce que je savais de l’événement pour tenter d’en illuminer la réalité par la fiction, je me suis résigné à le raconter ». C’est ainsi qu’il va une nouvelle fois disséquer une fracture de L’Histoire, cette frontière entre le bien et le mal, les gentils et les méchants, pour nous offrir Anatomie d’un instant, œuvre qui court sur plus de 400 pages d’une rare densité.

So shocking !, Alan Bennett

Ecrit par Marie Elora Bernard , le Mardi, 23 Avril 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Folio (Gallimard), Iles britanniques, Nouvelles

So Shocking !, traduit (GB) par Pierre Ménard), Mars 2013, 193 p. 13,50 € . Ecrivain(s): Alan Bennett Edition: Folio (Gallimard)

 

Alan Bennett est un auteur anglais que l’on connaît souvent pour son roman, paru chez Denoël en 2009, La Reine des Lectrices. Cet auteur est connu pour être drôle… à condition d’être sensible à l’humour anglais parfois osé, sans tabous et surtout pas équivoque ! Ce petit livre porte très bien son nom So Shocking ! tant il est décomplexé voire hilarant. Mieux vaut le savoir.

Avec ce titre, il ne faut pas se faire avoir. Ce n’est pas un roman mais deux nouvelles abordant les thèmes chéris de l’auteur : l’impossible cohabitation du couple homme-femme et la société anglaise complètement coincée socialement et sexuellement.

En effet, So shocking aborde sans fard le monde de la sexualité. Mais, attention, nous ne tombons jamais dans la vulgarité. Là, est la force d’Alan Bennett.

A l’heure actuelle, voir un corps dénudé n’est plus synonyme de choc même si cela dépend du contexte et de la pose plus ou moins suggestive. Suivant l’âge, aussi.

Alan Bennett fait sourire plus d’une fois dans des moments qui ne s’y prêtent guère. Pour apprécier cet humour très particulier, il faudra s’armer d’un bon esprit sarcastique et du recul.

Des larmes sous la pluie, Rosa Montero

Ecrit par Marie Elora Bernard , le Vendredi, 29 Mars 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Espagne, Roman, Métailié

Des larmes sous la pluie, trad. espagnol Myriam Chirousse, janvier 2013, 402 pages, 21 € . Ecrivain(s): Rosa Montero Edition: Métailié

 

Nous sommes en 2109, à Madrid. Notre monde a considérablement changé. Nous ne sommes pas seuls dans l’univers et la technologie a connu de formidables avancées. Une nouvelle espèce dont la vie n’excède pas dix ans, a vu le jour – les techno-humains (ou réplicants ou reps). Afin qu’ils se sentent le plus humain possible, on a implanté des souvenirs de jeunesse dans leur cerveau. Mais leur vie n’est pas douce pour eux et ils sont nombreux à sombrer dans la drogue ou l’alcool pour oublier les mensonges qu’on leur fait.

Bruna Husky, personnage central de ce roman, est une ancienne réplicante de combat reconvertie en détective privé. Il ne lui reste que quatre petites années à vivre et ses affaires ne tournent pas. Alors qu’elle cherche de nouveaux clients, sa voisine de palier tente de l’assassiner avant de se suicider en s’arrachant un œil. Il va se révéler que ce genre de suicide n’est pas une première et inquiète les autorités. Pourquoi cette vague de violence ? Qui pourrait avoir décidé de s’en prendre aux reps ? Une chose est sûre : notre protagoniste a décroché un nouveau contrat et son enquête va rapidement s’apparenter à une course contre la montre.

La servante et le catcheur, Horacio Castellanos Moya

Ecrit par Marie Elora Bernard , le Jeudi, 14 Mars 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Amérique Latine, Métailié

La Servante et le Catcheur, Trad. de l'espagnol (Honduras) par René Solis, 235 p. 20 € . Ecrivain(s): Horacio Castellanos Moya Edition: Métailié

 

 

Horacio Castellanos Moya est le genre d’auteur que l’on rencontre assez peu en France. Il a grandi entre le Honduras et le Salvador. Après une dizaine de romans publiés dont sept ont été traduits en français, il se révèle que l’auteur, nous offrant ainsi une œuvre d’une grande cohérence, est préoccupé par une chose : la dénonciation d’une violence endémique en Amérique Centrale. Alors que, dans les premiers romans, ce thème est traité avec un humour noir indéniable, il est affronté plus directement avec Effondrement (Les Allusifs, 2010) puis avec La servante et le catcheur.

Avec ce roman, nous partons pour 48 longues heures au San Salvador durant la guerre civile qui fait rage à la fin des années 1970. Kidnapping, viols et tortures sont monnaie courante et le danger est à tous les coins de rues.

Horacio Castellanos Moya offre quatre points de vue à son histoire :

Ressacs, Yann Dupont

Ecrit par Marie Elora Bernard , le Vendredi, 08 Mars 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Editions Kirographaires

Ressacs, 201 pages, 17,95 € . Ecrivain(s): Yann Dupont Edition: Editions Kirographaires

Louis, le narrateur, est un jeune homme timide dont l’attitude va devenir détestable voire dérangeante. Le ton est donné dès les premières pages : alors que sa seconde femme est en train d’accoucher, il n’est pas auprès d’elle, préférant la tromper sous le toit conjugal. A côté de cela, il nous narre sa jeunesse, sa rencontre avec son premier amour, Jeanne, et son premier mariage (arrangé) avec Elizabeth. Les sentiments ne sont pas réciproques et si Louis a épousé cette femme, c’est parce qu’il n’a pas été capable de dire « non » à sa famille, d’assumer ses sentiments pour une autre femme. Un mariage par dépit.

« Ni belle, ni laide, Elizabeth avait le caractère agréable. Une bonne éducation et de bonnes manières. Pour un arrangement familial, j’aurais pu m’en accommoder ».

Cette histoire ne fait pas partie de celles possédant une réelle intrigue mais elle en reste, néanmoins, complexe. Si Louis se repent plus ou moins de ses actions, cela manque d’originalité mais cela reste efficace. Yann Dupont emmène le lecteur dans le Paris des années cinquante et soixante, en peignant un portrait des bourgeois pour lesquels laisser le choix des amours n’est qu’impossible. Par conséquent, l’ambiance peut être lourde entre mariage arrangé, honneur, famille, respect et adultère. Ce dernier thème est celui qui risque le plus de déranger puisqu’il paraîtra tour à tour intolérable et compréhensible.