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Faut-il ?, par Léonore Fandol

Ecrit par Léonore Fandol , le Lundi, 07 Décembre 2015. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

Faut-il avoir froid sous la peau

du chagrin à voix basse

pour se réfugier dans la douleur

ou encore risquer les conflits noirs d’une maigre colère ?

 

Faut-il avoir du génie

pour comprendre les offenses

les intrigues et les malentendus

tous ces trucs aux parfums de ferraille

ou encore plaider l’exaltation, l’assurance d’une vengeance ?

A la fois je me souviens (nouvelle)

Ecrit par Léonore Fandol , le Jeudi, 20 Février 2014. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

 

 

 

 

à la fois je me souviens

après c’est autre chose qui vient

 

la sueur, un souffle qui me laisse lourde

 

parler doucement, comprendre et se débrouiller

Je reviens d'où je viens

Ecrit par Léonore Fandol , le Lundi, 02 Septembre 2013. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

Je reviens d'où je viens

Ce qu’une vie, de l’enfance à l’après, subit, ce n’est rien (qu’) une bouffée de rage qui salit les années.

 

Ayant protégé son enfance à travers, en fond de bois, au plus loin, elle sait le noir obsédant, l’imprévisible du précipice ; par moment elle balance entre sa force vive et la précision d’un envol vers l’éloignement, à travers un éclat dans le mur, sanglots brisés.

– Ça ne va pas

 

Effacer tout au fond sa condition d’humain

voiler la mémoire, ses fruits

Tourne page en marche, à rebours

Les illusions se transforment en gravats.

– J’ai fait pipi

Confidence fantaisie

Ecrit par Léonore Fandol , le Mardi, 20 Novembre 2012. , dans La Une CED, Ecriture

Ma mère se déguisait d’un tablier et d’une casserole pour nous préparer le dîner, boite de conserve ou plats orientaux, exotiques, sophistiqués, présentés dans de la vaisselle ancienne et rare qu’elle tenait d’elle ne savait plus où, plus qui ni à quel prix.

Il s’agissait de pièces à l’unité, au mieux à la paire, mais nous étions rarement plus nombreux. Il en allait de même pour les verres et les couverts, les nappes, carafes, et chandeliers. La table n’était jamais dressée deux jours de suite de la même manière, couleur, époque ou valeur. Il nous arrivait aussi de manger dans les plats, signés bien sûr : Limoges, Sèvres, Quimper et tous les autres hauts lieux spécialisés. J’apprenais ainsi la géographie en mettant le couvert, en essuyant et rangeant la vaisselle.

Ma mère avait des cheveux de renard furieux qui refusaient le chapeau ; une aile rousse déployée comme un rêve. Elle avait l’arrogance des dimanches matins au fond de la ruelle où elle planquait nos prouesses derrière des rideaux de draps en dentelle. Elle aimait la pluie sans parapluie, dans la cour carrée où l’hiver le linge se couvrait de mousse et en été séchait si vite qu’en une heure il était amidonné bien mieux que dans n’importe quelle blanchisserie de qualité. Elle sortait en forêt pour respirer le vrai monde, celui des poètes et de la mer. Elle s’asseyait comme sur un rivage, agitait les bras dans un simulacre de nage et pleurait en chuchotant à mon oreille comme sur l’oreiller que le bruit l’ensommeille.

Pourtant Décembre

Ecrit par Léonore Fandol , le Vendredi, 20 Juillet 2012. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Pourtant, des bribes de conversation, comme des poussières de paille, viennent jusqu’au milieu de la cuisine.

La mère ne parle pas. La réputation du père porte à l’admiration et conforte un certain équilibre.

C’est un printemps aux parfums domestiqués.

Les cartons et les papiers forment dans l’atelier un champ de guirlandes, de pavés, de secrets à déflorer, plus tard dans la soirée.

Les bonnes manières ont enfermé la maladresse et les soupirs dans le voûté des épaules, dans la maison sans jardin.

Elle a décidé de remplir sa valise de lingerie, de flacons, de petits riens et chaque heure passée endort ses espoirs de départ.

Seulement sortir les ordures, le chien.