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Nous ne sommes pas nous-mêmes, Matthew Thomas

Ecrit par Laurie Nallet , le Mercredi, 01 Juillet 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, USA, Belfond

Nous ne sommes pas nous-mêmes, janvier 2015, trad. de l’anglais (USA) Sarah Tardy, 828 pages, 23 € . Ecrivain(s): Matthew Thomas Edition: Belfond

 

Un roman de huit cents pages déroulant avec une simplicité envoûtante l’existence d’une femme sur toute la moitié du XXe siècle, délimitée par les frontières du Queens, juste à côté du clinquant Manhattan dont les symboliques vitrines de Noël de la Cinquième Avenue reviendront au cours du roman comme un leitmotiv plus ou moins sarcastique ou émouvant selon les circonstances.

Eileen est issue de l’une des milliers de familles irlandaises débarquées aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle. Elle traverse vaillamment une enfance pauvre et sans insouciance, mère alcoolique en prime, et rêve de toutes ses forces d’habiter plus tard l’une des belles demeures de Jackson Heigts, entourées de pelouse sur laquelle il est interdit de marcher.

Dans les moments les moins reluisants de sa vie, nombreux et racontés sans complaisance, on n’oublie jamais ce petit soldat de la vie dopé à l’american dream, non pas pour excuser les travers d’un personnage parfois difficilement attachant – car très matérialiste et d’une dureté qui frôle souvent l’insensibilité – mais pour comprendre le désir féroce et tellement humain qui l’anime. Devenue infirmière, elle mène sa carrière d’une main de fer et épouse Edmund Leary, d’origine irlandaise comme elle et scientifique lunaire entièrement dévoué à son travail de professeur.

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, Susin Nielsen

Ecrit par Laurie Nallet , le Mardi, 26 Mai 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Canada anglophone, Jeunesse, Editions Hélium

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, trad. de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec, 248 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Susin Nielsen Edition: Editions Hélium

 

Après la tragédie qui a frappé sa famille, Henry, treize ans, a déménagé sur l’île de Vancouver avec son père. Un père qui prend des bières accompagnées de Prozac, à l’apéritif, et qui tient le choc tant bien que mal. Le garçon mange de la pizza tous les soirs devant les matchs de catch – sa grande passion –, sa chambre sent le curry à cause de Monsieur Atappatu le voisin un peu trop collant de l’appartement d’à côté, ses nuits sont gâchées par de terribles cauchemars, et sa mère pleure à chaque fois qu’elle lui téléphone. Ah oui, aussi, Henry est obligé de consulter un psychologue ringard qui porte un chouchou et avec qui il est incapable d’aborder frontalement ce qu’il vient de vivre. Alors il fait le robot : « Nous n’avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m’y amener l’air de rien. Il me pose parfois des questions orientées. Mais quand il le fait je prends ma voix de robot pour lui répondre. “Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce-d’humanoïde” ».

Finalement le garçon suit les conseils du psy et commence à tenir un journal. D’où le sous-titre du roman : « (écrit uniquement parce que mon psy y tient, mais franchement c’est moisi) ».