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Articles taggés avec: Laurence Biava

Une éducation catholique, Catherine Cusset

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Gallimard

Une éducation catholique, août 2014, 132 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Catherine Cusset Edition: Gallimard

 

Catherine Cusset est au meilleur de sa forme, ce livre au parfum d’autofiction et cette plume grinçante en témoignent. Marie, la narratrice, est une drôle de petite fille, pétrie de contradictions, pas farouchement sympathique – contrairement à ce que le début du livre tend à faire croire. Très pratiquante, à l’instar de son père qu’elle accompagne sans moufter à l’église, elle s’adonne bien à quelques bonnes actions, mais passe son temps à voler au supermarché et à haïr sa sœur aînée – son opposée enviée, aussi sportive, dégourdie et hardie qu’elle est trouillarde, pleurnicheuse et bosseuse. Elle a 13 ans. Quant à sa mère, de confession juive, elle n’a pour les choses de la foi qu’une indifférence teintée de mépris.

Marie raconte comment la genèse de son éducation religieuse irrigua son éducation sexuelle et sentimentale. Catherine Cusset, par la grâce d’une écriture fine et ciselée, nous épargne en cela tous les clichés de la psychologie de comptoir.

Les Augustins, Mélisa Godet

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 28 Octobre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Jean-Claude Lattès

Les Augustins, juin 2014, 251 pages, 15 € . Ecrivain(s): Mélisa Godet Edition: Jean-Claude Lattès

 

Mélisa Godet a écrit un premier roman très maîtrisé : c’est un récit choral qui redonne la voix aux sans-papiers. Dans cette galerie de personnages qui évoluent en tribu, il y a Malika, l’héroïne principale : journaliste, l’entreprise « La boîte à info », pour laquelle elle travaille, lui demande une série de reportages sur le squat de la rue des Augustins. Intégrée dans cet univers d’abord totalement inconnu, elle se lie aux habitants et partage avec eux leur quotidien. Ainsi, au contact de Lino, Marc, Gabor, Jacquotte et quelques autres, toujours très émouvants, la jeune journaliste allume son magnéto et découvre les derniers recours, ainsi qu’une vie alternative dans laquelle elle plonge également, une forme de système D du quotidien.

Au travers du prisme narratif de chaque personnage (1 chapitre = 1 personnage différent), on découvre dans ses grandes largeurs la vie très hétérogène du squat des Augustins, géré par une association militant pour le droit au logement des plus démunis. Et la jeune Malika investit alors ce monde sur lequel, il est vrai, la société ne jette surtout que des regards méprisants. De surcroît, en redonnant une parole aux squatteurs, elle trouvera les réponses à ses propres questions.

L’eau vive des falaises, Murielle Compère-DeMarcy

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 20 Octobre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Encres vives

L’eau vive des falaises, mai 2014 . Ecrivain(s): Murielle Compère-Demarcy Edition: Encres vives

 

Murielle Compère-Demarcy décline ici l’un de ses thèmes de prédilection : celui de la falaise, dans toute un palette de métaphores, et dans toute sa symbolique.

Chaque poème exprime la force cassante de la falaise aux prises avec la puissance des éléments chaos-cosmiques. C’est le flux de l’éphémère immuable de la falaise aux prises avec le temps.

Parfois c’est la falaise qui éclabousse contre laquelle palpite l’effritement du dire ; c’est encore la falaise exprimant l’effritement du corps éprouvé lors de l’amour durable dans la force sentimentale de sa fragilité.

C’est la falaise qui grouille contre vents et marées. La falaise à contre-courants. La falaise friable irriguée par les sources. Comme la poésie. Comme les sentiments.

Expo 58, Jonathan Coe

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 15 Octobre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Iles britanniques, Roman, Gallimard

Expo 58, traduit de l'anglais par Josée Kamoun, mars 2014, 326 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jonathan Coe Edition: Gallimard

 

Jonathan Coe revisite dans son nouveau roman, Expo 58 – le dixième ! –, de façon extrêmement parodique et satirique l’Expo­sition universelle et internationale de Bruxelles 1958.

Le récit faussement facétieux s’oriente vers les coulisses de cette grand-messe censée sceller l’entente cordiale entre les peuples. Le but affiché est chimérique mais le lecteur, frappé par la mélancolie du propos global et de la narration, ne le sait pas tout de suite : « l’Exposition universelle est de contribuer à promouvoir l’unité du genre humain, dans le respect de la personne humaine ». On se souvient que pour les Belges, cet événement eut son heure de gloire qui a marqué durablement la conscience collective (de leur peuple). Il n’en fut pas autant pour les Français et les Anglais qui, eux, l’ont presque complètement oublié. Il faut lire les essais historiques sur la Grande-Bretagne les pans sur la mémoire artistique et culturelle de notre voisin pour s’apercevoir que l’Expo de 1958 n’est pas mentionnée une seule fois. Cet oubli – pire même, cette ignorance – affectent manifestement Jonathan Coe.

Colloque scientifique, Mouans-Sartoux, Laurence Vanin, Editions Ovadia

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 08 Octobre 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

Entretien à propos de la collection Label-Idées et résumé d’intervention donnée au Colloque scientifique de Mouans-Sartoux le 11 septembre à propos de « la conscience et la complexité dans les choix philosophiques de Winnie l’Ourson ».

 

1) Depuis quand existe cette collection aux Editions Ovadia ?

 

Elle existe depuis une année environ et comporte à ce jour les trois premiers titres dont L’énigme de la rose : les richesses philosophiques du petit prince, qui est en lice pour le prix de la Littérature du Savoir et de la Recherche 2014. C’est très encourageant… Les aventures du moi : les voix philosophiques de Winnie the pooh, ou encore Tintin et Hergé : une aventure de la pensée suivi de Où sont les femmes ?