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Ismaël, par Khalid El Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Jeudi, 31 Août 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

J’ai tes yeux.

Avant que je le prononce. Invisible.

Je vois un fantôme dans une veine invisible.

J’ai tes yeux.

On ne se souvient pas. Invisible.

Je vois un fantôme dans une graine invisible.

Je ne sais pas rire. J’ai tes yeux et tes dents.

Noires au fond mais blanches. Invisible.

La pluie tombera dans ma bassine invisible.

Ismaël invisible.

Fils invisible.

Sans voix invisible.

Muscle, par Khalid El Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Lundi, 12 Décembre 2016. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Muscle, je tourne mes yeux dans ma tête et je vois un muscle, je vois un cœur dedans le muscle, je vois une route familière et un animal autre que moi, je vois ce qui couche en moi. Muscle, je tourne une idée dans ma tête et je vois des veines grises dans le sous-bois, assises, bavardes et qui attendaient l’intraveineuse, muscle, mon muscle, les nerfs, l’origine de la peste, l’origine d’un sentiment drôle, l’origine de la répétition, muscle, je tourne mes yeux dans ma tête, je trouve des vêtements et, dedans, je vois la lumière qui entre dans le mur de la cuisine. Muscle, mon muscle, les nerfs, muscle, il me parle, il me chuchote à l’oreille, il me fait la musique à l’oreille, il plante une graine dans mon oreille, muscle, je tourne mes yeux dans ma tête, ce n’est pas du néant et ce n’est pas non plus le silence, c’est de la trompette, muscle, ma langue est lourde, les nerfs, la trompette, l’origine de la peste, l’origine de la sécheresse, l’origine de ma première prononciation du mot « muscle », ma langue est lourde, je vois mes jambes, je sens la poussière et les nuages dans ma gorge, je sens la boue et les plumes d’oiseau dans ma gorge, je sens ma violence et les branches sèches dans ma gorge, je sens ces phrases, ses phrases dans ma gorge, muscle, je sens chaque criminel de moi, chaque battement de mon cœur quand le mot « muscle » sort de ma bouche.

A l’intérieur du bidon, par Khalid El Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Mercredi, 07 Septembre 2016. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

A l’intérieur du bidon, le vide est assis, son parapluie est noir, il n y a pas de pluie, son parapluie est noir, il n'y a pas de soleil, son parapluie est noir, il n'y a pas de nuages, son parapluie est noir, il n'y a pas d’images, son parapluie est noir, il n'y a pas de mot juste, son parapluie est noir.

Le vide est assis, il parle au silence, s’excusant d’être tranquille, d’être assis, d’être habité par un autre vide dépressif, il s’excuse de ne pas avoir l’envie de mourir, ça serait beau et magnifiquement écrit, les papillons passeront et les gens pleureront, mangeront de la viande et partiront.

Le vide est assis, il craint le soleil, son parapluie est noir, il n' y a pas de soleil, son parapluie est noir, pas de rage, pas de fatigue, son parapluie est noir.

A l’intérieur du bidon, les mains lourdes, lourdes tombent tout au fond et font un bruit étrange, des têtes lourdes, lourdes tombent tombent au fond du sol, les uns font un bruit étrange et d’autres se mangent. Des grosses mains blanches tombent sur le parapluie du vide, son parapluie est noir, des points lourds tombent sur des tombes et sur la figure du noir, sur le reste et sur tout ce qui reste.

Point d’interoxclamation, par Khalid El Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Mercredi, 25 Mai 2016. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Un singe enrhumé touche le fond de la chose et devient lucide,

Il touche la chose mais ça sent le vide,

C’est vide,

C’est un sens déformé par l’usure, par son miroir, par ses rides,

C’est vide,

C’est fatiguant,

C’est répétitif,

C’est la mémoire qui regarde ces cernes sous ses yeux, quotidiennement,

C’est vide, c’est fatiguant mais faut s’occuper,

Parapluie de l’aube - un recueil en duo, Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Lundi, 18 Janvier 2016. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Un texte poétique en duo, Audrey Chambon, Khalid EL Morabethi :

https://fr.calameo.com/read/0046242524b1c9f307270

 

C’est en m’intéressant à toutes les possibilités créatives de la poésie que je suis tombée par hasard sur un poème de Khalid. Ce fut un réel coup de cœur, tellement que je l’ai contacté pour lui dire à quel point son écriture me parlait. Rapidement c’est lui qui m’a proposé qu’on écrive ensemble, et tout a commencé… Khalid a la capacité de faire sortir mon écriture de son carcan et de libérer mon imagination. Quand j’écris avec lui je le fais généralement d’un jet, en me plongeant dans l’univers qu’il m’offre. Ce défi artistique m’emporte totalement et ça fonctionne du tonnerre !

Audrey Chambon