Identification

Articles taggés avec: Jérôme Diaz

Interview with Thomas Kelly, the great novelist of the Big Apple’s builders, by Jérôme Diaz

Ecrit par Jérôme Diaz , le Lundi, 03 Avril 2017. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

Cet entretien a été publié en français dans la Cause Littéraire

 

A New-Yorker from Irish origin, hard-boiled novelist Thomas Kelly is not as famous as he should be, at least in France, where this literary genre is very popular. What do his stories tell us ? They tell us about New York City, the workers’ world, the Irish diaspora, businessmen and mobs, policemen and FBI agents, altogether mixed in an atmosphere of bars and political battles at key times of the twentieth century… A world, to sum-up, somewhere between Dennis Lehane and Martin Scorsese’ TV-series Boardwalk Empire. So, that’s huge. And that’s really, really good. As a perfect connoisseur of the Big Apple’s political backstage for being involved himself, Thomas Kelly has built a work that goes from the tunnels to the skyscrapers, from the upper-class restaurants to boroughs where one shouldn’t hang around. A work that reminds of Jack London and Emile Zola, Colum McCann and James Ellroy. In 1998 he published Payback, and only a very few interviews were made of him, notably in France by his own translator Pierre Bondil – thanks to who what follows could be done – for « 813 », a French magazine for fans of crime stories. And since then nothing… until today.

Entretien avec Thomas Kelly, le virtuose romancier des bâtisseurs de New-York

Ecrit par Jérôme Diaz , le Samedi, 14 Janvier 2017. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

Malgré l’intérêt du lectorat français pour le roman noir américain, le New-Yorkais Thomas Kelly, auteur de trois romans publiés chez Rivages, reste peu connu du grand public (1). Points communs à toutes ses histoires ? La ville de New-York, le milieu ouvrier, la diaspora irlandaise, les relations politico-mafieuses, le tout mariné dans des ambiances de bistrots et de batailles politiques à des périodes-clé du XXe siècle… Bref, un univers à situer quelque part entre Dennis Lehane et la série de Martin Scorsese, Boardwalk Empire. Bref, du lourd. Et du super bon. Excellent connaisseur des arcanes de la politique locale pour s’y être lui-même impliqué, Thomas Kelly a bâti une œuvre qui, des tunnels aux gratte-ciels en passant par les restaurants chics et les quartiers où il vaut mieux ne pas traîner ses guêtres, rappelle aussi bien Jack London et Emile Zola que Colum McCann et James Ellroy. En 1998 sortait son premier roman, Le ventre de New-York (2), et son traducteur Pierre Bondil réalisait le seul entretien paru à ce jour dans la presse française (3) – et grâce à qui ce qui suit a pu être réalisé. Et depuis, silence radio… jusqu’à aujourd’hui.

A propos de "Un pays à l'aube" de Dennis Lehane

Ecrit par Jérôme Diaz , le Samedi, 25 Avril 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Un pays à l’aube, Dennis Lehane, Rivages Thriller, 2009, 759 pages

 

Entre Germinal et Il était une fois en Amérique

Faudrait peut-être que quelqu’un envisage de nous payer correctement, merde ! Qu’est-ce donc : des propos extraits d’un tract militant ? L’accroche d’une affiche pour une manifestation ? La dernière vitupération de quelque « responsable » politique ? Du tout. Ce cri est tout simplement poussé par l’un des personnages d’Un pays à l’aube (1) (The Given Day), magistral roman historique signé Dennis Lehane. En nous plongeant dans le vif des émeutes de 1918-1919 et la grève des policiers de Boston aux Etats-Unis, l’auteur-vedette de Mystic River, Gone Baby Gone, Shutter Island ou récemment Quand vient la nuit, remonte le temps pour plonger son lecteur dans un pan méconnu d’histoire. Et lui redonner vie.

Thomas Kelly, le virtuose romancier des « bâtisseurs » de New York

, le Mercredi, 01 Avril 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

« Il y a là quelque chose de si vivant que le cœur de la ville semble près d’éclater de toute la douleur qui y est accumulée. Comme si la ville elle-même avait engendré toutes les complexités du cœur humain. Des veines et des artères […] bouillonnantes de sang. Des millions d’hommes et de femmes irriguant de ce sang les rues de la cité ».

Colum McCann, Les saisons de la nuit

 

« En découvrant des immeubles plus grands que tous ceux qu’il avait pu admirer à Memphis […], et aussi des rues grouillant de voitures et de passants, Luther se dit qu’un siècle au moins aurait dû être nécessaire pour bâtir un endroit pareil, sauf que ce pays n’avait décidément plus le temps d’attendre, plus la moindre envie ni d’ailleurs la moindre raison de patienter ».

Dennis Lehane, Un pays à l’aube

Le directeur de nuit, John le Carré au sommet de son art

Ecrit par Jérôme Diaz , le Samedi, 21 Février 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

« Pour moi c’est plutôt à un spectacle de marionnettes que le monde m’a toujours fait penser. Mais quand on regarde derrière le rideau et qu’on lève les yeux pour voir jusqu’où remontent les ficelles on s’aperçoit qu’elles aboutissent dans les mains d’encore d’autres marionnettes qui tiennent elles-mêmes leurs propres ficelles et que ces ficelles-là viennent à leur tour de plus haut et ainsi de suite. Dans ma propre vie j’ai vu ces ficelles dont les origines sont en nombre infini mettre en scène la mort de grands hommes dans la violence et la folie. Mettre en scène la ruine d’une nation »

Cormac McCarthy, De si jolis chevaux

 

« La première chose qu’on apprend sur les marchands d’armes, c’est qu’ils sont toujours des gentils. Les méchants sont à l’autre bout du monde, et les gentils ne les toucheraient même pas avec des pincettes » : l’introduction donne le ton.

Verbe malicieusement piquant et savoureusement assassin, intrigue labyrinthique, humour british à plein régime, conscience aigüe des « affaires du monde » et des êtres, Le directeur de nuit (1) (The Night Manager) publié en 2003 par John le Carré, le Cinq Etoiles du roman d’espionnage britannique, anti-James Bond par excellence, est… une tuerie.