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Articles taggés avec: Jean-Jacques Nuel

Brefs 3 par Jean-Jacques Nuel

Ecrit par Jean-Jacques Nuel , le Vendredi, 05 Avril 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Une pierre tombale en V.O.


Les gens du village ont toujours cru que les mots en langue étrangère gravés sur cette tombe au cimetière étaient une sorte d’épitaphe empreinte de gravité, une citation philosophique ou poétique sur la brièveté de la vie ou une phrase du même tonneau adaptée au décor ambiant de la mort ; ils se recueillaient avec respect devant cette sépulture. J’en étais moi-même largement persuadé ; cependant, la présence d’un point d’exclamation final me semblait peu compatible avec un message de sagesse ou de sérénité. Ce n’est que bien des années plus tard, m’intéressant de près à la langue hongroise, que je pus déchiffrer le sens de l’inscription, qui signifiait : « ALLEZ TOUS VOUS FAIRE FOUTRE ! », – et ce, en des termes originaux encore plus orduriers que ceux de la présente traduction.

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Brefs 2 par Jean-Jacques Nuel

Ecrit par Jean-Jacques Nuel , le Mercredi, 27 Mars 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

La liberté du commerce


Chaque troisième dimanche de septembre, Le Paradis et L’Enfer organisaient simultanément une Journées portes ouvertes. C’était pour ces deux établissements concurrents (et situés sur les rives opposées du lac, l’un sur la droite, l’autre sur la gauche) l’occasion de montrer au public les derniers équipements hôteliers, le confort luxueux de leurs chambres, la qualité de leurs prestations, et de recruter de futurs pensionnaires. À l’issue de la journée, à coups de communiqués triomphants, Le Paradis comme L’Enfer se félicitaient du succès de l’opération et annonçaient des chiffres records de fréquentation – des chiffres dont ils se contestaient mutuellement l’exactitude et la sincérité.

 

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Brefs 1 par Jean-Jacques Nuel

Ecrit par Jean-Jacques Nuel , le Mardi, 19 Mars 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

La fronde

(Des temps troublés)


Un matin, après mon petit-déjeuner, je refusai tout net de passer de la cuisine à mon bureau pour y tenir comme chaque jour mon journal intime. Cet acte d’insubordination, voire de rébellion, marqua le début de la révolution dans le pays. Les étudiants occupèrent les universités, les ouvriers se mirent en grève, les routiers bloquèrent la circulation sur les grands axes, tandis que des millions de manifestants défilaient dans les rues des grandes villes. Bientôt, toute l’activité économique se trouva paralysée, et des barricades furent érigées dans la capitale, notamment au Quartier latin, qui connut son lot de violences, de pillages, de vitrines brisées, de voitures incendiées.