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Articles taggés avec: Jean-Jacques Bretou

Sharko, Franck Thilliez

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mardi, 21 Novembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Polars

Sharko, Fleuve noir, mai 2017, 574 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Franck Thilliez

 

Sharko fait partie de ces gros romans, façon américaine, très prisés du public et que l’on voit souvent entre les mains des voyageurs de transports en commun lorsqu’ils font autre chose que consulter leur smartphone et autres tablettes. La couverture avec rabats est particulièrement soignée pour attirer l’œil d’un potentiel lecteur : lettres dorées grand corps imprimées en creux, photo de l’auteur en plan taille. Le livre est une véritable publicité en lui-même, seul inconvénient de ce genre de publication mais qui ne semble pas en être un pour l’acheteur : le poids qui demande un certain entraînement physique ! L’acquéreur de ce livre-ci, avant de s’approprier l’ouvrage, a pu s’interroger aussi sur le titre, pourquoi Sharko ? Á une lettre près, on peut lire Sarko mais toute confusion serait mal venue, quant à Sharko, si l’on s’intéresse un tant soit peu aux comics, c’est une série animée française pour enfants, Zig et Sharko, où Sharko est un… requin (Hep ! shark signifie requin en anglais).

Rural noir, Benoît Minville

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Lundi, 09 Octobre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Folio (Gallimard), Roman, Polars

Rural noir, avril 2017, 307 pages, 7,20 € . Ecrivain(s): Benoît Minville Edition: Folio (Gallimard)

 

Après une absence de dix ans, Romain est de retour au lieudit Mouligny, commune de Tamnay-en-Bazois, dans la Nièvre, son berceau familial. Il y retrouve ce qui lui reste de famille : Chris, son frère, Julie la compagne de celui-ci et tous ses souvenirs de jeunesse.

Romain s’est enfuit brutalement à la mort de ses parents dans un accident de voiture, la vie avait perdu son sens. Éloigné de ses origines, il a voyagé, bourlingué, a grandi, s’est endurci. Aujourd’hui, lavé du goût trop salé des larmes que l’on a versées pour les choses et les êtres que l’on vous a arrachés trop tôt, il peut enfin remettre le pied sur la terre natale, y affronter le présent, l’avenir et surtout le passé, il est prêt. Chris, le cadet, après avoir devancé l’appel et s’être engagé dans l’armée, un rêve de gosse, a été démobilisé et le reçoit les bras grands ouverts. Il a conservé la maison des parents pendant l’absence de l’aîné. Il attend un enfant de Julie. Il s’est installé comme potier pour travailler le flammé morvandiau.

Canari, Duane Swierczynski

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mercredi, 21 Juin 2017. , dans La Une Livres, Rivages, Les Livres, Critiques, Roman, USA

Canari, avril 2017, trad. anglais Sophie Aslanides, 408 pages, 22 € . Ecrivain(s): Duane Swierczynski Edition: Rivages

 

 

Serafina Holland, dite Sarie, étudiante particulièrement brillante, admise à suivre le cursus des « honors students » à la faculté de lettres de Philadelphie, est aussi une belle jeune femme, longiligne et bronzée de type mexicain. Pour son père, Kevin, addictologue, elle est une enfant remarquable, sortant assez peu, ne buvant pas, ne fumant pas, ne se droguant pas, un modèle pour son jeune frère Marty et un soutien pour la famille. Sarie a perdu sa mère, Laura. Elle y pense souvent et a hérité de sa Civic au volant de laquelle elle se déplace dans Philadelphie. Au cours d’une soirée précédant la fête de Thanksgiving, elle va cependant commettre l’irréparable : boire une gorgée de bière et aspirer une bouffée de « joint ». Et, il n’en faudra pas plus à notre étudiante exemplaire pour transgresser ses codes et accepter nuitamment d’emmener « D. », pour qui cette jeune femme pratiquement sobre est une aubaine, à un mystérieux rendez-vous.

Billie Morgan, Joolz Denby

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Vendredi, 16 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Iles britanniques, Roman, Les éditions du Rocher

Billie Morgan, avril 2017, trad. Thomas Bauduret, 391 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Joolz Denby Edition: Les éditions du Rocher

 

 

« Ce récit constitue mes mémoires ; la vérité, telle qu’elle existe dans mon souvenir ». Par cette simple phrase placée en épigraphe, Joolz Denby nous indique que l’on entre de plain-pied dans le récit de l’histoire de Billie Morgan, l’héroïne de son livre. Billie est née dans une famille presque ordinaire de Bradford, dans le West Yorkshire. Billie est la cadette d’une fratrie de deux filles. Elle a les cheveux bruns de son père qui a déserté le foyer conjugal. Aux yeux de sa mère, blonde décolorée, elle n’est pas féminine et « a le don de [se] faire détester ». Billie, qui doit son nom à Lady Day, la chanteuse, se demande d’ailleurs, tout le temps : « qu’est ce que j’ai fait pour que papa nous abandonne ? Pour qu’il cesse de m’aimer ? ». Une lourde et sourde culpabilité qui va marquer le destin de cette gamine de Bradford. Bradford qu’elle aime même si ça n’est pas Londres, Bradford où a vu le jour le peintre David Hockney.

La guerre invisible, Drew Chapman

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mardi, 25 Avril 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, USA, Albin Michel

La guerre invisible, février 2017, trad. Frédéric Grellier, 510 pages, 23,90 € . Ecrivain(s): Drew Chapman Edition: Albin Michel

 

Écrire un roman policier peut s’apparenter à la technique du tressage ou du tissage. Comme on noue ou l’on entrecroise des fils ou des cordelettes pour réaliser un motif, on se sert des différents éléments d’une affaire ou des personnages comme des brins de matière que l’on attache ou que l’on entrelace. Au fur et à mesure de ces opérations, apparaissent, comme un canevas, les différents tableaux de l’histoire. Dans La guerre invisible chaque brin, chaque évènement constitue un chapitre. Ces derniers sont plutôt courts ; ainsi l’ensemble est bâti de telle sorte que, malgré sa complexité, l’histoire se lit bien et vous tient en haleine.

Le héros de Chapman, Garett Reilly, est un trader de vingt-six ans très brillant analyste, mais amoral et antimilitariste, travaillant sur le marché obligataire, chez Jenkins & Altshuler à New-York, sous le regard indulgent et protecteur de son boss Avery Bernstein.