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Articles taggés avec: Farid Namane

Dieu n’habite pas la Havane, Yasmina Khadra

Ecrit par Farid Namane , le Lundi, 19 Septembre 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Roman, Julliard

Dieu n’habite pas la Havane, août 2016, 312 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Yasmina Khadra Edition: Julliard

 

Dieu n’habite pas la Havane, titre du dernier roman de Yasmina Khadra paru le 18 août aux éditions Julliard, est un hymne à l’amour. Dans un roman qui mêle optimisme, joie et déchéance à la fois, Don Fuego, le personnage principal, enflamme les foules en chantant chaque soir au cabaret Buena Vesta.

Ainsi, Don Fuego, de son vrai nom Juan Del Monte Jovana, se voit le roi des nuits cubaines jusqu’au jour où on lui annonce le rachat du restaurant Buena Vesta par une riche américaine. Privé de son Olympe, il erre à la recherche d’une voie de sortie quand il tombe sur Mayensi, une jeune fille mystérieuse qui débarque à la Havane sans « autorisation », à la recherche de travail. A l’âge de 60 ans, Don Fuego « succombe » sous le charme de cette muse qui lui redonne envie de monter sur scène. Amoureux à la fois de Mayensi et de sa voix, il enchaîne les fêtes jusqu’au jour du drame où cette femme révèle son vrai visage qui coïncide avec la célébration de la fête nationale cubaine. Don Fuego rechute à nouveau mais sans perdre espoir comme un Sisyphe « fidèle » à son rocher.

L’historien et le romancier : Benjamin Stora et Alexis Jenni face à la mémoire de la guerre d’Algérie

Ecrit par Farid Namane , le Jeudi, 28 Avril 2016. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

« Pour l’homme, le passé ressemble singulièrement à l’avenir. Lui raconter ce qui fut, n’est-ce pas presque toujours lui dire ce qui sera ? »

Honoré de Balzac, La Recherche de l’Absolu

 

Dans la récente réédition du livre Le Transfert d’une mémoire (1) de Benjamin Stora, on trouve un entretien, sous le titre Les Mémoires Dangereuses, entre l’auteur (Stora) et l’écrivain Alexis Jenni (prix Goncourt 2011) à propos de la place de la « guerre d’Algérie » à l’époque contemporaine. Dans ce long entretien, l’écrivain et l’historien décortiquent l’actualité sociopolitique française et son rapport à l’histoire et à la mémoire de la « guerre d’Algérie ». Cet entretien a le mérite de confronter deux manières de voir les choses ainsi qu’une analyse de l’histoire passée et récente, ce qui permet d’avoir de multiples angles d’analyse. La relation ambigüe que la France a entretenue – et entretient – avec cette guerre, a-t-elle une répercussion sur la société française notamment dans les milieux immigrés ? Oui, dira Benjamin Stora : cette guerre a pendant longtemps été refoulée dans l’oubli « programmé » par la politique française, et ses conséquences ne cessent de refaire surface dans la société française contemporaine.

Quand Mouloud Feraoun raconte la guerre d’indépendance algérienne : le journal comme document historique

Ecrit par Farid Namane , le Samedi, 05 Mars 2016. , dans La Une CED, Les Chroniques

« Je n’ai pas tout noté. Simplement des repères, afin que plus tard, si la vie est longue, je puisse garder palpable le triste souvenir des années noires, des jours lugubres ».

Mouloud Feraoun, Journal 1955-1962

Il notait les événements du quotidien sur des cahiers d’écolier. Mouloud Feraoun a vécu la guerre d’indépendance algérienne terrassé par les violences entre son village Tizi Hibel, Fort National et Alger : son Journal 1955-1962 nous offre un témoignage poignant sur la guerre et une analyse unique en portant une attention particulière au peuple contrairement à l’historien qui relate les événements par le haut de la « pyramide ». Feraoun parle des siens, du peuple et de ses peurs face à un événement tragique qui a changé le cours de l’histoire algérienne. Au début hésitant, il s’engage en faveur de l’indépendance de l’Algérie tout en restant « méfiant » par rapport à l’avenir du pays surtout après l’apparition des ambitions personnelles et des cupidités de certains dirigeants nationalistes. On peut déceler à travers ce journal de Feraoun trois principales positions qu’on illustre ensuite à travers le texte : l’hésitation devant les « événements » au début de la guerre, le soutien et l’encouragement de l’œuvre du FLN-ALN et enfin ses hésitations ou ses remarques poignantes sur certaines failles dans la manière de préparer ou d’envisager l’avenir.

Pourquoi ont-ils peur de la fiction ?, par Farid Namane

Ecrit par Farid Namane , le Mardi, 05 Janvier 2016. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

« La littérature ne change ni l’homme ni la société. Pour autant, l’absence de littérature rendrait l’homme encore plus infréquentable ».

Tahar Ben Jelloun

 

Certains événements qui ont suivi la sortie de certains romans, films, ou pièces de théâtre dans les pays musulmans incitent à réfléchir quant à la place qu’occupe la fiction dans ces pays : quelle est la place de la réalité dans un pays où la fiction est assimilée à la peur extrême ? autrement dit, pourquoi la littérature fait-elle peur à certains quand on sait que cette dernière est bâtie sur des bases « mensongères » et imaginaires ? Dans les lignes qui suivent, je vais essentiellement évoquer le cas de l’Algérie dans le domaine littéraire.