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Malombra, Antonio Fogazzaro

Ecrit par Eric Vauthier , le Mercredi, 16 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Italie, Roman, L'Âge d'Homme

Malombra, roman traduit de l’italien par Gérard Genot, préface de Francois Livi, avril 2012, 476 p. 28 € . Ecrivain(s): Antonio Fogazzaro Edition: L'Âge d'Homme

 

Redécouvert en France grâce aux Éditions Ombres qui avaient eu la bonne idée de rééditer en 2000 son livre le plus célèbre, Un petit monde d’autrefois (1896), Antonio Fogazzaro (1842-1911) est à l’honneur aujourd’hui avec la parution de son premier roman Malombra (1881), à L’Âge d’Homme. D’abord traduit par Madame Charles Laurent en 1898 pour paraître dans Le Figaro, avant d’être édité en volume avec une préface de l’auteur, ce roman nous est livré pour la première fois dans son intégralité. Précédée d’une étude éclairante de Francois Livi, cette nouvelle traduction est due à Gérard Genot.

Les débuts littéraires de Fogazzaro furent surtout tournés vers la poésie : passionné par le Victor Hugo des Contemplations, il fréquente à Milan, au milieu des années 1860, certains membres des scapigliati, notamment Arrigo Boito. En 1874, il se voit reconnu comme poète avec sa nouvelle en vers, Miranda, suivie deux ans plus tard par un premier volume de poèmes, Valsolda. Pour autant, la prose narrative n’est pas absente des préoccupations du jeune Fogazzaro ; avant même que ne paraissent ses premiers ouvrages poétiques, l’écrivain s’était en effet essayé au roman, rédigeant un chapitre de ce qui allait devenir Malombra.

Coco givrée, Nadine Monfils

Ecrit par Eric Vauthier , le Samedi, 05 Mars 2011. , dans Critiques, Belfond

Coco givrée. 2010, 259 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Nadine Monfils Edition: Belfond

Nadine Monfils fait partie des figures les plus attachantes des Lettres belges contemporaines. Depuis près de trente ans, celle qui compta jadis André Pieyre de Mandiargues, Leonor Fini et Thomas Owen parmi ses amitiés littéraires et artistiques, explore un imaginaire exubérant, entre candeur et perversité. Nourri aussi bien de peinture et de cinéma que de littérature, l’univers de l’écrivaine se donne à lire dans de savoureux contes érotiques et cruels[1], mais également dans des pièces de théâtre ou des romans.

C’est dans ce dernier genre que Nadine Monfils s’est acquise un large et fidèle public, grâce surtout à sa série mettant en scène le commissaire Léon, « le flic qui tricote »[2]. C’est également dans le roman qu’elle a offert quelques-unes de ses œuvres les plus marquantes. Parmi celles-ci, on se bornera à rappeler Rouge fou[3], un très beau conte d’initiation féerique et érotique digne des grandes réussites de la surréaliste Lise Deharme, ainsi que deux inoubliables romans noirs, Une petite douceur meurtrière[4] et Monsieur Émile[5], résolument hors normes. Évoquant le premier, le critique et collagiste proche du surréalisme André Stas, a pu admirer dans ce livre un « polar bizarroïde, mâtiné de conte grand-guignolesque[6] ».