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Articles taggés avec: Elisabeth Guerrier

James Joyce/Lettres à Nora (4/4) - Un lecteur sorcier. Un lecteur de trop

Ecrit par Elisabeth Guerrier , le Jeudi, 08 Novembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

Un lecteur sorcier

 

Ajoutée à l’usage de ces éléments biographiques pouvant peut-être donner à la publication de ces lettres une dimension d’éclairage plausible sur l’œuvre, il est nécessaire d’évoquer la présence dans cette préface d’une dimension plus équivoque et tout autant banalisée en tant que justification masquée, une sorte de psychologisation obligée mêlée de caractérologie dont les traits extraits du cours de ces écrits rassemblent dans le dossier de l’écrivain un impressionnant panel pathologique, «  L’attente anxieuse, impatiente, parfois presque hystérique »₁₂ , « On y sent percer un syndrome qui ne fera que s’accentuer »₁₃ « Des moments d’humilité et même d’avilissement quasi masochiste »₁₄,  «  une quête identitaire », « Une fixation fétichiste »₁₅ .

Acuité nosographique qui retourne, lorsqu’est abordée la partie ouvertement érotique, à la solidité incontestée de la valeur descriptive des grands classiques moraux en décrivant la richesse libidinale de ces lettres  comme des « obscénités »₁₆.

James Joyce/Lettres à Nora (3/4) - Un lecteur songeur

Ecrit par Elisabeth Guerrier , le Mardi, 30 Octobre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

Un lecteur songeur

 

L’approche et les productions du « biographisme » nous laissent à penser que de la vie de l’artiste, de son histoire, comme on la nomme,  éclot l’œuvre et qu’à connaître les mutations de celle-là, enfin, on comprendra la nature de l’autre.

Ce qu’elles nient, dans une volonté secrète d’aliéner l’irreprésentable, ce sont les différentes et nombreuses opérations de « transsubstantiation » qui accompagnent et président à l’écriture et le fait, certes agaçant pour notre impérieux besoin d’induction, que «  l’œuvre est une intimité fermée, jalouse, qui nie toujours plus ou moins le dehors » ₆

Ce que Blanchot nous dit ici ne concerne pas ce que nous évoquions plus haut couramment nommé « sources d’inspiration » et qui peuvent jaillir tout simplement de partout, dehors, dedans, pour peu qu’un terrain disponible, une quête plus ou moins tendue ou plutôt un état psychique particulier soient présents pour les accueillir.

James Joyce/Lettres à Nora (2/4) - Un lecteur sourcier

Ecrit par Elisabeth Guerrier , le Mardi, 23 Octobre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

Un lecteur sourcier

 

Malgré cette lacune foncière et l’ambiguïté de l’analyse qu’elle entraine, ce lecteur pourrait en partie légitimer sa présence en s’accrochant à des informations nouvelles spécifiquement contenues dans ces lettres qui témoigneraient des aspects multiples du rapport de Joyce à son écriture.

On peut sans trop hésiter considérer comme parties prenantes l’œuvre romanesque ou poétique et les étapes et vicissitudes de sa gestation.

Si ce qui touche le travail d’écriture proprement dit, les déboires avec les maisons d’éditions, les exaltations et les désarrois, bref la part de considération de son épouse comme cet élément nécessaire dans le processus que Anzieu₂ caractérise comme la deuxième phase de la création, le temps de la recherche d’étayage extérieur, avait été prépondérant dans ces lettres, il aurait été intéressant d’aller y chercher des informations sur la nature des différents liens de James Joyce à sa propre création.

James Joyce/Lettres à Nora (1/4) - Un lecteur idéal

Ecrit par Elisabeth Guerrier , le Mardi, 16 Octobre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

James Joyce. Lettres à Nora. Petite bibliothèque Payot avril 2012. 8,50 €

 

« Garde mes lettres pour toi ma chérie, elles sont toutes pour toi »

 

Un lecteur idéal

 

Si j’avais jamais pu ou su m’abandonner à l’œuvre joycienne, la laisser incuber et se répandre, créant par sa rencontre un nouveau lieu de cohabitation, une de ces enclaves du style qui, sans vraiment qu’on en sache ou sente rien, travaillent et modèlent la façon de considérer où et comment poser le regard, si j’avais jamais pu ou su lire James Joyce, j’aurais peut-être ouvert ces lettres à Nora comme un pas obligé vers une proximité plus étroite, une fluidité plus grande à créer entre la stature monolithique de l’écriture et les traces rassemblées de l’existence de l’écrivain : biographies, correspondance, témoignages ou documents divers assignant, comme sous la nécessité d’un rituel conjuratoire autour du rempart de l’œuvre et de sa masse propre, les repères enfin accessibles de sa genèse.

Chuter (3) - Cartons des Alizés - Lilas

Ecrit par Elisabeth Guerrier , le Vendredi, 03 Août 2012. , dans Ecriture, Création poétique

 

 

 

 

 

Cartons des Alizés

 

Les matières se déplacent, d'un pan du ciel abandonnique à l'autre

Et leur nécessité, leur valeur sont à soupeser, d'un seul geste,

Vite.

Du fond en comble,

La vêture vole et les pages des livres qui me lieront

L'enveloppe qui me précédera sur la route des cannes à sucre et des bananes vertes

Les couleurs de chaleur, les anticiper et les plier dans les boîtes