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Assises internationales du roman à Lyon 2013 - Maylis de Kerangal

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Samedi, 08 Juin 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

 

Jeux littéraires aux Assises internationales du roman de Lyon : quand la littérature joue le collectif

 

Maylis de Kerangal est l’auteur en résidence de laclasse.com, l’espace numérique de travail des collèges du Rhône. Au cours de cette année, l’écrivain a travaillé avec 10 classes de collège du département à un cadavre exquis. L’exercice a donné naissance à onze nouvelles. Le 30 mai dernier, dans le cadre des 7èmes Assises internationales du Roman, Maylis de Kerangal retrouvait les élèves pour une lecture de trois de ses nouvelles. Ce fut aussi l’occasion pour les collégiens de faire un retour sur ce jeu littéraire. Concentrés, satisfaits et prêts à en découdre encore avec la littérature, la grande verrière des Subsistances bruissait d’imagination. Retour avec Maylis de Kerangal sur cette expérience collective.

Victor Dolidja, une vie dans l'ombre, Michèle Lesbre

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Vendredi, 31 Mai 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Sabine Wespieser

Victor Dojlida, une vie dans l’ombre, févier 2013, 108 pages, 14 € . Ecrivain(s): Michèle Lesbre Edition: Sabine Wespieser

Dans ce court récit, que Sabine Wespieser a eu la bonne idée de republier plus de dix années après sa première parution aux éditions Moisson rouge, il n’est pas question d’indignation mais de colère, « inextinguible et légitime ». Sur des pages cousues et en papier couché, Michèle Lesbre revient sur la vie de Victor Dojlida : né en 1926 en Biélorussie, mort en 1997, entre temps quarante années derrière les barreaux des prisons de France.

 

Avant l’indignation

Pourtant, d’abord, Victor Dojlida fut un héros de France où il n’était pas même né. Il passe son enfance en Lorraine où sa famille, venue de Pologne, s’est établie depuis 1929, le père travaille aux aciéries à Homécourt. Michèle Lesbre aime aussi à revenir sur ce milieu ouvrier et immigré de l’entre-deux guerres. Il est question de xénophobie de la part des Français qui faisaient venir cette main-d’œuvre des confins de l’Europe. Elle évoque aussi l’affaire des Bandits polonais en 1927 qui alimenta férocement l’imaginaire collectif de l’étranger dangereux et voleur. Vingt ans plus tard, au procès de Victor Dojlida, les journaux se régalent de ce bon mot en forme de référence historique en titrant « Dojlida le bandit ».

L'anarchiste, un mauvais compagnon à suivre

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Vendredi, 10 Mai 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

« Ce que c’était exquis tout de même de trouver la vie immonde ».

Soth Polin avait été tellement féroce dans sa dernière nouvelle qu’il m’avait conquise et je voulais le garder comme compagnon de voyage au Cambodge. Pour le retrouver, j’allais de Kep à Phnom Penh, il y avait vécu avant de s’exiler à Paris en 1974 échappant ainsi au génocide qui allait sacrifier tant d’auteurs cambodgiens. Pour cette virée, Soth Polin serait L’Anarchiste, roman culte dans une littérature désertée.

Mais il y a toujours un risque à voyager avec quelqu’un qu’on ne connaît pas et son cynisme allait sérieusement atteindre ma capacité d’émerveillement face au monde, celle que tout voyageur doit impérativement porter en bandoulière sous peine d’être condamné pour blasphème à la diaspora voyageuse. Ne pas s’émerveiller béatement des merveilles du monde, ne pas s’amuser aux amusements de tous et finir par se lasser de ses propres aventures : voici les crimes dont L’Anarchiste et moi-même allions nous rendre coupables dans la médiathèque de l’Institut français de Phnom Penh où nous nous étions donné rendez-vous.

"Sanctuaire du coeur" : dans les bordels d'Indochine

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Vendredi, 22 Mars 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

 

« Seuls les enfants qui sont malheureux dans leur vie de tous les jours quittent leur maison. Seuls ceux qui se croient dans une impasse quant à leur avenir se lancent dans des actes aussi téméraires et imbéciles ».

A ces mots, je me suis dit que j’avais trouvé là un bon compagnon de voyage mais j’aurais mieux fait de laisser Than dans son sanctuaire. Il s’était fait la malle parce qu’il avait surpris son père coucher avec sa fille adoptive dont, en plus, il était amoureux. Et puisqu’à ses yeux l’amour ne pouvait être sincère, il serait vénal. D’une manière comme une autre de gagner sa vie, Than me proposait de faire le tour des bordels du Sud du Vietnam.

Les mots sont usés jusqu'à la corde

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Vendredi, 22 Février 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

 

« Le jour où j’ai compris que je ne serais jamais que le gardien absurde, le concierge inutile de la salle du trésor, que je camperais toujours dans l’antichambre de mon idéal, le choc a été terrible ».

 

La vengeance des traducteurs


Michèle Kahn, Yves Gauthier, Isabelle Liber, Fanchita Gonzalez Batlle, Denis Benejam, Sean James Rose, Phuong Dang Tran et Hiep Chan Vicheth ont escorté mon voyage jusque-là. Ils ont été de chaque roman, chaque chapitre, chaque ligne. Répétant chaque mot derrière mon épaule.