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Articles taggés avec: Caminade Emmanuelle

L'histoire d'Horacio, Tomás González (2 recensions)

Ecrit par Emmanuelle Caminade, Valérie Debieux , le Mercredi, 10 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Recensions, Les Livres, Amérique Latine, La rentrée littéraire, Roman, Carnets Nord

L’Histoire d’Horacio (La historia de Horacio), trad. espagnol (colombien) Delphine Valentin, septembre 2012, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Tomás González Edition: Carnets Nord

 

Recension 1

 

Après nous avoir fait découvrir Tomas Gonzalez, figure importante de la littérature colombienne contemporaine, en éditant son premier roman Au commencement était la mer, dans sa traduction française, les éditions Carnets Nord publient maintenant L’histoire d’Horacio sorti en Colombie il y a déjà douze ans. C’est un livre très différent, s’affirmant presque comme l’antithèse du premier qui retraçait la tragédie de la solitude d’un couple, inscrite dans la violence mortifère du contexte colombien d’une époque, et dénonçait l’utopie de la recherche d’un paradis perdu. Car si ce roman a toujours comme toile de fond la Colombie, objet au passage de nombreux coups de griffe de l’auteur, il nous fait entrevoir au contraire la possibilité d’un paradis sur cette terre où l’on peut « observer Dieu depuis ses latrines » (p.65).

Sur "Balco Atlantico" de Jérôme Ferrari

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Samedi, 06 Octobre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

Balco Atlantico, Actes Sud, février 2008, 192 p.18,30 €

Alors que le dernier livre de Jérôme Ferrari, Le Sermon sur la chute de Rome – dont l’action principale se situe dans un bar corse – semble rencontrer un grand succès populaire, il semble opportun de reparler de Balco Atlantico, ce roman antérieur qui se déroulait dans le même lieu et dont l’auteur a gardé quelques personnages. Et ceci d’autant plus que ce livre magnifique n’avait étonnamment reçu aucun écho critique dans la presse nationale à sa sortie en 2008 !

La beauté de la langue, pourtant, frappe dès les premières lignes et il existait bien déjà un style singulier d’une grande fluidité se jouant de la longueur des phrases grâce à une ponctuation totalement maîtrisée, sachant glisser d’un temps à l’autre, d’un lieu ou d’un personnage à l’autre, de manière subtile. Une écriture qui donne à voir et à ressentir, à saisir par le cœur, illustrant la puissance métaphorique de la littérature pour approcher la vérité de l’humain. Et à cela s’ajoute le regard respectueux et empathique porté par l’auteur sur tous ses personnages et la force de son humour qui rend leurs destins d’autant plus poignants.

Le livre s’ouvre sur une scène émouvante qui se déroule en Corse dans un bar. Marie-Angèle Susini, la propriétaire de ce lieu fréquenté par tous les protagonistes de l’histoire, vient d’arracher sa fille Virginie au cadavre sanglant de son amour de jeunesse, Stéphane Campana, nationaliste abattu en plein jour sur la place du village.

Comprendre Sade, Marie-Paule Farina

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 27 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Recensions, Les Livres, Essais

Comprendre SADE, Marie-Paule Farina, Yves Rouvière, Collection Essai Graphique, Max Milo éditions, mai 2012, 126 p. , 9,90 € . Ecrivain(s): Marie-Paule Farina

 

Coup de cœur pour ce court et dense essai sur Sade de Marie-Paule Farina paru en mai 2012 aux éditions Max Milo ! De Sade me restait une vague impression sulfureuse, et de fort mauvais goût, résultant d’une lecture – très jeune – d’un de ses livres. Une lecture aveugle et conforme au cliché figé dans la langue française même dont le terme sadique propulse cet auteur « au hit-parade du mal ». C’est dire si ce petit ouvrage m’était destiné !

Marie-Paule Farina, avec beaucoup d’intelligence, de culture et d’humour essaie de comprendre « comment Justine, Juliette, Léonore, Eugénie et tant d’autres, ont pu naître de l’imagination d’un homme qui, entre 27 et 74 ans, n’aura passé que dix ans à l’air libre et aura été condamné deux fois à avoir la tête tranchée alors qu’il n’y avait aucun cadavre dans le placard, seulement une immense œuvre littéraire, et une immense mystification ».

Dans un style concis et incisif, caustique et imagé, plein d’allant, intégrant de multiples citations sans jamais alourdir son propos, elle met habilement en relation la biographie de l’auteur depuis son plus jeune âge, le contexte littéraire et social, et l’évolution politique d’une époque tumultueuse.

Murtoriu, Marc Biancarelli (2 recensions)

Ecrit par Emmanuelle Caminade, Etienne Orsini , le Mercredi, 19 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Actes Sud, Recensions, Les Livres, La rentrée littéraire, Bassin méditerranéen, Roman

Murtoriu (Le glas), trad. du corse par Jérôme Ferrari, Marc-Olivier Ferrari et Jean-François Rosecchi, 5 septembre 2012, 270 p. 22 € . Ecrivain(s): Marc Biancarelli Edition: Actes Sud

Recension 1

Murtoriu (Le glas) est le dernier roman de Marc Biancarelli. Ecrit en corse, comme pratiquement tous ses livres, il vient d'être publié dans sa traduction française. Au titre original, riche de connotations, a été ajouté un sous-titre intérieur, Ballade des innocents (une oraison funèbre au sens corse), soulignant l'hommage rendu par l'auteur à ces anciens Corses qu'il a connus dans son enfance et plus largement à toute cette société rurale mise à l'agonie par la guerre de 1914, comme celle de nombreuses zones montagneuses isolées dans le pays de Giono : un monde disparu dont l'inoffensif berger Mansuetu pour qui sonne le glas est le dernier témoin.

Marc-Antoine, libraire atypique et écrivain raté dont la vie sentimentale s'est avérée un fiasco, est incapable de trouver sa place dans cette société moderne pervertie par l'argent et l'égoïsme asservissant les hommes dans un rapport de domination et de soumission. Il a du mal à accorder ses mondes tant il est partagé entre sa vie présente, la réalité de ses désirs et de ses révoltes, et ses rêveries habitées par les fantômes du passé ou les créations de son imagination. Parvenu à mi-parcours, il se livre à un bilan dénué de toute complaisance, résolu à se battre pour franchir une nouvelle étape dans sa vie d'homme et d'écrivain.