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Pauline Dubuisson, par Thomas Besch-Kramer

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Vendredi, 28 Septembre 2018. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

« Seuls les livres me permettaient de respirer à nouveau normalement, et je me suis jetée dans la lecture pour m’échapper de cette obscurité qui me compressait le cœur jusqu’à l’âme »,

Pauline Dubuisson

 

Dire qu’il y a des livres à lire… dire qu’il reste des livres à écrire : c’est une promesse d’avenir. Quand je suis entré dans l’Armée, j’avais juré de ne plus lire et de faire corps avec le monde viril des hommes, des armes. Effectivement, pendant trois ans et demi, je ne lis plus – hormis les titres du Figaro et les reportages de Col Bleu.

Dire aussi qu’il y a des livres qui ne sont pas à lire et d’autres, à jamais non-écrits… Dire aussi qu’il y a une industrie du livre comme il y a une industrie de l’armement et une industrie du film grivois.

Le dactylographe, le courrier et les Voyages, par Thomas Besch-Kramer

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Jeudi, 30 Août 2018. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

« Pourquoi gémir, ô mon âme ? », extrait du Psaume 42… Pourquoi écrire mes plaintes, mes ressentiments, mes regrets ? Alors, aujourd’hui, cela semble se calmer… Le voyage vers La Réunion et ma chère sœur – mon âme sœur –, accompagné par maman, m’attend et m’apaise.

Ecrire est un dérivatif aux voyages, aux rencontres humaines. Et le grand voyage, celui annoncé par le facteur par « Nos condoléances », est inscrit dans mon stylet, dans cette page.

J’ai posé une goutte de café sur une feuille blanche : elle imprime sur les deux faces de la feuille son auréole brun-marron. L’écriture à lire dans les deux faces : recto et verso ?

Le droit et l’avers, pas sur la tranche. L’écriture est « imminemment » plane et physique. Longtemps, j’ai cherché et trouvé dans la polysémie du droit des raisons d’exister.

Ce jour, je réalise, je rends compte qu’il y a l’avers des choses… la face cachée de la Lune, le côté obscur de la force, la dépression et le Grand Mal. Ce n’est pas trop tôt ! A quarante-huit ans !

La vie du premier Apôtre, par Thomas Besch-Kramer

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Mercredi, 15 Août 2018. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Michael l’avait aidé à grandir, passer de dix ans à onze ans. Comme le lui avait apprisSorgen, le Serpent-à-pages, Michael devint l’Archange Michel si bellement représenté sur l’île du Mont Saint Michel.

Mais à dix et onze ans, Dialogue ne connaissait pas ces subtilités. Dialogue était comme la Parole de Dieu moinsse le discernement. Dialogue était enjoué, éveillé, vif et intelligent mais aussi rempli d’attentions envers les Autres.

Qui donc étaient ces « Autres » pour le tout jeune Dialogue ?

D’abord, Dialogue fut amené à comprendre le genre, car sur la Terre, il y avait les genres « masculin » et « féminin ». Dialogue fut donc « masculin ». Un autre Ange aurait pu être du genre « féminin », comme Sainte Odile. Et sa fameuse montagne, dans l’Est, où un mémorial rappelait la chute d’un Ange-Avion, un Airbus…

Le chou, la bibliothèque et le cerveau, par Thomas Besch-Kramer

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Jeudi, 05 Juillet 2018. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Voilà, j’ai porté le papier toilette dans les coins d’aisance et récuré les bassins malpropres. Je me lave les mains et me prépare à écrire, car écrire est un art…

Dans le bac à légumes, chez maman, il y a un chou. Un demi-chou blanc et vert pâle. Maman me dit que les rainures, les « nervures » et les feuilles de chou ressemblent à un cerveau. Elle me dit qu’il faut ébouillanter le chou, enlever le cœur – le chou a un cœur donc, comme le bois a une âme – et le préparer lentement : mijotée avec des lardons… Hum, c’est bon, c’est pour le repas de demain !

Comme pour les rainures trop dures, vieillies et indigestes, la bibliothèque désherbe chaque année les livres inusités. La bibliothèque reste digeste, ses rayonnages et registres sont appétissants. Dans le pays d’où je viens – La Louisiane – les bibliothèques universitaires classent les livres « Littérature française » à la cote « PQ »… « Quoi ! » m’insurgeai-je en monologue intérieur, « les livres de Balzac et de Hugo sont ramenés au rang de papier toilette ! » Essayez de faire bouillir un Père Goriot ou La légende des Siècles ou Le promontoire des songes pour les rendre « digestes » ! Vous ferez chou blanc…

In utero, par Thomas Besch-Kramer

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Lundi, 18 Juin 2018. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Le rêve d’un pilote de chasse est de s’éjecter. A Mach 1,8 (Rafale), il veut sortir de « la synesthésie du sur place » dont parle Roland Barthes dans L’homme-jet. Vêtu d’un moi-peau uniforme (la combinaison), il respire l’air filtré par la machine et l’Air Liquide des bo(m)bonnes d’O2. Il évolue dans l’enveloppe de vol grâce à des tubes : phallus, tétons, manche(s), manettes, joysticks ; il « secoue » le ventre de la mère aviaire aux limites de l’expulsion.

Quand, l’urgence apparaissant, il communique avec elle sur 121,5 ou 243,00, il l’appelle « Maman », « Marina ».

Ses pères castrateurs font figure d’instructeurs et de gradés : ils l’habituent à vivre à l’étroit dans une cabine étroite. Fait-il alors corps avec le cockpit, l’habitacle ? Oui ou Non ? C’est le syndrome fœtal de non-éjection que ses pairs l’habituent, dans le même entraînement, à contrecarrer : « poignée haute ! Poignée basse ! » pour déclencher les fusées du siège éjectable, briser la verrière et être suspendu dans les airs à « 200 kt, 2000 ft ». Là, on lui attachera une cravate Martin-Baker autour du cou et il sera pendu. Comme banni…