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Articles taggés avec: Alexandre Muller

Les lisières, Olivier Adam

Ecrit par Alexandre Muller , le Vendredi, 07 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, Flammarion

Les lisières, 22 Août 2012, 464 p. 21 € . Ecrivain(s): Olivier Adam Edition: Flammarion

 

Paul est un être périphérique, incapable de se placer au centre de son existence, toujours à ses lisières. Ecrivain, sujet à une Maladie sans nom, sorte de mélange de dépression et d'alcoolisme, il traverse une période particulièrement difficile. Sa femme vient de le quitter, ses deux enfants (Manon et Clément) sont restés vivre avec elle et sa mère est à l’hôpital. Il doit retourner à V. à la périphérie de Paris, dans cette petite banlieue où il a passé la majeure partie de son enfance. Une banlieue ni bourgeoise, ni pauvre, où il a laissé ses mauvais souvenirs de jeunesse. Des souvenirs ? Pas tant que cela, puisque Paul n’a gardé de son enfance que très peu d’images. V. lui inspire une amertume, un malaise. A V. il ne se sent pas chez lui, alors qu’y sont ses seules racines. Mais V. n’a pas vraiment d’identité, alors comment se sentir de venir d’ici ?

A l’hôpital sa mère ne le reconnaît qu’un coup sur deux. Son père et son frère s’obstinent à nier une évidence. Se sont les médicaments qui lui font perdre la mémoire, ce n’est rien. Et toujours, les rapports conflictuels avec ce père qui ne cesse de lui reprocher ce qu’il est et son frère qui le prend de haut. Tout les oppose, le fils modèle, le père sévère et lui.

Inséparables, Alessandro Piperno

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 03 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Italie, Roman, Editions Liana Levi

Inséparables, 30 août 2012, trad. italien Fanchita Gonzalez-Batlle, 394 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Alessandro Piperno Edition: Editions Liana Levi

 

Lire Piperno ? On peut imaginer être sur une terrasse à Rome face à un ami volubile qui raconte une histoire prenante, disgressant du regard sur les fesses rebondies de passantes romaines, sans pour autant dériver de son propre raisonnement.

Lire Piperno ? Cela ressemble à un rêve où enfermé dans une voiture tombée à l’eau on observe la montée des eaux dans l’habitacle. C’est un rêve, rien ne peut nous arriver, mais cela reste très oppressant.

Lire Piperno est une expérience, que l’on apprécie ou pas, parfois éprouvante, mais qui incontestablement ne laisse pas indifférent.

Alors Alessandro qu’as-tu à nous en dire de tes inséparables ? Sans doute préciserais-tu au préalable que ton nouveau roman possède un frère jumeau. L’ainé s’appelle Persécution. Il est paru en Septembre 2011 aux éditions Liana Levi. Il a obtenu le prix du meilleur livre étranger et des commentaires de presse dithyrambiques. Accordons-lui un ou deux paragraphes.

Arrive un vagabond, Robert Goolrick

Ecrit par Alexandre Muller , le Samedi, 01 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, USA, Editions Anne Carrière

Arrive un vagabond, 318 p. trad. USA Marie de Prémonville, 23 Août 2012, 21,50 € . Ecrivain(s): Robert Goolrick Edition: Editions Anne Carrière

Toute cette affaire a eu lieu il y a des dizaines d’années à Brownsburg. C’était une ville comme il en existait immédiatement après la guerre. Une ville avec son épicerie générale où l’on vendait des cocas et des sodas acidulés. Avec son enfilade de boutiques quasi identiques, un boucher, un coiffeur, une banque, une quincaillerie et son école.

Ici les gens vivaient une vie simple, sans aspirer à plus qu’ils ne pouvaient avoir, avec unique projet de vivre paisiblement, de mourir et de monter au paradis. Au crépuscule, les pères et les mères de famille s’asseyaient sous la véranda pour discuter d’une voix douce les événements du jour et siroter du thé glacé. On écoutait aussi la radio le soir. On ne verrouillait pas sa porte. On ne voyait pas un chien en laisse.

Les habitants appartenaient à la terre, à cet endroit particulier, comme leur appartenaient leurs voitures ou leurs vaisselles. Qu’ils soient blancs ou noirs, ils n’avaient pour réconfort que la religion qui les aidait à accepter ce qu’ils enduraient et les montagnes environnantes.

Voilà pour le décor.

La table des autres, Michael Ondaatje

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 27 Août 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, L'Olivier (Seuil), La rentrée littéraire, Canada anglophone, Roman

La table des autres, 23 Août 2012, 256 p. traduction Michel Lederer, 22 € . Ecrivain(s): Michael Ondaatje Edition: L'Olivier (Seuil)

 

« Et quoiqu’il ait existé un paquebot nommé Oronsay (il y en a eu plusieurs Oronsay), le navire dans le roman est un produit de l’imagination ».

C’est en partie une question d’immigration. Il y a un navire. Un navire qui quitte Colombo en 1954. Des stewards qui accueillent ceux qui embarquent. Et peut-être sur le pont, comme dans les films, des gens qui jettent des derniers regards vers le port et agitent les bras vers ceux rester à terre.

C’est surtout un livre d’aventures. « Le sommeil est une prison pour un garçon qui a des amis à voir. Nous attendions la nuit avec impatience et étions debout avant que le jour se lève au-dessus du bateau. Nous mourions d’envie de continuer à explorer cet univers ». Une aventure qui occupe trois semaines de ballotements entre deux mondes. Le Sri Lanka d’un côté. L’Angleterre de l’autre. Entre l’océan indien. La canal de Suez. Les côtes du Moyen Orient. La Méditerranée.

Le garçon s’appelle Michael. Il quitte une famille qui n’est pas vraiment la sienne pour rejoindre une mère qu’il a quittée quatre ans auparavant. Il a onze ans. En embarquant il préfère s’isoler dans sa cabine plutôt que d’observer sa terre natale de la hauteur du pont.

Birdy, William Wharton

Ecrit par Alexandre Muller , le Samedi, 19 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, USA, Gallmeister

Birdy, Mai 2012. trad. Matthew du Aime et Florent Engelmann, 369 p. 24,50 € . Ecrivain(s): William Wharton Edition: Gallmeister

 

Birdy s’est envolé quelque part. Il ne parle plus, ne marche plus au mieux sautille, dort sur deux jambes dos au mur, accepte de s’alimenter seulement nourri à la cuillère. On fait appel à son ami d’enfance Al avec l’espoir que le sergent gravement blessé et fraîchement rapatrié parviendra à déclencher l’électrochoc qui ramènera Birdy à la raison, à la normalité.

Alphonso derrière les bandages qui dissimulent son visage sait bien lui que Birdy se prend pour un oiseau mais il n’a pas envie de le dire au psychiatre. Le psy est extrêmement intrusif à se demander qui est en consultation.

Face à Birdy un long monologue. Al évoque leur rencontre, les pigeons, un vol plané, un costume de plumes, une fugue, les petits boulots et les chiens, l’école et les filles, leurs parents, les balles que la mère de Birdy planquait chaque fois que l’une d’elles tombait dans son jardin par dessus les rambardes du terrain de base-ball. Il parle aussi de lui, de la guerre et de la folie qu’il y a rencontrées. De ses blessures d’enfance. De son père et de ses origines siciliennes.