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Articles taggés avec: Alexandre Muller

Impurs, David Vann (2ème recension)

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 29 Avril 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, USA, Gallmeister

. Ecrivain(s): David Vann Edition: Gallmeister

 

La première chose à dire c’est qu’un livre de David Vann avec une pelle en couverture ne présage rien de bon. En général la présence d’une pelle sur une couverture fait toujours cet effet sauf dans le rayon jardinage et enfant. Parce que le jaune beige de la couverture pourrait induire en confusion. Cela donne une certaine chaleur, presque convivial. Niet.

Comment commencer un article sur un livre de David Vann sans parler de son premier roman, Sukkwan Island ? C’est le lot des auteurs qui entament leur carrière en assénant un magistral et retentissant coup sur la table de la littérature. Sukkwan Island est une bombe dont les échos ne risquent pas de se taire de si tôt. Cette effroyable et glaciale plongée dans un huis clos sanglant entre un père et son adolescent forme un ouvrage qui nous interroge par sa capacité à retenir notre voyeurisme en face à face avec notre dégoût. Pour clore ce paragraphe sur le prix Médicis 2010, on notera pour soi-même qu’il ne faut jamais rien attendre d’un livre en se fiant à son expérience (comme de toute chose) au risque d’être déçu. On prend d’un livre ce qu’il a donné, bien content quand l’intrigue tient le niveau de l’ambiance. Impurs, concourt-il dans cette catégorie ?

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides

Ecrit par Alexandre Muller , le Mercredi, 24 Avril 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, L'Olivier (Seuil), Roman, USA

Le roman du mariage, traduction (USA) Olivier Deparis, Janvier 2013, 552 pages, 24 € . Ecrivain(s): Jeffrey Eugenides Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Extrait des deux premières phrases :

 

« Voyons d’abord les livres. Il y avait là ses romans d’Edith Wharton (…), là les œuvres d’Henry James (…), beaucoup de Dickens, un soupçon de Trollope, de copieuses portions d’Austen, de George Eliot et des redoutables sœurs Brontë ».

 

Le roman du mariage est un livre sur le mariage, sur les livres, et particulièrement sur les livres qui parlent du mariage. Autant le dire tout de suite, Jeffrey Eugenides n’a pas l’intention de plonger ses personnages dans une enquête fumeuse au cœur d’une œuvre à la Jasper Fforde, d’imaginer une aventure autour d’une bibliothèque de livres oubliés à la Zafon ou de bâtir un thriller pharaonique en relation avec un livre interdit à la Eco. Son intention est de rendre hommage à une certaine littérature victorienne en se payant le luxe d’écrire le livre qui ne se termine pas comme les autres et en déplaçant son objectif temporel.

Travaux forcés, Mark Safranko

Ecrit par Alexandre Muller , le Vendredi, 19 Avril 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, USA, 13ème note éditions

Travaux forcés, 13ème note éditions, traduction (USA) Karine Lalechère, janvier 2013, 316 p. 20 € . Ecrivain(s): Mark Safranko Edition: 13ème note éditions

 

Mark Safranko est de retour ! Après trois opus édités par 13ème note, l’éditeur nous invite à lire un nouvel épisode situé chronologiquement entre Dieu bénisse l’Amérique et Putain d’Olivia. Qu’importe l’ordre ou le désordre, la saga de Max Zajack se lit dans l’un ou l’autre sens.

Un article est déjà paru sur la cause littéraire intitulé What’s the spirit of Safranko. Son rédacteur a essayé autant faire que se peut de vous initier. Si vous êtes curieux, ou pas, sachez que pour l’heure, Max Zajack ne vit momentanément plus à Trenchton (New Jersey) avec ses parents tyranniques, et n’a pas encore rencontré la sulfureuse Olivia. Il bosse à la chaîne dans une brasserie pour éviter le Vietnam et tue le temps à penser aux bouquins, à la musique et à toutes les nanas qu’il va se taper. C’est-à-dire que Max sort à peine d’une relation avec Sheila, une championne de la fellation qui lui a fait presque croire à la possibilité du mariage. Une dispute avec un collègue, et Max gonfle le chiffre du chômage. Il n’a pas de temps à perdre, son numéro d’incorporation militaire le presse. Max se voit contraint et forcé de suivre ce conseil :

Wilderness, Lance Weller (2ème recension)

Ecrit par Alexandre Muller , le Samedi, 13 Avril 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, USA, Gallmeister

Wilderness, novembre 2012, 335 pages, 23,60 € . Ecrivain(s): Lance Weller Edition: Gallmeister

 

Prologue

1965

Une femme, désormais âgée, se lève. C’est le hurlement d’un loup dans les forêts, tout là-haut, au-dessus de sa maison de retraite, qui l’a tirée de son sommeil. Peut être y est-il encore, à moins qu’il n’y ait jamais été.

Dao-ming est veuve. Son mari, disparu en mer cinquante ans auparavant, disparaît lentement de ses rêves. Des enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants, elle ne reçoit que des cartes et des visites rapides une à deux fois par an. Alors, faute de famille ou d’amis, Dao-Ming ouvre parfois la bouche pour parler de choses impatientes au vide ou à l’infirmier qui vient tapoter à la porte de sa chambre tous les matins à 7 heures. Lorsque Michael la trouve attablée devant sa tasse de café, il la gronde gentiment.

La première et la dernière liberté, Krishnamurti

Ecrit par Alexandre Muller , le Mardi, 02 Avril 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Asie, Essais, Le Livre de Poche

La première et dernière liberté, trad. Carlos Suares, préface d’Aldous Huxley, 317 p. 6,10 € . Ecrivain(s): Krishnamurti Edition: Le Livre de Poche

Né en Inde, Krishnamurti passa une partie de son adolescence en étude dans une société théosophique. Repéré par l’un de ses membres, Charles Webster Leadbeater, et adopté par une autre, Annie Besant, la destinée de Krishnamurti était d’être sur terre le « Lord Maitreya » que les théosophes attendaient.

À l’été 1922, il semble que Krishnamurti vécut une expérience « transformatrice » qualifiée par lui-même d’éveil spirituel.

En août 1929, Krishnamurti décida de dissoudre l’organisation mondiale, établie pour le soutenir et qui avait été appelée « l’Ordre de l’Étoile du Matin », déclarant à cette occasion : « La Vérité est un pays sans chemins, que l’on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu’elle soit : aucune religion, aucune secte ».

Ayant rompu avec sa destinée, Krishnamurti se consacra alors à voyager à travers le monde pour exposer ses idées. De conférences en conférences, il passionna par sa pensée les foules d’auditeurs. Bien qu’il ne se considérait ni comme un philosophe, ni comme un guide, sa parole était vénérée et rarement contestée. Une contradiction pour celui qui s’opposait virulemment contre les sectes et les religions. Celui qui se moque des penseurs et de ceux qui les écoutent.