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Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

Tom Gates, c'est moi !, Liz Pichon

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 28 Mai 2012. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Jeunesse

Tom Gates, c’est moi ! 2012, trad. anglais par Natalie Zimmermann, mise en page par Anne-Cécile Ferron, 257 p. 11 € . Ecrivain(s): Liz Pichon Edition: Seuil

 

Entre BD et journal intime, ce « roman animé » a reçu le très mérité Roald Dahl Funny Prize 2011 du meilleur roman humoristique pour la jeunesse.

Tom Gates, doit avoir 11 ou 12 ans et comme tout enfant sensé de son âge, il n’aime pas trop l’école mais il adore les gaufrettes au caramel, lire des bandes-dessinées, faire enrager sa sœur Délia, gribouiller dans ses cahiers et surtout il a des projets : monter un groupe de pop-rock comme les Rodéo 3, son groupe préféré, avec son copain et complice Derek. Le groupe s’appellera Les Clebszombies. Ça en jette, non ? Tom Gates a toujours de bonnes et moins bonnes, voire très, très moins bonnes excuses, pour ne pas faire ses devoirs, mais il tient un journal farci de dessins très, voire très, très réussis, dans lequel il raconte sa vie fort mouvementée. Faut dire qu’il a de la matière, entre des parents sympas mais qui mettent la honte, comme tous les parents, surtout papa qui porte des fringues plus ridicules les unes que les autres et une sœur adolescente qui lui voue une haine passionnée qu’il lui rend bien, « ça m’a fait tellement plaisir que Délia se fasse gronder et priver de sorties que j’en ai oublié mon mal au bras. En fait, ça a sûrement été le MEILLEUR MOMENT de toutes mes vacances ».

Le Condottiere, Georges Perec

Ecrit par Martine L. Petauton , le Dimanche, 01 Avril 2012. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le Condottiere, Georges Perec, roman posthume (1960), Seuil (La librairie du XXIème siècle), Mars 2012, 202 p. 17 € . Ecrivain(s): Georges Perec Edition: Seuil

Une histoire simple que ce vieux Perec, jeune et fougueux comme la grande littérature.

Un Gaspard, particulièrement doué, vit comme un Janus : une face claire, officielle où il restaure les tableaux d’un grand musée ; la face à l’ombre, lucrative, aventureuse, d’un faussaire de haut vol. « Cent vingt, cent trente faux… oui, ça m’a toujours amusé… ». Arrive le moment où échouer sur un tableau ; ce « Condottiere d’Antonello de Messine » du Quattrocento, le conduit au meurtre – bien sanglant – du commanditaire, afin d’en finir avec cette part insupportable de lui-même : « Madera… il était vivant. Il allait être mort. J’étais mort, j’allais être vivant ».

On a beaucoup écrit sur ce roman qui passionne ; pensez ! Un Perec, sorti d’une vieille malle ! Refusé par le gratin de l’édition de l’époque (1960) « quant au Condottiere, merde pour celui qui le lira ! » s’énerva le grand Georges, au seuil de son immense talent.

Mais, c’est une sacrée chance que ce livre ne nous arrive que maintenant ; il va avec cette librairie du XXIème siècle, où, finement, l’a classé Le Seuil. C’est un livre qui ne peut que nous plaire : à la fois, sobre et dense, mélangeant genres et sonorités ; il est, au bout, à l’image de sa couverture : visage formidablement présent du chef de guerre, sur ce fond noir-abîme d’une modernité sans pareille.

L'enfant, le renne et le loup, Sabine du Faÿ et Nicolas Duffaut

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 20 Décembre 2011. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

L’enfant, le renne et le loup ; Seuil jeunesse ; 32 p. 13.50€ . Ecrivain(s): Sabine du Faÿ, Nicolas Duffaut Edition: Seuil Jeunesse

Clair de Lune, un petit garçon Tsaatane, vit dans son tipi au nord de la Mongolie, entouré de son père, de sa mère enceinte et de leur troupeau de rennes. Un jour, comme le veut la tradition de ce peuple, Clair de Lune est suffisamment grand pour élire un jeune compagnon au sein de la harde. Un faon blanc s’approche, ils se frottent le nez, ils se choisissent. Ce sera sa monture, son ami, son auxiliaire, au cœur de ce récit initiatique.

Une nuit, un loup s’approche. Le père «se lève d’un bond, enfile son lourd manteau de fourrure,  prend son fusil et sort dans la nuit noire. » Pour ne plus rentrer.

Petit chaperon rouge au milieu des bois de la taïga et du blizzard acéré du nord, Clair de Lune et son renne partent à la recherche du père. Si l’écriture de Sabine du Faÿ reste dans une veine très sobre et se cantonne à la réécriture plutôt classique du motif de l’enfant qui par ses qualités morales sauve un membre un membre adulte de la communauté, on appréciera les illustrations de Nicolas Duffaut. Ses acryliques rendent admirablement la démesure et l’hostilité glacée de ces paysages quasi sibériens. D’immenses conifères gris ployant sous le vent et la neige, le ciel uniformément vide et blanc, et, petite silhouette fragile juchée sur son renne, Clair de Lune qui s’avance bravement en quête de son père.

Hymne, Lydie Salvayre

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 18 Octobre 2011. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, La rentrée littéraire

Hymne, aout 2011, 240 pages, 18 euros . Ecrivain(s): Lydie Salvayre Edition: Seuil


Woodstock, 18 aout 1969, 9 heures du matin. Ils sont vingt mille, fatigués, endormis, là depuis trois jours, trois jours de fête, de musique. Ils sont vingt mille, sur les quatre cent cinquante mille, qui auront attendu. C’est la presque fin du festival, le premier du genre, trois jours dans la boue, les images qui existent l’attestent, trois jours  de  musique, Bob Dylan, Carlos Santana, les Who, bien d’autres encore. Jimi Hendrix entame, ce matin, ce qui restera un cri d’amour et de désespoir, The Star Spangled Banner, l’hymne national américain, et vingt mille personnes seront abasourdies par la puissance du cri, l’énormité du son, et la solitude du musicien.

C’est là l’origine du beau texte de Lydie Salvayre, ce matin duquel personne ne sera sorti indemne, texte écrit comme la musique de Hendrix, une respiration haletante, aux syncopes magistrales, aux harmonies rugueuses. Lydie Salvayre écrit sous la dictée de cette musique dont elle dit qu’elle fut « un cri insoutenable, insoutenablement beau, et paradoxalement libérateur ». Pour elle, ces trois minutes et quelque quarante secondes concentrent les blessures du musicien et « tous les refus d’une jeunesse que l’avidité, la brutalité et le prosaïsme de la société d’alors révulsaient jusqu’à la nausée ».

Vice caché, Thomas Pynchon

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 12 Août 2011. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, USA, Roman

Vice caché. Traduction de l'anglais (USA) Nicolas Richard. Septembre 2010. 350 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Thomas Pynchon Edition: Seuil


Combien de critiques de livres de Thomas Pynchon parlent de la même chose ? Où il est question d’un auteur qui refuse de se montrer aux médias. Un homme dont on ne connaît de lui qu’une photo, à vingt ans. Pourquoi ce passage obligé ? D’ailleurs, qu’est-ce que ça peut faire ce que fait l’écrivain fait de sa vie ? Quel est l’intérêt ? Ce qui importe, c’est ce qu’il écrit. Est-ce que c’est bon ? Est-ce qu’on aime ? Est-ce que ça peut changer notre vie ?

C’est sans doute qu’il est beaucoup plus facile de gloser sur le personnage que sur une œuvre qui exige une concentration extrême à chaque page. Les personnages abondent, l’intrigue se démultiplie en sous-intrigues, en digressions, et fourmille de détails d’une érudition à faire pâlir un encyclopédiste. Souvent, on se perd. Parfois, c’est amusant, d’autres fois exaspérant et on a l’impression que Pynchon est beaucoup trop intelligent pour nous.

Son dernier opus est sans doute le livre idéal pour aborder son univers. Vice caché, c’est un peu Thomas Pynchon pour les nuls. On n’ira pas jusqu’à dire qu’il est idéal pour la plage, mais il est beaucoup plus linéaire que ses précédents ouvrages.