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Rivages/Thriller

Swan Peak, James Lee Burke

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 21 Mars 2012. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Swan Peak (Swan Peak, 2008). Trad. de l’anglais (américain) par Christophe Mercier. 448 p. 22€. Mars 2012. . Ecrivain(s): James Lee Burke Edition: Rivages/Thriller

 

James Lee Burke continue donc sa série consacrée à Dave Robicheaux dans un dix-septième volet qui expédie son héros cajun dans le Montana, près de vingt ans après Black Sherry Blues.


L’ouragan Katrina était au centre du roman précédent de Burke, La nuit la plus longue. La catastrophe elle-même mais aussi sa gestion par les autorités ont marqué Robicheaux et son acolyte Clete Purcel autant qu’ils ont marqué l’auteur. Un auteur qui partage depuis longtemps son existence entre la Louisiane et le Montana et semble même, depuis Katrina, préférer le Big Sky Country au bayou.

C’est donc là que Dave Robicheaux, sa femme Molly et Clete Purcel ont temporairement trouvé refuge pour évacuer le traumatisme de Katrina. Mais oublier est une chose difficile. Non seulement la catastrophe continue de hanter Clete, follement attaché à une Nouvelle-Orléans qui n’existe plus, mais d’autres souvenirs, liés eux au dernier passage dans le Montana de Clete et Dave, refont surface.

Evasion du couloir de la mort, Edward Bunker

Ecrit par Yan Lespoux , le Dimanche, 19 Février 2012. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Nouvelles

Évasion du couloir de la mort (Death Row Breakout and other stories, 2010), trad. de l’anglais (américain) par Freddy Michalski, Février 2012. 235 p., 20€ . Ecrivain(s): Edward Bunker Edition: Rivages/Thriller

 

Après Stark, roman de jeunesse publié il y a quatre ans, Rivages continue l’édition de textes inédits d’Edward Bunker (mort en 2005). En l’occurrence, Évasion du couloir de la mort est un recueil de six nouvelles – dont celle qui donne son titre au livre – auxquelles s’ajoute en introduction une lettre de Bunker à son éditeur à propos de ces textes qui constitue elle aussi, à sa manière, une nouvelle à part entière. À la différence près que celle-ci est clairement autobiographique.

On retrouvera dans ce recueil les thématiques habituellement abordées par Edward Bunker dans ses romans. Ancien détenu (il a passé pas moins de 18 ans en prison après être passé par différents centres de redressement pour mineurs), Bunker a bien entendu des comptes à régler avec la prison qui est le point central de son œuvre, et ce recueil ne fait pas exception à la règle.

Mémoire morte, Donald Westlake

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 02 Février 2012. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Mémoire morte (Memory, 2010), trad. de l’américain par Gérard de Chergé, 384 p. Janvier 2012, 22 € . Ecrivain(s): Donald Westlake Edition: Rivages/Thriller

« Rivages » exhume un nouvel inédit de Donald Westlake. Un manuscrit étonnamment demeuré au fond d’un tiroir depuis 1963. Étonnamment, parce que Mémoire morte s’avère être, disons-le tout de go, un excellent roman.

Commençons par l’histoire. Paul Edwin Cole se réveille un beau jour dans un hôpital. Séduisant acteur new-yorkais en tournée dans le Midwest, il a été surpris en mauvaise posture par un mari jaloux qui lui a flanqué une belle raclée. Le problème, c’est que Paul en a perdu la mémoire. Non seulement son passé lui apparaît extrêmement flou mais, en plus, il tend aussi à oublier ce qui lui arrive dorénavant d’une semaine à l’autre, d’un jour à l’autre, voire d’un instant à l’autre. Sans famille, perdu à 1500 kilomètres de New-York et sans un sou, Paul va devoir trouver un moyen de rejoindre sa ville pour essayer de retrouver son ancienne vie dont il sait de moins en moins en quoi elle a pu consister.

Le thème de l’amnésie est un classique de la littérature comme du cinéma. Le mystère des mécanismes de la mémoire, de l’absence de souvenirs à leur trop plein, a hanté l’imaginaire des auteurs, de Cervantès à Philip K. Dick en passant, pour le roman noir, par George Chesbro, Sébastien Japrisot ou William G. Tapply. Westlake n’y a donc pas échappé non plus.

Les Fantômes de Belfast, Stuart Neville

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 02 Octobre 2011. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, La rentrée littéraire

Les fantômes de Belfast, (The ghosts of Belfast). Trad. De l’anglais (Irlande) par Fabienne Duvigneau. 410 p. 22€. Août 2011 . Ecrivain(s): Stuart Neville Edition: Rivages/Thriller

 

Il est difficile de composer univers et roman plus noirs que ce livre. La mort, les morts en sont les figures dominantes et ordonnent (au sens littéral du terme, donnent ordre) l’existence et l’action du héros, dans un Belfast « en paix », sauf dans la tête dévastée de l’un de ses tristes anciens héros.

Gerry Fegan fut un tueur de l’IRA dans les années terribles qui ensanglantèrent l’Irlande du Nord et y installèrent une terreur meurtrière pendant des décennies. Pas n’importe quel tueur : une des plus efficaces machines à exécuter les « contrats » de l’organisation. Sang-froid, précision, absence absolue d’états d’âme, une pépite létale pour les chefs de l’IRA.

Aujourd’hui, après les années de prison qui ont suivi la paix de 1998, Gerry est dépressif, ivrogne et surtout hanté par le passé. Ici encore hanté doit être pris au sens le plus fort : il vit entouré, suivi, en permanence par les fantômes de ses victimes de naguère. Policiers, membres de l’UFF (unionistes anti-catholiques), mais aussi victimes par hasard, fauchées par des bombes aveugles ou des contrats bidons. Hanté par cette mère et son bébé déchiquetés par la bombe posée dans une boucherie (effroyable ironie).

Monstre sacré, Donald Westlake

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 16 Septembre 2011. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA

Monstre sacré, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Bondil, Rivages/Thriller, 2011, 271 p. 18,50 €. . Ecrivain(s): Donald Westlake Edition: Rivages/Thriller

Délaissant momentanément Dortmunder et sa clique de sympathiques cambrioleurs, Donald Westlake nous entraîne dans une plongée en eaux troubles, dans un roman des plus noirs au sein du monde du spectacle, roman publié en 1989 aux Etats-Unis et resté inédit en français. C’est au cœur de la mémoire de Jack Pine qu’accède le lecteur. Pine est un acteur déchu, une star adulée, riche et droguée. Entre deux évanouissements, une crise de panique et grâce à de multiples remontants offerts par le diligent majordome Hoskins, il donne, par intermittences, au bord de sa piscine, une interview à Michael O’Connor, reporter au magazine People.

« Il y a des choses que je n’avouerai jamais à cet interviewer. Des brutes épaisses ne pourraient me les arracher, ils peuvent toujours essayer si ça les amuse.

En même temps… mais est-ce le même temps ou un autre moment ? Un autre lieu ? D’un autre côté, alors, il y a des choses que je ne m’avouerais même pas à moi-même. En fait, je suis tellement malin, tout là-haut sur cet autre côté, que je ne vais même pas m’avouer quelles sont ces choses que je ne m’avouerai pas. Et dire qu’il y a en a pour prétendre que la drogue affecte le cerveau ; pas le mien, mec ! »